{"id":314,"date":"2018-05-07T09:59:05","date_gmt":"2018-05-07T07:59:05","guid":{"rendered":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/?p=314"},"modified":"2025-02-14T09:44:18","modified_gmt":"2025-02-14T08:44:18","slug":"vrbs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amboilati.org\/dehors\/vrbs\/","title":{"rendered":"Vrbs"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D\u2019abord la ville.<\/p>\n<p>D\u2019abord la ville \u00e9chappe.<br \/>\nD\u2019abord la ville d\u00e9borde.<br \/>\nD\u00e9borde la ville,<br \/>\nD\u00e9borde la ville au bord du monde.<\/p>\n<p>D\u2019abord la ville au bord de l\u2019eau<br \/>\nD\u2019abord la ville au bord du mont.<br \/>\nD\u00e9borde la ville,<br \/>\nD\u00e9borde la ville au bord du monde.<\/p>\n<p><center>\u2022<\/center><\/p>\n<p>Pour se rendre \u00e0 la Confluence, le voyageur a deux acc\u00e8s possibles : par l\u2019eau ou par la terre. Par l\u2019eau c\u2019est-\u00e0-dire la rivi\u00e8re ; la terre, c\u2019est-\u00e0-dire la montagne. L\u2019une et l\u2019autre possibilit\u00e9 offrent un visage singulier et \u00e9galement surprenant.<\/p>\n<p>Pour se rendre \u00e0 la Confluence, le voyageur peut \u00e9galement choisir l\u2019une ou l\u2019autre des deux rivi\u00e8res (la Bienne, le Tacon).<\/p>\n<p>Pour se rendre \u00e0 la Confluence, le voyageur peut \u00e9galement choisir l\u2019une ou l\u2019autre des deux montagnes (le Chabot, le Bayard).<\/p>\n<p>La ville en somme n\u2019est pas double comme le serait le couple original\/copie ou r\u00e9el\/reflet, la ville n\u2019est pas double, elle est \u201carticul\u00e9e\u201d. Il y a la ville et la ville, une ville d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et la m\u00eame ville d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9. L\u2019avers et le revers.<\/p>\n<p>Entre-deux monts, entre-deux eaux, la ville est double de cette mani\u00e8re : comme les deux faces d\u2019une m\u00eame pi\u00e8ce de monnaie, d\u2019une m\u00eame feuille d\u2019arbre. Comme s\u00e9parer les deux faces d\u2019une m\u00eame feuille ?<\/p>\n<p><center>\u2022<\/center><\/p>\n<p>J\u2019en ai connu des villes !<\/p>\n<p>Des villes de toutes sortes, de toutes formes et tailles, des villes belles et mortes, des villes alanguies, des villes vulgaires et attachantes, des villes accoutum\u00e9es, des villes violettes, des villes vertes, des villes \u00e9maci\u00e9es, des villes violent\u00e9es, des villes trahies, des villes rageuses, des villes honteuses, des villes sans relief, sans couleur et sans forme, des villes viol\u00e9es, des villes \u00e9tiol\u00e9es, des villes essouffl\u00e9es, des viles g\u00e9n\u00e9reuses, des villes heureuses&#8230;<\/p>\n<p>Je n&rsquo;en ai pas vu beaucoup des villes, aussi. J&rsquo;ai vu Rome et Londres, deux empires, et Moscou et New York City. Et des chefs-d&rsquo;\u0153uvre aussi, comme Catane ou Marseille. Et puis il y a G\u00eanes&#8230;<\/p>\n<p>Et puis j&rsquo;ai vu les plus belles villes de notre pays : Troyes, Dinan, S\u00e8te, Lille, Strasbourg, par exemple. (Et de magnifiques villages aussi, mais plus se r\u00e9duit la ville en village puis en hameau, plus il est difficile de n&rsquo;en pas saisir l&rsquo;\u00e9l\u00e9mentaire architecture, comme qui dirait, j&rsquo;ai vu une long\u00e8re, ou un mazet, ou un terril, ou une borie&#8230; Mais tout de m\u00eame, Entrevaux, Auberive, Taulignan, Cassel, Lods, Eus, Lastours&#8230;) Et que fait-on des villes modestes (Cahors, Arbois, Sisteron&#8230;) ?<\/p>\n<p>Dans le catalogue des formes de villes, et ce catalogue est infini, comprend des milliers de pages pour chaque d\u00e9sir de ville, chaque souvenir de ville, chaque projet de ville, celle-ci partage la montagne et la rivi\u00e8re, donc l\u2019usine (force de l\u2019eau d\u00e9valant la pente) et donc le jour gris de notre \u00e2ge contemporain (l\u2019usine a ferm\u00e9, ou est en passe de l\u2019\u00eatre).<\/p>\n<p>Pieu \u00e9loign\u00e9 pourtant loin des rivages, elle est aussi l\u2019attache de mille destins, r\u00e9habilit\u00e9s pour le coup, dans le sillon d\u2019une m\u00e9moire ouvri\u00e8re fantasm\u00e9e, nourrie, promulgu\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est un port de montagne, cette ville. Si fou que cela paraisse. Avantage suppos\u00e9 \u00e0 surseoir au bord du monde.<\/p>\n<p><center>\u2022<\/center><\/p>\n<p>Comment ont-ils fait, toutes et tous, je pense d\u2019abord aux M\u00e9diterran\u00e9ens, les immigr\u00e9s suisses ont, a priori, moins de difficult\u00e9, sinon m\u00eame pas l\u2019imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 de quitter son pays, comment ont-ils fait pour retrouver le clair-obscur des int\u00e9rieurs ouverts, la douceur des fruits et des l\u00e9gumes fra\u00eechement cueillis, les \u00e9pices, les embruns jamais loin de la mer, les mod\u00e9r\u00e9s al\u00e9as de temp\u00e9rature, les chants et les po\u00e8mes pieux et archa\u00efques, le monde sec des cannes s\u00e8ches, le monde caprin, le monde ovin, les pluies maigres et les torrents d\u2019\u00e9tiage, comment ont-il bien pu faire pour conna\u00eetre, venir, s\u2019\u00e9tablir dans la ville-port de montagne ?<\/p>\n<p>Quelle a \u00e9t\u00e9, dans leur geste, la part de fantasme, la part de violence symbolique, la part de renoncement ou de simple joie fondatrice ?<br \/>\nQuel sera le succ\u00e8s de cette installation sur le long terme. Comme sa population g\u00e9n\u00e9rale, le population venue d\u2019ailleurs baisse, et si sa part demeure \u00e9lev\u00e9e pour les moyennes r\u00e9gionales, la perp\u00e9tuelle destruction des industries s\u2019accompagne d\u2019une d\u00e9gradation du tissu populaire.<\/p>\n<p>O\u00f9 vont-ils alors ? Rentrent-ils aux pays ? D\u00e9m\u00e9nagent-ils pour des bourgs moins affect\u00e9s, moins encaiss\u00e9s ? Moins sinistr\u00e9s ? Ou bien s\u2019enfuient-ils dans les montagnes, s\u2019associer aux loups, aux chiens errants, pour fonder de nouvelles cit\u00e9s sylvatiques, tracer du pied les fronti\u00e8res de nouveaux territoires ?<\/p>\n<p>Non. Plus prosa\u00efquement, en moyenne, ils vieillissent. Puis ils meurent.<\/p>\n<p><center>\u2022<\/center><\/p>\n<p>Tu poses le pied sur le sol de la ville. Gare de Saint-Claude, ex Saint-Oyend-de-Joux, ex Condat, la Confluence.<\/p>\n<p>Tu y es venu en bus, en \u201cTER\u201d, depuis l\u2019Ain et Oyonnax et Bourg-en-Bresse.<\/p>\n<p>On se demande s\u2019il peut y avoir un pays plus loin encore, dans l\u2019espace-temps, que l\u2019Ain. Oui, il y a un pays plus loin encore : c\u2019est le Jura. En particulier la r\u00e9gion naturelle (le terroir) d\u00e9nomm\u00e9 Haut-Jura.<\/p>\n<p>Certes, la r\u00e9gion n\u2019a rien \u00e0 envier, de ce point de vue-l\u00e0, \u00e0 la Corr\u00e8ze, par exemple, traditionnellement d\u00e9sign\u00e9e comme l\u2019une des r\u00e9gions les plus \u00e9loign\u00e9es des pr\u00e9occupations contemporaines, mais il faut se souvenir que celle-ci se trouvent en plein centre de la France, dans des r\u00e9gions les plus centrip\u00e8tes, au c\u0153ur de la diagonale du vide, et que ceci, peut-\u00eatre, explique cela (explique aussi pourquoi quatre \u00e0 cinq pr\u00e9sidents de la Ve r\u00e9publique sont originaires ou on fait leur carri\u00e8re politique dans le centre \u2014 les deux managers restants \u00e9tant bien s\u00fbr d\u2019ancrage parisien).<\/p>\n<p>Lorsque tu posas le pied sur le sol de la confluence, apr\u00e8s avoir longtemps long\u00e9 la Bienne par le sud depuis l\u2019Ain, \u00e0 l\u2019h\u00f4te qui \u00e9tait venue te chercher, puis lorsque depuis la gare, vous grav\u00eetes les lacets menant au quartier de Cinqu\u00e9tral, l\u00e0 encore perch\u00e9 sur un rebord du monde, tu t\u2019\u00e9crias, tu confias, tu pensas : ces barres rocheuses, ce sont les m\u00eames que les miennes dans la Dr\u00f4me, et ajoutas : comme cela ressemble \u00e0 la Dr\u00f4me !<\/p>\n<p>L\u2019h\u00f4te rit, rit de la surprise. Bien s\u00fbr la Dr\u00f4me du sud est avare de m\u00e9l\u00e9zins et de pessi\u00e8res, et puis la neige y est rare. Mais ces escarres rocheux, les escarpements, la couleur de la roche, la roche m\u00eame, la nature m\u00eame de cette couleur de carbonate de calcium, c\u2019\u00e9taient les tiens.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 peut-\u00eatre comment on arrive pour habiter : on va d\u2019abord vers ce qu\u2019on conna\u00eet : on se rassure \u00e0 ce qui nous est familier ; on verra l\u2019\u00e9tranger plus tard. Quand, \u00e9tranger, on d\u00e9barque dans un lieu inconnu, on commence par tisser les liens \u2014 ou plut\u00f4t on se r\u00e9serve des appuis, \u00e0 partir desquels on pourra n\u00e9gocier vers l\u2019autre langue.<\/p>\n<p>Tu t\u2019appropriais donc les roches, soit ; mais il n\u2019y a pas de hasard : ces m\u00eames roches, en situation bien expos\u00e9e, au sud, abritait les m\u00eames v\u00e9g\u00e9tations que chez toi : le buis dominait, et dessus, on trouvait le m\u00eame ch\u00eane blanc ou le m\u00eame pin sylvestre ; il n\u2019y avait pas de myst\u00e8re, il n\u2019y avait pas de surprise.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs le risque d\u2019aller vers le connu : l\u2019ennui ; peut-\u00eatre c\u2019est pour cela qu\u2019on travaille, peut-\u00eatre est-ce pour cela qu\u2019on voyage : transformer l\u2019ennui en habitude, et que cette habitude devienne suffisamment confiante (qu\u2019on la domestique assez) pour autoriser les \u00e9carts et les mouvements de la balle du jokari, qui ne sont jamais que les m\u00eames mouvements que ceux des plan\u00e8tes ou des mol\u00e9cules : il y a de la gravit\u00e9 partout.<\/p>\n<p>Car venons-nous seulement de quelque part ?<\/p>\n<p>Comme le sous-entend Vittorini, peut-\u00eatre voyager c\u2019est devenir adulte (tout le contraire du tourisme).<\/p>\n<p><center>\u2022<\/center><\/p>\n<p>Un port de montagne : dr\u00f4le d\u2019image ; on s\u2019attend \u00e0 voir surgir des cargos, des ferries, dans les combes sans eau, mouiller gentiment dans les recul\u00e9es ass\u00e9ch\u00e9es. Cela n\u2019arrive pas : comme on le dit de la roche jurassique [voir le texte <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terra\/\">Terra<\/a>], le pays est saurien : un vestige, une m\u00e9moire, une empreinte.<\/p>\n<p>Empreinte aussi les vastes entrep\u00f4ts, les carcasses des fabriques, des usines, les moulins et leurs canaux (les arrivoirs), le passif industriel aujourd\u2019hui cotonneux et joliment d\u00e9cadents.<\/p>\n<p>Empreintes, plut\u00f4t que blessures, car on ne voit pas en quoi un monde priv\u00e9 d\u2019usines serait souhaitable sinon que toute la classe ouvri\u00e8re \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire la majeure partie de notre pays \u2014 disparaisse avec elles.<\/p>\n<p><center>\u2022<\/center><\/p>\n<p>Du port de montagne, la ville tient ses paysages et perspectives : surplombs vertigineux et points de vue sans cesse renouvel\u00e9s, ville o\u00f9 on est sans cesse d\u00e9sorient\u00e9.<\/p>\n<p>Villes des ponts, dont on confond les piles, les arcs et les tabliers, les ponts se m\u00e9langent, et avec les ponts les rivi\u00e8res, comment peut-on \u00e9viter de se perdre ici ?<\/p>\n<p>Les ponts : veillons un instant sur eux. Ils sont donc nombreux pour une si petite ville, j\u2019en compte plus de douze sur la commune (passerelles comprises) et pr\u00e8s de dix sur le seul centre historique !<\/p>\n<p>\u00c0 pied, \u00e0 cheval ou en voiture, combien de fois me suis-je cru sur un pont quand j\u2019\u00e9tais sur un autre ? Un moment d\u2019\u00e9garement de distraction et tout le quartier change ! J\u2019ai par exemple souvent confondu le Pont de Pierre et le Pont du Gai Rivage, je sais qu\u2019il n\u2019y a pas de raison valable, mais quelle surprise en pensant d\u00e9couvrir la place Voltaire d\u2019arriver au Faubourg !<\/p>\n<p>Et puis il y a le Pont Central (ou Pont Payant, car construit puis g\u00e9r\u00e9 par une soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, et donc \u00e0 p\u00e9age jusqu\u2019en 1961), d\u2019une hauteur de 35 m\u00e8tres et d\u2019une longueur de 90.<\/p>\n<p>Et puis il y la Grand Pont, fleuron architectural remontant \u00e0 1939, rempla\u00e7ant le Pont suspendu du XIXe si\u00e8cle, d\u2019une hauteur de 50 m\u00e8tres et d\u2019une longueur de 150.<\/p>\n<p>Ces tailles vertigineuses sont \u00e0 la mesure des d\u00e9crochements propres \u00e0 la ville. Les vall\u00e9es o\u00f9 se construit Saint-Claude sont en effet profondes de 400 m\u00e8tres.<\/p>\n<p>Et c\u2019est l\u00e0 un autre sentiment d\u2019appartenance, une autre habitude \u00e0 domestiquer : ce \u201cdislivello\u201d, ou rupture de pente, qui am\u00e8ne, comme dans la ville dont j\u2019ai propos\u00e9 une carte sensible, G\u00eanes en Italie, des prouesses d\u2019architectes.<\/p>\n<p>Aussi parfois, dans le petit soleil du printemps, sous les barres rocheuses de la Dr\u00f4me, je me promenais dans les vall\u00e9es des quartiers recul\u00e9s de G\u00eanes. J\u2019\u00e9tais donc chez moi. La nature [cf. le texte <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/silva\/\">Silva<\/a>] s\u2019associait \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 [cf. texte Polis], formant un&#8230; pont, entre mon lieu de naissance et mon lieu d\u2019habitat, le Jura et Condat, confluence \u00e0 \u00e9gale distance entre Dieulefit et Genova ? Presque.<\/p>\n<p>Ou mieux : oui. Parce que d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit d\u2019affronter le r\u00e9el, de mani\u00e8re sinc\u00e8rement critique, comme le pr\u00e9tend la litt\u00e9rature, alors la science, la logique, le r\u00e9el, tous c\u00e8dent le pas.<\/p>\n<p>Notre monde passe par nos yeux, notre cerveau et notre corps. Le \u201cr\u00e9el\u201d objectif n\u2019est pas : il est le fruit de la combinaison : 1. de notre m\u00e9moire ; 2. de notre savoir ; 3. de notre d\u00e9sir. Dit autrement, nous avons trois mani\u00e8re d\u2019acc\u00e9der au monde : parce qu\u2019on le sent, parce qu\u2019on l\u2019aime, parce qu\u2019on le d\u00e9crit. Ou : l\u2019exp\u00e9rience (animale) ; la connaissance ; le sentiment. J\u2019ai beau retourner le probl\u00e8me dans tous les sens, je ne vois pas d\u2019autre moyen d\u2019appr\u00e9cier le monde environnant ; alors habiter, ce serait trouver l\u2019\u00e9quilibre juste, sans doute diff\u00e9rent pour chacun, entre les doses de l\u2019un de ces trois gestes.<\/p>\n<p>Et ce serait, habiter, d\u00e9couvrir le monde \u00e0 mesure qu\u2019il appara\u00eet, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e9voluer ; c\u2019est-\u00e0-dire laisser le monde faire son \u0153uvre comme on \u00e9coute une musique improvis\u00e9e. Par exemple, les auditeurs en direct du <em>K\u00f6ln Concert<\/em> de Keith Jarrett : ils font exactement cette exp\u00e9rience bergsonienne.<\/p>\n<p><center>\u2022<\/center><\/p>\n<p>J\u2019arrivais dans le Jura, dans le Haut-Jura dans ces pr\u00e9dispositions. Je me pla\u00e7ais dans l\u2019attitude de qui va au concert, met un disque ou chante une chanson.<\/p>\n<p>En somme je me pla\u00e7ais \u00e0 la confluence : libre de retenir l\u2019eau que je veux \u2014 quoique soumis au flux qu\u2019on ne peut arr\u00eater (le temps&#8230;).<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs j\u2019ai parl\u00e9 de deux rivi\u00e8res, et j\u2019imaginais une forme urbaine particuli\u00e8re, en Y&#8230; en r\u00e9alit\u00e9 je ferais mieux de parler de trois rivi\u00e8res (ou quatre finalement, si on compte deux fois la Bienne, le Y devient un X), puisqu\u2019il ne faut pas oublier l\u2019Ab\u00eeme, un peu en amont du centre, mais qui poss\u00e8de aussi ses ponts et ses secrets.<\/p>\n<p>Voil\u00e0, c\u2019est cela la confluence : se mettre \u00e0 disposition,  \u00e9couter le chant des rivi\u00e8res, l\u00e0 o\u00f9 elles se rencontrent et se m\u00e9langent. Telle est la ville. Tel est l\u2019enregistrement que je cherchais \u00e0 en faire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips10','Synonyme partiel de biochore*, biome*, bio\u00e8ce*, bioc\u00e8ne*, biotope*, grand habitat*, milieu* | Terme vernaculaire qui ne permet pas toujours la pr\u00e9cision, mais qui est extr\u00eamement pratique et parlant : l\\'habitat est le milieu de vie, la portion d\\'espace o\u00f9 se d\u00e9veloppe la vie, sous quelque forme que ce soit. Si l\\'on parle de population*, on pr\u00e9f\u00e8rera le terme de territoire ; si on parle de c\u00e9nose*, celui de biome* ou bio\u00e8ce*.'); <\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; D\u2019abord la ville. D\u2019abord la ville \u00e9chappe. D\u2019abord la ville d\u00e9borde. D\u00e9borde la ville, D\u00e9borde la ville au bord du monde. D\u2019abord la ville au bord de l\u2019eau D\u2019abord la ville au bord du mont. 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