{"id":686,"date":"2020-11-19T12:41:18","date_gmt":"2020-11-19T11:41:18","guid":{"rendered":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/?p=686"},"modified":"2025-02-15T07:39:09","modified_gmt":"2025-02-15T06:39:09","slug":"les-deux-ou-trois-ecologies","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/les-deux-ou-trois-ecologies\/","title":{"rendered":"Les deux (ou trois) \u00e9cologies"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: xx-small;\"><b>[<em>Cap au seuil<\/em>|Sommaire rapide]<\/b> <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/avant-propos\/\">Avant propos<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-1-dans-lespace\/\">espace<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/la-vie\/\">la vie<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">monde<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/les-deux-ou-trois-ecologies\/\">les \u00e9cologies<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/pour-la-cenologie\/\"><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips4'>c\u00e9nologie<\/span><\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/sciences-naturelles-sciences-humaines-avec-emmanuel-catteau\/\">sciences naturelles<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/interlude\">interlude<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">protection de la nature<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/l-arbre-qui-plantait-des-hommes\/\">arbres<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lanthropocene-contre-lhomme-lecocentrisme-contre-la-nature\/\">anthropoc\u00e8ne<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lettre-a-ma-maman-sur-leffondrement\/\">catastrophe<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/mon-herbier-mon-coquillier\/\">herbier\/coquillier<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/ouverture-de-la-choreologie\/\">ouverture : r\u00e9gions naturelles<\/a><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">Terraqu\u00e9 le monde (2)<\/a> &lt; <strong>Les deux (ou trois) \u00e9cologies<\/strong> &gt; <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/pour-la-cenologie\/\">Pour la c\u00e9nologie<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #992699;\">Texte publi\u00e9 le 19 novembre 2020 et mis \u00e0 jour la derni\u00e8re fois le 15 f\u00e9vrier 2025 (30 r\u00e9visions).<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>[J]e pr\u00e9f\u00e8re vous dire qu&rsquo;il est bon de se rendre compte des progr\u00e8s de la science en <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00e9cologie<\/span> des communaut\u00e9s. La notion de phytosociologie appliqu\u00e9e aux plantes, aux faunes ou \u00e0 quelque communaut\u00e9 vivante que ce soit est un cadre conceptuel d\u00e9suet pour la science.<br \/>\nSoyez donc pr\u00e8s \u00e0 entendre cela de la part d&rsquo;un scientifique reconnu si vous souhaitez pr\u00e9parer un doctorat. Un scientifique doit pouvoir s\u2019ouvrir aux progr\u00e8s et ne pas s\u2019accrocher inutilement \u00e0 des concepts sans issus.<br \/>\n<em>Communication personnelle<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>La promesse du pli<\/h2>\n<p>Lorsque j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019\u00e9cologie, j\u2019ai tout de suite adh\u00e9r\u00e9 aux termes techniques, aux sch\u00e9mas simplifi\u00e9s, aux dessins des organismes qui garnissaient les guides : en quelques mots ils proposaient, du grand tout foisonnant du vivant, une vision certes abstraite, mais globale et compr\u00e9hensible, et, en un mot, transportable. Un vade-mecum. La th\u00e9orie, qui s\u2019appuyait \u00e9videmment sur l\u2019exp\u00e9rience du r\u00e9el, \u00e9tait celle des interrelations ; cela me plaisait et, parmi toutes, c\u2019\u00e9tait l\u2019int\u00e9gration qui me plaisait. Pour qui est avide de typologies (<a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/mon-herbier-mon-coquillier\/\">chapitre 12<\/a>), dans un but de clarification, l\u2019int\u00e9gration, la gigogne, produit une esp\u00e8ce de fascination qui est du m\u00eame ordre, je crois, que celle de la porte, du lien internet, du paysage : il y a derri\u00e8re cette surface une autre surface, plus restreinte ou plus \u00e9tendue, et finalement \u00e0 l\u2019infini des mondes s\u2019imbriquent ; je parle de surface car je crois, malgr\u00e9 tout, que c\u2019est le moyen de ne pas trahir un volume. Henri Michaux a de nombreuses pages sur cette conversation surface\/volume et, pour ma part, je la ram\u00e8nerai \u00e0 une exp\u00e9rience du paysage, en tant aussi que mon activit\u00e9 principale se partage entre le dehors (la surface du sol) et le dedans (la surface de la page). Dans les deux cas il s\u2019agit de <i>lire-\u00e9crire<\/i>.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est peut-\u00eatre pas tant un champ d\u2019immanence, comme on dit grossi\u00e8rement, qui importe ici, mais ce qui est en jeu, c\u2019est bien cette dialectique entre dehors et dedans, entre impr\u00e9gnation et <i>expr\u00e9gnation<\/i>, et celle-ci pourrait \u00eatre figur\u00e9e sous la forme du <i>pli<\/i>. Le vivant n\u2019est-il pas pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui abolit l\u2019\u00e9tendu (le dehors), en le transformant, pour faire corps (un dedans), par le pli (\u00ab la vie dans les plis \u00bb) : qu\u2019on songe aux feuilles naissantes, aux embryons animaux, \u00e0 l\u2019invention des organes, aux hernies, aux endoparasites, il est toujours question de feuilletage, de texture, de drapure, d\u2019ourlets\u2026 mais aussi de ganses, de n\u0153uds, de fibres, de connexions, de r\u00e9ticulations\u2026 Je ne vais pas risquer ici une po\u00e9sie m\u00e9diocre, mais on comprendra peut-\u00eatre ce que je veux dire : il y avait une esp\u00e8ce de conformation entre mon esprit et l\u2019\u00e9cologie.<\/p>\n<p>Deleuze (puisque je parlais de plans d\u2019immanence), associe d\u2019ailleurs lui aussi l\u2019infini, le pli, et le baroque (le sujet, la vie) : \u00ab Il y aurait donc une ligne baroque qui passerait exactement selon le pli, et qui pourrait r\u00e9unir architectes, peintres, musiciens, po\u00e8tes, philosophe<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_1');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[1]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_1\" class=\"footnote_tooltip\">Gilles Deleuze, <em>Le pli<\/em>, Minuit, 1988 ; voir Henri Michaux, <i>La vie dans les plis<\/i>, Gallimard, 1949.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> \u00bb. \u00c9cologues donc, pourrait-on ajouter, tel est mon propos. Avec le mod\u00e8le de la gigogne, encore une fois une esp\u00e8ce d\u2019aleph, s\u00e9same ou hyperlien, c\u2019est finalement toute la promesse de l\u2019au-del\u00e0 de l\u2019embrasure qui dort. (On note qu\u2019elle nous engage, cette promesse, elle nous propulse contre toute attente au c\u0153ur m\u00eame du monde, \u00e0 charge d\u2019en nourrir notre propre connaissance, notre exp\u00e9rience, notre m\u00e9moire.)<\/p>\n<p>Comment ne pas avouer, finalement, que l\u2019\u00e9cologie est l\u2019une des derni\u00e8res place-fortes ouvertement syst\u00e9mique, holiste dans son d\u00e9ploiement, proposant, de par la nature m\u00eame de son objet, vivant ou non-vivant, macrocosme et microcosme, \u00e2ges cosmiques et g\u00e9ologiques ou rythmes saisonniers et circadiens, la carte m\u00eame de l\u2019univers ? Comment ne pas \u00eatre subjugu\u00e9, \u00e0 l\u2019heure du relativisme oblig\u00e9, par cette nouvelle cosmologie ?<\/p>\n<p>J&rsquo;ajoute incidemment que la \u00ab\u00a0figure\u00a0\u00bb ou la \u00ab\u00a0forme\u00a0\u00bb du pli est proche (et partie prenante), de la g\u00e9om\u00e9trie fractale, rep\u00e9rable dans le dehors et famili\u00e8re au vivant, et qui op\u00e8re une telle fascination sur nous : les vaisseaux sanguins animaux, la r\u00e9it\u00e9ration des arbres (Hall\u00e9) ou le chou, la constitution des roches, les cours d&rsquo;eau, les nuages, la nature est pleine de formes fractales au moins approximatives. Forme qui se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 n&rsquo;importe quelle \u00e9chelle, elle est \u00e9videmment li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;infini. Le voyage en dimension de Mandelbrot en est un \u00e9tonnant exemple (Wikip\u00e9dia) :<\/p>\n<p><center><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/thumb\/a\/a4\/Mandelbrot_sequence_new.gif\/180px-Mandelbrot_sequence_new.gif\" \/><\/center><\/p>\n<p>Cette ontologie cosmique brouille les limites entre int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur, mais autorise, dans le m\u00eame, toutes choses \u00e9gales par ailleurs, la r\u00e9it\u00e9ration des analyses naturalistes par exemple, et l&rsquo;int\u00e9gration d\u00e9crite <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">dans le chapitre pr\u00e9c\u00e9dent, \u00e0 propos du saut quantique<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9cologie, une science simple<\/h2>\n<p>Pour ces raisons et d\u2019autres, qu\u2019on pourrait r\u00e9sumer en 1. une position m\u00e9diane et 2. une tentation holiste : l\u2019\u00e9cologie, en tant que science, est d\u00e9routante de simplicit\u00e9. Elle repose sur quelques grands concepts ais\u00e9ment compr\u00e9hensibles et manipulables, qui tous ou peu s\u2019en faut ont trait \u00e0 la relation, \u00e0 toute forme de relation, et, selon la d\u00e9finition classique, celle-ci \u00e9veille l\u2019intelligence : la mise en rapport de choses \u00e9parses.<\/p>\n<p>En un sens, alors qu\u2019elle pr\u00e9tend \u00e0 la complexit\u00e9, l\u2019\u00e9cologie simplifie le monde. \u00c0 ce point on est en droit de s\u2019\u00e9tonner, encore aujourd\u2019hui, que l\u2019\u00e9cologie ne soit pas, d\u2019ailleurs, mati\u00e8re en soi au coll\u00e8ge comme au lyc\u00e9e, et qu\u2019il n\u2019y ait pas de cours sur ces notions simples, accessibles sans probl\u00e8me aux enfants.<\/p>\n<p>Comme la g\u00e9ographie, ou l\u2019\u00e9conomie, l\u2019\u00e9cologie est une science qui se situe au carrefour de plusieurs autres sciences, voire entre plusieurs types de sciences, et cet \u00e9tat de fait a probablement pu lui nuire : son caract\u00e8re objectif en serait entach\u00e9 (mais il faudrait encore le v\u00e9rifier : l&rsquo;\u00e9conomie n&rsquo;a pas subi cette ostracisation). Elle a quelque chose \u00e0 voir avec la topologie, donc, en quelque sorte, la physique, et puis elle est \u00e9videmment \u00e9galement parente ou voisine de la biologie ; mais il est \u00e9vident \u00e9galement qu&rsquo;elle touche \u00e0 la descritpion du monde, et donc \u00e0 la relation \u00e9crite, aux mots, et en quelque sorte, \u00e0 la philosophie voire \u00e0 la philologie. Durant son d\u00e9veloppement, o\u00f9 elle t\u00e2che de trouver sa place, elle s\u2019appuie sur les deux dmensions, scientifique et litt\u00e9raire (pour aller vite, voir <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/sciences-naturelles-sciences-humaines-avec-emmanuel-catteau\/\">le chapitre sur les sciences naturelles<\/a>), en particulier \u00e0 l\u2019\u00e9poque glorieuse de la phytog\u00e9ographie : la r\u00e9partition des \u00eatres vivants sur la plan\u00e8te, \u00e0 commencer par les plantes.<\/p>\n<p>Classiquement, on consid\u00e8re qu\u2019elle est compos\u00e9e de grandes branches :<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019auto\u00e9cologie (et donc compr\u00e9hension du vivant, non seulement en biologie et en \u00e9volution, mais aussi en description et observation, ceci valent d\u2019ailleurs aussi bien pour les esp\u00e8ces que pour les <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'>Habitats<\/span><\/span>) ;<\/li>\n<li>la d\u00e9m\u00e9cologie (groupes biologiques) ;<\/li>\n<li>la <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips4'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips4'>Syn\u00e9cologie<\/span><\/span> (groupes <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00e9cologiques<\/span>) ;<\/li>\n<li>l\u2018\u00e9cologie globale, qui int\u00e8gre \u00e9galement la part de l\u2019homme.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00c0 chacune de ces branches on peut adjoindre une histoire, une philosophie, une \u00e9pist\u00e9mologie et une m\u00e9thode\/technique. Comme on peut le constater, chacune d\u2019elle doit \u00e9galement traiter avec un aspect biologique et un aspect g\u00e9ographique.<\/p>\n<p>Par le pass\u00e9, un vaste d\u00e9bat eut lieu sur les diff\u00e9rentes parties de l\u2019\u00e9cologie, il s\u2019\u00e9tala grosso modo de l\u2019effervescence continentale li\u00e9 \u00e0 la diffusion de la phytosociologie (ou phytoc\u00e9nologie) (par exemple chez Helmut Gams en 1918), avant l\u2019explosion am\u00e9ricaine de l\u2019\u00e9cologie (nous y revenons ci-dessous), et jusqu\u2019aux derniers sursauts de la c\u00e9nologie th\u00e9orique europ\u00e9enne (par exemple le texte th\u00e9orique de Jean-Antoine Rioux en 1958<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_2');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_2');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_2\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[2]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_2\" class=\"footnote_tooltip\">elmut Gams, \u00ab Prinzipienfragen der Vegetationsforschung. Ein Beitrag zur Begriffskl\u00e4rung und Methodik der Biocoenologie \u00bb, in Vierteljahrsschrift der Naturforschenden Gesellschaft, n\u00b063,&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_2');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>).<\/p>\n<p>Rioux oppose tr\u00e8s nettement deux vastes domaines d\u2019\u00e9tude en \u00e9cologie : 1. les \u00e9tudes consacr\u00e9es aux esp\u00e8ces, et \u00e0 leurs relations, qu\u2019il appelle <i>\u00e9thologie<\/i> ; 2. les \u00e9tudes consacr\u00e9es aux facteurs environnementaux, et qu\u2019il appelle <i>m\u00e9sologie<\/i>. Ces termes n\u2019ont pas pris, mais font \u00e9cho \u00e0 (et compl\u00e8tent) ce que Gams avait lui-m\u00eame imagin\u00e9 : une pr\u00e9occupation centr\u00e9e sur les esp\u00e8ces (qu\u2019il nomme <i>idiobiologie<\/i>) et une autre sur les communaut\u00e9s (la <i>bioc\u00e9nologie<\/i>), chacune se divisant \u00e0 son tour en une statique et une dynamique, et se d\u00e9clinant en quatre champs : description (morphologie) ; classification (taxologie) ; r\u00e9partition (chorologie) et histoire (chronologie).<\/p>\n<p>Dans le fameux <i>Guide illustr\u00e9 de l\u2019\u00e9cologie<\/i>, de Bernard Fischesser et Marie-France Dupuis-Tate<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_3');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_3');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_3\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[3]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_3\" class=\"footnote_tooltip\">Bernard Fischesser, Marie-France Dupuis-Tate, <i>Le guide illustr\u00e9 de l\u2019\u00e9cologie<\/i>, Delachaux et Niestl\u00e9, 1996.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, beaucoup plus r\u00e9cent (mais qui est devenu un classique et qui pourrait \u00e0 ce titre servir de manuel, donc de programme, \u00e0 d\u2019indispensables formations ou apprentissages scolaires), les domaines de l\u2019\u00e9cologie sont r\u00e9partis comme suit : Chapitre 1 <i>Une nouvelle science, l\u2019\u00e9cologie<\/i> ; 2 : <i>La biosph\u00e8re<\/i> ; 3 : <i>L\u2019auto\u00e9cologie<\/i> ; 4 ; <i>La dynamique des populations<\/i> ; 5 : <i>La syn\u00e9cologie<\/i> ; 6 : <i>Le g\u00e9nie <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00e9cologique<\/span><\/i>.<\/p>\n<p>Si l\u2019on souhaitait pr\u00e9senter succinctement une esp\u00e8ce de synth\u00e8se lucide, nous pourrions proposer l\u2019organisation suivante<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_4');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_4');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_4\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[4]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_4\" class=\"footnote_tooltip\">Je ne m\u2019attarde pas dans cette synth\u00e8se sur le dernier point \u00e9voqu\u00e9 par les auteurs : l\u2019\u00e9cologie appliqu\u00e9e (gestion\/restauration) n\u2019est pas l\u2019objet de ces pages (m\u00eame si bien&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_4');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> :<\/p>\n<table width=\"100%\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"4\">\n<colgroup>\n<col width=\"51*\" \/>\n<col width=\"51*\" \/>\n<col width=\"51*\" \/>\n<col width=\"51*\" \/>\n<col width=\"51*\" \/> <\/colgroup>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"20%\"><\/td>\n<td width=\"20%\">\n<b>Auto\u00e9cologie <\/b>\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\n<b>D\u00e9m\u00e9cologie <\/b>\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\n<b>Syn\u00e9cologie<\/b><br \/>\n<b>= C\u00e9nologie<\/b>\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\n<b>Biog\u00e9ographie<\/b><br \/>\n<b><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00c9cologie<\/span> globale<\/b><br \/>\n<b>ou Cosm\u00e9cologie<\/b><br \/>\n<b>ou G\u00e9o\u00e9cologie<\/b>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"20%\">\n<b>Ethologie<\/b>\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\n\u2b01\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\nesp\u00e8ce\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\nc\u00e9noses\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\npaysages (s\u00e9ries)\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"20%\">\n<b>Mesologie<\/b>\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\norganisme\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\npopulations\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\nbioc\u00e8nes\n<\/td>\n<td width=\"20%\">\n\u2b02\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Par l\u2019inscription des fl\u00e8ches, j\u2019ai voulu symboliser le lien d\u2019une part avec la biologie (et sans doute avec la g\u00e9n\u00e9tique), d\u2019autre part avec la g\u00e9ographie (et sans doute avec l\u2019histoire), chacune d\u2019elles sortant du strict champ \u00e9cologique (par ce que j\u2019ai appel\u00e9 le \u00ab saut quantique \u00bb dans le <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">chapitre pr\u00e9c\u00e9dent<\/a>).<\/p>\n<p>Ensuite pour chacune de ces colonnes, on peut consid\u00e9rer des m\u00e9thodes particuli\u00e8res, des sciences secondaires : morphologie, taxologie, chorologie ou chronologie. Comme on le voit dans le tableau ci-dessus, et comme le lecteur l\u2019a remarqu\u00e9 dans ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il n\u2019est pas fait mention du concept d\u2019<i><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips1'>\u00e9cosyst\u00e8me<\/span><\/i>. Je propose ici qu\u2019on \u00e9vacue ce concept qui a certes connu un succ\u00e8s foudroyant, et je vais t\u00e2cher \u00e0 pr\u00e9sent d\u2019expliquer le pourquoi de ce rejet.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Deux ou trois versions de l\u2019\u00e9cologie<\/h2>\n<p>Je voudrais revenir ici en particulier sur la notion m\u00eame d\u2019int\u00e9gration, du point de vue th\u00e9orique. C\u2019est en effet en elle que se tiennent les enjeux de l\u2019\u00e9cologie, enjeux qui n\u2019impliquent rien moins que son avenir en tant qu\u2019\u00e9pist\u00e9m\u00e8 et, de fait, de son positionnement dans la dimension socio-politique o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 projet\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c0 un certain moment de son histoire<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_5');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_5');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_5\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[5]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_5\" class=\"footnote_tooltip\">Pascal Acot, Histoire de l\u2019\u00e9cologie, PUF, 1988 (nvle. \u00e9d. 1994) ; idem, \u00ab La phytosociologie de Zurich-Montpellier dans l\u2019\u00e9cologie fran\u00e7aise de l\u2019entre-deux-guerres \u00bb, Bulletin&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_5');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, l\u2019\u00e9cologie s\u2019est dot\u00e9e de concepts, et il lui a fallu des penseurs qui lui conf\u00e8rent non seulement un socle th\u00e9orique, mais \u00e9galement une application r\u00e9elle, qui tende en effet vers le g\u00e9nie \u00e9cologique ; l\u2019\u00e9cologie s\u2019est trouv\u00e9e comme une passerelle entre les vieilles sciences naturelles (syst\u00e9matique et taxinomie) et la pr\u00e9servation (qui touche au droit de l\u2019environnement), n\u00e9e de la soi-disant \u00ab prise de conscience \u00e9cologique \u00bb. Dans l\u2019histoire de l\u2019\u00e9cologie donc, s\u2019est pos\u00e9e \u00e0 un certain moment <i>la<\/i> question th\u00e9orique m\u00eame, la question \u00e9pist\u00e9mologique.<\/p>\n<p>Pour exister, l\u2019\u00e9cologie a d\u00fb ainsi se s\u00e9parer des terrains o\u00f9 elle naquit, en particulier la biologie, mais aussi la g\u00e9ographie. En effet, avant l\u2019apparition du mot chez Ernst Haeckel en 1866, les premiers fr\u00e9missements naissent avec la g\u00e9ographie des plantes (la phytog\u00e9ographie), que traduit \u00e9galement l\u2019\u00e9laboration du concept de v\u00e9g\u00e9tation comme \u00ab tapis organis\u00e9 de v\u00e9g\u00e9taux \u00bb jusqu\u2019ici consid\u00e9r\u00e9s comme individus ponctuels, comme on l\u2019a vu avec Humboldt dans le chapitre pr\u00e9c\u00e9dent. Avec cette conception innovante, on voit \u00e9merger principal probl\u00e8me de l\u2019\u00e9cologie naissante qui sera vif (et donc non r\u00e9solu) jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui : les unit\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales sont-elles discr\u00e8tes (peut-on les s\u00e9parer selon des seuils, certes plus ou moins imaginaires, mais n\u00e9anmoins francs), ou non (a-t-on affaire \u00e0 un continuum progressif d\u2019esp\u00e8ces se substituant les unes aux autres sans limite franche) ?<\/p>\n<p>Comme le soulignent Fr\u00e9d\u00e9ric Alexandre et Alain G\u00e9nin dans l\u2019introduction tr\u00e8s claire d\u2019un livre synth\u00e9tique sur la question (et dont je m\u2019inspire ici<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_6');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_6');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_6\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[6]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_6\" class=\"footnote_tooltip\">Fr\u00e9d\u00e9ric Alexandre &amp; Alain G\u00e9nin, <em>G\u00e9ographie de la v\u00e9g\u00e9tation terrestre. Mod\u00e8les h\u00e9rit\u00e9s, perspectives, concepts et m\u00e9thodes<\/em>, Armand Colin, 2012.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>), la question spatiale est d\u00e8s l\u2019abord extr\u00eamement pr\u00e9sente en \u00e9cologie, et tout le d\u00e9bat se fera autour de ce nouveau concept de <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips13'>biome<\/span>\/formation. Le d\u00e9bat devient tr\u00e8s vif aux \u00c9tats-Unis, notamment entre les deux guerres mondiales. Malheureusement, la position am\u00e9ricaine deviendra la norme, ici comme dans la plupart des domaines de la vie des id\u00e9es, mais \u00e9galement dans l\u2019organisation sociale et politique du vieux continent.<\/p>\n<p>En 1916, donc, l\u2019\u00e9cologue Frederic Clements propose la notion de <i>climax<\/i> : les communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales (celles d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9es g\u00e9ographiquement au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle par Tournefort, Humboldt, Flahault, etc.) se succ\u00e8dent naturellement (en ce qu\u2019il d\u00e9nomme des <i>s\u00e8res<\/i>), du sol nu \u00e0 un <i>\u00e9tat final d\u2019\u00e9quilibre<\/i>, le <em>climax<\/em>. Dans l\u2019esprit de Clements, l\u2019ensemble forme une esp\u00e8ce de super-organisme (et la th\u00e9orie est qualifi\u00e9e alors d\u2019<i>organiciste<\/i>). Ces organismes sont voisins par le biais d\u2019\u00ab \u00e9cotones<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_7');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_7');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_7\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[7]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_7\" class=\"footnote_tooltip\">Cet autre concept n\u2019est pas des plus faciles \u00e0 manier : il permet en effet \u00e0 de nombreux expos\u00e9s scientifiques de botter en touche \u00e0 la moindre occasion. En effet, si ce n\u2019est ni blanc ni&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_7');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> \u00bb.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s rapidement, la th\u00e9orie du climax trouve un contradicteur s\u00e9rieux chez un autre \u00e9cologue, Henry Gleason, qui d\u2019une part rejette l\u2019id\u00e9e de groupes r\u00e9currents qui se d\u00e9veloppent spatialement en fonction de conditions \u00e9cologiques, et d\u2019autre part (et surtout) rejette en bloc l\u2019id\u00e9e que des communaut\u00e9s d\u2019esp\u00e8ces, fussent-elles de la taille d\u2019une formation, puissent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 leur tour comme un organisme sup\u00e9rieur. En 1926, il d\u00e9veloppe, au contraire de et en r\u00e9ponse \u00e0 Clements, une vision atomiste et individualiste de l\u2019esp\u00e8ce comme du groupe d\u2019esp\u00e8ces, retrouvant le concept de <i>niche \u00e9cologique<\/i> \u00e9voqu\u00e9 par Joseph Grinnel en 1917 (et repris et popularis\u00e9 par George Hutchinson en 1956) : il estime que les esp\u00e8ces \u00ab font ce qu\u2019elles peuvent \u00bb, les unes contre les autres ; il r\u00e9cuse le d\u00e9terminisme du climax, rejette la m\u00e9taphore d\u2019un super-organisme vivant. Il repousse par cons\u00e9quent l\u2019id\u00e9e de grands invariants structuraux, et donc toute id\u00e9e de leur possible classification. Dans la nature, plut\u00f4t qu\u2019une aspiration au climax, c\u2019est un continuum que l\u2019on constate, d\u00e9nu\u00e9 de limites franches, dont la forme (la distribution des esp\u00e8ces) aurait \u00e0 voir avec le hasard math\u00e9matique.<\/p>\n<p>Comme le souligne Donato Bergandi<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_8');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_8');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_8\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[8]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_8\" class=\"footnote_tooltip\">Donato Bergandi, \u00ab Les m\u00e9tamorphoses de l\u2019organicisme en \u00e9cologie : De la communaut\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale aux \u00e9cosyst\u00e8mes \u00bb, in <i>Revue d\u2019histoire des sciences<\/i> n\u00b052\/1, pp. 5-32, 1999.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, ce qui est ici en jeu, d\u2019un point de vue \u00e9pist\u00e9mologique, c\u2019est bien de consid\u00e9rer l\u2019unit\u00e9 de base de l\u2019\u00e9cologie, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019unit\u00e9 minimale sur laquelle se fondera l\u2019ensemble de la th\u00e9orie, la brique \u00e9l\u00e9mentaire qui fait d\u2019une science ce qu\u2019elle est.<\/p>\n<p>En effet, depuis la fin du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les th\u00e9ories se succ\u00e8dent, qui toutes semblent tourner autour du concept originel (sinon original) de l\u2019\u00e9cologie, et qui correspond \u00e0 une esp\u00e8ce de structure dynamique de relations entre les \u00eatres vivants, puis entre les \u00eatres vivants et leurs milieux, et des \u00eatres vivants entre eux. Pour aller vite, la biog\u00e9ographie avait d\u00e9j\u00e0 rep\u00e9r\u00e9 les formations (Grisebach, 1875), puis les \u00e9tages de v\u00e9g\u00e9tations (Flahault et Schr\u00f6ter, 1910). Karl M\u00f6bius, en 1877, avait mis au jour l\u2019existence des <i>bioc\u00e9noses<\/i>, et ce fut une petite r\u00e9volution : l\u2019\u00e9tude de ces communaut\u00e9s, et des relations internes et externes qu\u2019elles ont pourrait faire l\u2019objet d\u2019une science ; Josias Braun-Blanquet (avec Ernst Furrer en 1913 ; seul, en 1928) d\u00e9veloppe le concept pour les plantes et reformule l\u2019id\u00e9e d\u2019association (qui existait d\u00e9j\u00e0, mais de mani\u00e8re limpide et efficiente) ; Helmut Gams forge le terme de zooc\u00e9nose et adjoint le concept de synusie ; enfin Karl Friederichs propose d\u00e8s 1927 le concept synth\u00e9tique d\u2019holoc\u00e9nose. L\u2019Europe jouit encore alors du primat th\u00e9orique, si les forces \u00e9conomiques ont d\u00e9j\u00e0 rejoint les USA, mais l\u2019apr\u00e8s-guerre (la deuxi\u00e8me) en sonnera le glas.<\/p>\n<p>En effet, l\u00e0, apr\u00e8s que Stephen Forbes (1887), puis Henry Cowles (1899<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_9');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_9');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_9\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[9]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_9\" class=\"footnote_tooltip\">Stephen Alfred Forbes, \u00ab\u00a0The Lake as a Microcosm\u00a0\u00bb, in Bulletin of the Peoria Scientific Association, p.77-87, 1887 (nouvelle version in Illinois Natural History Survey Bulletin n\u00b015, p.537-550,&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_9');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_9').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_9', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>), ont commenc\u00e9 d\u2019\u00e9tudier un <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'>habitat<\/span><\/span> en tant que tel, \u00e0 savoir le lac, avec toutes ses composantes biotiques et abiotiques, introduisant l\u2019id\u00e9e de succession, \u00e0 partir de laquelle Clements forge les concepts de biome puis de climax, et tandis que les disciples de Gleason et de Clements sont donc en pleine confrontation, un chercheur \u00e9tabli en Afrique de Sud, John Philipps, confirme en les accentuant les intuitions de Clements. En conclusion d\u2019une s\u00e9rie de trois articles extr\u00eamement d\u00e9taill\u00e9s<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_10');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_10');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_10\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[10]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_10\" class=\"footnote_tooltip\">John Phillips \u00ab Succession, development, the climax, and the complex organism : An analysis of concepts \u00bb (in Journal of Ecology n\u00b022, p.554-571, et 23, p.210-246 et p.488-508, 1935). Empreints de&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_10');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_10').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_10', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, Philipps va ainsi proposer un nouveau concept encore, celui de <i>communaut\u00e9 biotique<\/i> en 1931 (il r\u00e9alise \u00e9galement une esp\u00e8ce de synth\u00e8se des diff\u00e9rentes visions en vogue vers 1935). Selon lui, une esp\u00e8ce de nouvelle forme existe, qui transcende les aspects strictement g\u00e9n\u00e9tiques (ce n\u2019est pas qu\u2019une population) ou structuraux (ce n\u2019est pas qu\u2019un peuplement), et qui trouve son \u00e9quilibre dans l\u2019\u00e9quilibre des charges et des d\u00e9penses (puisque c\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, du fait de Cowles, on va consid\u00e9rer le <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips12'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips12'>milieu<\/span><\/span> \u2014 relativement clos tel le lac Michigan), mais sur une ligne comptable nouvelle, fonctionnelle : \u00e9cologique.<\/p>\n<p>Son texte oblige l\u2019\u00e9cologue britannique Arthur Tansley, qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 oppos\u00e9 \u00e0 Clements cordialement (avec lequel il correspondait r\u00e9guli\u00e8rement, m\u00eame dans la dissension), dans la lign\u00e9e de Gleason, \u00e0 proposer un nouveau pas en avant, au point qu\u2019il arrive, par des arguments pratiquement philosophiques (on est loin des \u00ab mod\u00e8les qui tournent \u00bb comme des moulins \u00e0 vent), \u00e0 proposer un nouveau concept, l\u2019<i>\u00e9cosyst\u00e8me<\/i>.<\/p>\n<p>Lorsque appara\u00eet l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me dans \u00ab De l\u2019usage et des abus des concepts et des termes concernant la v\u00e9g\u00e9tation \u00bb en 1935, c\u2019est la fin de tous les protoconcepts qui ont cherch\u00e9 \u00e0 rendre l\u2019\u00e9cologie cr\u00e9dible, et y compris le monoclimax de Clements (Tansley avait m\u00eame propos\u00e9 un <i>quasiclimax<\/i>, pour surtout qu\u2019on ne pense pas que le climax \u00e9tait un organisme dou\u00e9 d\u2019une quelconque autonomie) : c\u2019en est \u00e9galement fini du microcosme, de l\u2019holoc\u00e9nose, du biosyst\u00e8me, nombreux et disparates concepts qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s en Europe durant le m\u00eame temps. Avec Tansley, se r\u00e9v\u00e8lent finalement les enjeux \u00e0 savoir la distinction entre <i>holisme<\/i> d\u2019une part et <i>r\u00e9ductionnisme<\/i> d\u2019autre part.<\/p>\n<p>Le risque du holisme, s\u2019il permet de confondre l\u2019humain au sein d\u2019un tout qui le d\u00e9passe et dont il est une part active, mais jamais qu\u2019une part, c\u2019est de tomber dans une esp\u00e8ce de mysticisme nouvel-\u00e2ge qui ferait de la nature une seule et m\u00eame chose, la vie, avec comme arri\u00e8re-pens\u00e9e (ou en tout cas comme limite) l\u2019\u00e9tincelle initiale\u2026 Celui du r\u00e9ductionnisme est de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des cha\u00eenes de relation et de communication, des messages, si l\u2019on veut, ou en tout cas de ne pas saisir la globalit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 tout le vivant. On peut ainsi perdre de vue le diagnostic propre, que sais-je, \u00e0 une roseli\u00e8re, si on ne se focalise que sur les d\u00e9placements d\u2019ongulid\u00e9s (qui sont fonction des p\u00e9riodes de chasse) ou de ceux des micro-invert\u00e9br\u00e9s (qui sont fonctions de bien de choses, mais ni strictement de la p\u00e9riode de chasse, ni des esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales pr\u00e9sentes, qu\u2019il s\u2019agisse de banals roseaux ou de moins banales la\u00eeches de Davall)\u2026<\/p>\n<p>Il semble donc qu\u2019on ne parvienne pas, dans l\u2019un et l\u2019autre cas, \u00e0 une situation satisfaisante. Et pourtant, en revenant aux textes, on se rend compte que ce d\u00e9bat, \u00e2pre et long, a permis une structuration \u00e9pist\u00e9mologique de la jeune science \u00e9cologique<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_11');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_11');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_11\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[11]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_11\" class=\"footnote_tooltip\">Van der Valk, \u00ab From Formation to Ecosystem \u00bb , art.cit. : \u00ab Resolving the Tansley and Clements debate over the nature of succession and climax vegetation became an important research focus for&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_11');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_11').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_11', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>. Et finalement parvenir \u00e0 une esp\u00e8ce de <i>status quo<\/i> sto\u00efcien, qui demeure dans les limbes impr\u00e9cis du <i>ni-ni<\/i>, du <i>et-et<\/i>, voire du <i>aut-aut<\/i>. Comme dit Van der Valk, \u00e0 cause de l\u2019irruption de Philipps, Tansley s\u2019est trouv\u00e9 contraint de forger le terme d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me (lequel est toujours en vigueur), \u00ab to emphasize that no one part of the environmental complex in a natural system was the sole determinant of the outcome of succession. \u00bb En bref, il s\u2019agit de valider qu\u2019il n\u2019y a pas de vainqueur ; sortie honorable, par le haut, sans vexation ni d\u00e9triment, et tout au b\u00e9n\u00e9fice de la pens\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Pendant ce temps, en Europe continentale (France, Allemagne, URSS\u2026)<\/h2>\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an, ou plut\u00f4t de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du monde anglo-saxon, on peut noter que le Fran\u00e7ais F\u00e9lix Lenoble se positionne en accord avec Gleason quand il cherche \u00e0 d\u00e9montrer ses th\u00e9ories en s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 cinq esp\u00e8ces des Alpes du sud<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_12');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_12');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_12\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[12]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_12\" class=\"footnote_tooltip\">\u00ab Les limites de v\u00e9g\u00e9tation de quelques esp\u00e8ces m\u00e9diterran\u00e9ennes dans le bassin moyen du Rh\u00f4ne et les Pr\u00e9alpes sud-occidentales \u00bb, in Revue de g\u00e9ographie alpine, n\u00b09\/3, pp. 457-470,&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_12');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_12').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_12', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> ; on note \u00e9galement que le Russe Leonty Ramensky aura \u00e9galement expos\u00e9 (1929) ses doutes quant \u00e0 la classification hi\u00e9rarchique des communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales (il pr\u00e9conise des <i>ordres<\/i> uniques), pr\u00f4nant une position proche de Gleason sur l\u2019individualisme des plantes (\u00ab des r\u00e9ponses unimodales vis-\u00e0-vis d\u2019un gradient \u00e9cologique<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_13');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_13');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_13\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[13]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_13\" class=\"footnote_tooltip\">Le gradient \u00e9cologique et son analyse, qui deviendra le n\u0153ud gordien de l\u2019\u00e9cologie contemporaine, n\u2019existe pas encore, non plus que l\u2019analyse factorielle appliqu\u00e9e aux relev\u00e9s botaniques&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_13');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_13').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_13', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> \u00bb).<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat est donc \u00e9galement ouvert en Europe. En 1950, le CNRS organisait un colloque qui r\u00e9unissait 29 participants, dont 16 fran\u00e7ais et 13 \u00e9trangers (majoritairement germanophones). Ce colloque peut \u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019historique pour au moins deux raisons : il est le premier de l\u2019histoire \u00e0 \u00eatre exclusivement consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cologie, en tant que telle et non, comme c\u2019\u00e9tait le cas jusqu\u2019ici, comme un ensemble d\u2019interventions r\u00e9unies au sein d\u2019une section \u00e9cologique dans des colloques de zoologie, de botanique ou de g\u00e9ographie ; l\u2019autre raison est plus directement th\u00e9or\u00e9tique : le colloque se focalise sur l\u2019\u00e9cologie telle qu\u2019elle est consid\u00e9r\u00e9e en Europe \u00e0 la suite du naturalisme historique et dont la phytog\u00e9ographie est devenue le r\u00e9servoir conceptuel essentiel qui conduira peu \u00e0 peu \u00e0 parler de bioc\u00e9notique.<\/p>\n<p>Ainsi, inconsciemment ou non, le colloque se d\u00e9marque ou cherche \u00e0 se d\u00e9marquer du concept d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, et de faire valoir les d\u00e9veloppements de leur propre point de vue, c\u2019est-\u00e0-dire celui de la c\u00e9nologie, essentiellement alors d\u00e9di\u00e9e aux formations v\u00e9g\u00e9tales, et avec l\u2019ambition de la g\u00e9n\u00e9raliser aux autres grands r\u00e8gnes du vivant, animaux en particulier.<\/p>\n<p>\u00c0 nos yeux, plus d\u2019un demi-si\u00e8cle plus tard, cela ne laisse pas d\u2019\u00e9tonner. En effet, depuis cette \u00e9poque, les th\u00e9ories am\u00e9ricaines (comme dans bien d\u2019autres domaines) ont largement impr\u00e9gn\u00e9 l\u2019institution fran\u00e7aise, sinon europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Or il faut savoir, comme le montre remarquablement Kurt Jax<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_14');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_14');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_14\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[14]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_14\" class=\"footnote_tooltip\">Kurt Jax, \u00ab Holocoen and Ecosyste, <i>art.cit.<\/i><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_14').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_14', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, qu\u2019un concept similaire \u00e0 celui d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me existait d\u00e9j\u00e0 en Europe, et aurait pu le supplanter compl\u00e8tement, s\u2019il n\u2019avait \u00e9t\u00e9 aliment\u00e9 par un organicisme tenu en suspicion par le scientisme du d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Il s\u2019agit du terme \u00ab holoc\u00e9nose \u00bb ou \u00ab holocoen \u00bb invent\u00e9 par Karl Friedriechs en 1927, mais pr\u00e9cis\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 sa mort dans les ann\u00e9es 1960<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_15');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_15');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_15\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[15]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_15\" class=\"footnote_tooltip\">Cf. par exemple Karl Friederichs, \u00ab A Definition of Ecology and Some Thoughts About Basic Concepts \u00bb, in <i>Ecology<\/i> n\u00b039 : p.154-159.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_15').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_15', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>. Friederichs adopte les ressemblances entre l\u2019organisme et la communaut\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 un certain point ; en effet, l\u2019organisme est le fruit d\u2019un tout d\u00e8s l\u2019origine (elle est <em>holog\u00e8ne<\/em>) quand la communaut\u00e9 se construit graduellement (elle est <em>m\u00e9rog\u00e8ne<\/em>). Le sch\u00e9ma suivant, du pal\u00e9omalacologue Jungbluth, propose une interpr\u00e9tation synth\u00e9tique<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_16');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_16');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_16\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[16]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_16\" class=\"footnote_tooltip\">J\u00fcrgen H. Jungbluth, <em>Der Tiergeographische Beitrag Zur \u00d6kologischen Landschaft-sforschung. Malakozoologische Beispiele zur Naturr\u00e4umlichen Gliederung<\/em>, Junk, 1978.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_16').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_16', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/CAS_0301.png\" alt=\"\" width=\"100%\" \/><\/p>\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, Tansley a bien montr\u00e9 que la limite ou la non-limite est plus int\u00e9ressante \u00e0 situer entre le vivant et le non-vivant, de mani\u00e8re \u00e0 faire de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me un syst\u00e8me complexe, justement ; de l\u00e0 na\u00eet, de fait, une conception physicaliste en \u00e9cologie, qui d\u00e9bouchera sur l\u2019\u00e9tude des fonctionnalit\u00e9s, des \u00e9changes chimiques de mati\u00e8re et d\u2019\u00e9nergie et, probablement, \u00e0 une s\u00e9paration graduelle de la simple observation des sciences naturelles.<\/p>\n<p>Mais pendant ce temps, en Union sovi\u00e9tique, un autre penseur encore s\u2019opposait \u00e0 l\u2019ensemble des productions (atlantiques, il va sans dire) inspir\u00e9es \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque par le darwinisme (plus que par Darwin, comme on sait). Le texte c\u00e9l\u00e8bre de Forbes \u00e9voqu\u00e9 plus haut sur le lac Mendota, est cit\u00e9 en exemple de la collusion entre sciences naturelles et id\u00e9ologie politique<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_17');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_17');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_17\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[17]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_17\" class=\"footnote_tooltip\">Benoit Chalifoux, in \u00ab L\u2019humanisme de Vladimir Vernadsky contre l\u2019\u00e9cologie \u00bb , in <i>Fusion<\/i> n\u00b0108 : \u00ab Vernadsky contre l\u2019\u00e9cologie \u00bb, 2006.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_17').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_17', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, formant ce qu\u2019on pourrait en effet appeler l\u2019\u00e9cologie imp\u00e9rialiste (ou lib\u00e9rale, mais souvent les deux vont de pair), o\u00f9 se retrouve au d\u00e9tour de quelque phrase des \u00e9chos smithiens (\u00ab laisser-faire \u00bb) qui s\u2019accouplent volontiers d\u2019une vision r\u00e9duite du darwinisme (\u00ab la s\u00e9lection naturelle \u00bb). Malthus, \u00e9videmment, n\u2019est jamais bien loin. Ainsi, Vladimir Vernadsky<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_18');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_18');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_18\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[18]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_18\" class=\"footnote_tooltip\"><i>La Biosph\u00e8re<\/i>, Alcan, 1929.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_18').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_18', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> intervient au moment pr\u00e9cis o\u00f9 les darwinistes d\u00e9tournent Darwin pour leurs propres int\u00e9r\u00eats, et il renoue, si l\u2019on veut, avec la tradition ant\u00e9c\u00e9dente, celle de Humboldt.<\/p>\n<p>Vernadsky suppose qu\u2019il existe trois grandes formes dans le cosmos : le vivant, le non-vivant, et le cognitif. Ils sont li\u00e9s par un principe d\u2019\u00e9volution qui les englobe et qui nous est encore inconnu. Ce principe met en \u0153uvre ce qu\u2019il appelle une \u00ab migration biog\u00e8ne des atomes \u00bb (ou ce qui est en jeu dans les grands cycles biog\u00e9ochimiques).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, tel que formul\u00e9 par Tansley, d\u00e9fini par Lindemann comme la brique \u00e9l\u00e9mentaire de l\u2019\u00e9cologie, et \u00e9tudi\u00e9 par la suite comme tout fonctionnel, pr\u00e9sente en effet quelques probl\u00e8mes : difficilement discr\u00e9tisables, souvent en rapport d\u2019int\u00e9gration, les \u00ab milieux \u00bb se pr\u00e9sentent \u00e0 des \u00e9chelles diverses ; de plus, du fait des \u00e9changes migratoires entre esp\u00e8ces, ou bien la dynamique naturelle ou celle induite par les catastrophes, l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me est en perp\u00e9tuelle transformation. En soi ce n\u2019est pas un probl\u00e8me, mais conceptuellement, il appara\u00eet difficile d\u2019en faire la \u00ab plus petite unit\u00e9 \u00bb de quoi que ce soit, ou une cellule, comme une cellule vivant ou un organisme : il s\u2019agirait plut\u00f4t de les consid\u00e9rer comme \u00ab le lieu d\u2019\u00e9change d\u2019atomes entre le <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips9'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips9'>biotope<\/span><\/span><\/span><\/span> et la <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'>bioc\u00e9nose<\/span><\/span> \u00bb, et donc non comme une brique associant les deux, mais un vortex passant de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>\u00c0 cet \u00e9cosyst\u00e8me, dont l\u2019origine conceptuelle impliquait une s\u00e9paration nette entre l\u2019homme et la nature, correspond la biosph\u00e8re (et donc en ce sens bien peu r\u00e9volutionnaire) ; mais il manque toutefois encore quelque chose, ce que Vernadsky d\u00e9signe comme l\u2019\u00e9tat cognitif et qu\u2019il appelle <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>noosph\u00e8re<\/span><\/span>. Pour Vernadsky, l\u2019action de l\u2019homme, radicale dans ses effets sur le monde qui l\u2019entoure, n\u2019est pas un geste qui s\u2019oppose, mais l\u2019ensemble fait partie d\u2019un m\u00eame tout, pr\u00e9sent d\u00e8s l\u2019abord (d\u00e8s l\u2019abord en effet aussi parce que c\u2019est l\u2019homme qui d\u00e9gage ces notions de biotope ou de bioc\u00e9nose), et non v\u00e9cu, <i>a prosteriori<\/i> comme un agent ou une menace. Mais sans entrer encore dans le monde de la noosph\u00e8re, les travaux de Vernadsky inspirent \u00e9galement son compatriote Vladimir Sukachev, qui d\u00e9finira, lui, la <em>biog\u00e9oc\u00e9nose<\/em>, comme une portion du globe o\u00f9, sur une \u00e9tendue connue, la bioc\u00e9nose (phytoc\u00e9nose, zoo\u00e9nose, micoc\u00e9nose) et ses parties correspondantes de l\u2019atmosph\u00e8re, de la <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>G\u00e9osph\u00e8re<\/span><\/span> (<span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>Lithosph\u00e8re<\/span><\/span> et p\u00e9dosph\u00e8re), de l\u2019hydrosph\u00e8re, forment un ensemble li\u00e9 par des interactions homog\u00e8nes, et constituent par cons\u00e9quent un complexe homog\u00e8ne et autonome. Similaire \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, la biog\u00e9oc\u00e9nose, on le voit, s\u2019en distingue par le fait d\u2019int\u00e9grer les \u00e9l\u00e9ments proprement physicochimiques \u00e0 leur fonctionnement et, du moins est-ce ainsi que je le per\u00e7ois, autorise cette int\u00e9gration pleinement assum\u00e9e, en vertu de diff\u00e9rents sauts quantiques, d\u2019un continu dans la discontinuit\u00e9.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, comme le sugg\u00e8re Pascal Acot, l\u2019\u00e9cologie continentale de l\u2019apr\u00e8s-guerre se trouve au carrefour de trois courants de l\u2019\u00e9cologie :<\/p>\n<ul>\n<li>le courant de l\u2019\u00e9cologie humaine, n\u00e9 d\u2019un d\u00e9veloppement de la g\u00e9ographie humaine de Paul Vidal de la Blache ; aux USA, l\u2019\u00e9cole de Chicago est \u00e9galement en train de se d\u00e9velopper, poussant \u00e0 l\u2019extr\u00eame les concepts vidaliens (voir le <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/ouverture-de-la-choreologie\/\">chapitre 13<\/a>). Ce courant s\u2019\u00e9tiole peu \u00e0 peu dans les sciences, mais \u00e9galement dans les sciences sociales, o\u00f9 il souffre d\u2019une suspicion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_19');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_19');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_19\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[19]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_19\" class=\"footnote_tooltip\">Maurice Halbwachs, \u00ab Chicago, exp\u00e9rience ethnique \u00bb, in Annales d\u2019histoire \u00e9conomique et sociale, 13, p.11-49, 1932. Le courant vidalien, apr\u00e8s l\u2019intervention de Vernadsky, nous conduit en&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_19');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_19').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_19', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/li>\n<li>le courant qui s\u2019int\u00e9resse aux relations complexes entre \u00eatres vivants et entre communaut\u00e9s d\u2019\u00eatres vivants, mais du point de vue des \u00e9changes d\u2019\u00e9nergie et de mati\u00e8re ; ce courant est tributaire (d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre) de la fortune du concept d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, qualifi\u00e9 d\u2019\u00ab unit\u00e9 minimale de l\u2019\u00e9cologie \u00bb et compris comme une esp\u00e8ce de machine productive plus ou moins autonome qui conduira, via l\u2019\u00e9cologie odumienne, et par une analogie troublante, \u00e0 une approche <i>ressourcielle<\/i> de la nature (services \u00e9cosyst\u00e9miques, par exemple<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_20');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_20');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_20\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[20]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_20\" class=\"footnote_tooltip\">Ici il faut faire un point lexical : nous le verrons par la suite, l\u2019approche de la nature comme prodigue (\u00e0 part qu\u2019elle est extr\u00eamement ancienne voire vieillotte) qui s\u2019est renouvel\u00e9e dans&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_20');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_20').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_20', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> ;<\/li>\n<li>enfin le courant qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la description et \u00e0 la classification des communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales qui, si l\u2019on veut, n\u2019est qu\u2019une branche du pr\u00e9c\u00e9dent : la phytosociologie qu\u2019on pourrait \u00e9galement appeler <i>phytoc\u00e9nologie<\/i>. C\u2019est bien s\u00fbr sur cette derni\u00e8re que je m\u2019appuie et dont je m\u2019inspire pour d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e d\u2019un <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00e9cobioc\u00e9notique<\/span>. Paradoxalement, la phytosociologie conna\u00eet elle aussi un essor consid\u00e9rable, en tant qu\u2019elle est un outil formidable d\u2019analyse non seulement des communaut\u00e9s, mais aussi des paysages et de leur dynamique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Des (trois moins une) \u00e9cologies qui nous \u00e9choient alors, c\u2019est celle dont la phytoc\u00e9nologie, la science de la v\u00e9g\u00e9tation, est un exemple pratique, qui nous para\u00eet plus pertinente pour d\u00e9crire les relations entre l\u2019inerte et le <em>solerte<\/em>, puis entre les composants du monde vivant. D\u00e9crivant ce terme de v\u00e9g\u00e9tation, le g\u00e9ographe Fr\u00e9d\u00e9ric Alexandre r\u00e9sume parfaitement les enjeux qui s\u2019ouvrent alors :<\/p>\n<blockquote><p>Ensemble de v\u00e9g\u00e9taux assembl\u00e9s en un lieu ou une r\u00e9gion donn\u00e9e, la v\u00e9g\u00e9tation livre une information spatiale de trois natures :<\/p><\/blockquote>\n<ul>\n<li>\n<blockquote><p>une information d\u2019ordre physionomique ; elle porte sur sa structure horizontale et, dans le cas de v\u00e9g\u00e9tations complexes, sur sa structure verticale [\u2026] on d\u00e9signera comme formation v\u00e9g\u00e9tale une v\u00e9g\u00e9tation identifi\u00e9e par des crit\u00e8res physionomiques, un type de paysage v\u00e9g\u00e9tal, en somme ;<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<blockquote><p>une information sur son contenu floristique, c\u2019est-\u00e0-dire la liste des esp\u00e8ces botaniques pr\u00e9sentes ; on parlera ici de communaut\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale pour d\u00e9signer un ensemble d\u2019esp\u00e8ces dont les individus vivent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te ; la fr\u00e9quence de co-occurrence de certaines esp\u00e8ces permet de d\u00e9terminer des groupements v\u00e9g\u00e9taux dont la phytosociologie cherche \u00e0 \u00e9tablir la classification [\u2026] ;<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<blockquote><p> une information de nature d\u00e9mographique et dynamique ; chaque v\u00e9g\u00e9tation est un assemblage de populations sp\u00e9cifiques qui peuvent \u00eatre \u00e9tudi\u00e9es en elles-m\u00eames avec leurs caract\u00e8res biom\u00e9triques, chorologiques ou, dans leur \u00e9volution spatio-temporelle, en interaction les unes par rapport aux autres ; lorsque libre cours est laiss\u00e9 \u00e0 cette dynamique, il se dessine des successions v\u00e9g\u00e9tales ; les principales d\u2019entre elles ont \u00e9t\u00e9 \u00ab mod\u00e9lis\u00e9es \u00bb sous le nom de s\u00e9ries de v\u00e9g\u00e9tation dont le terme serait la v\u00e9g\u00e9tation climacique<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_21');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_686_1('footnote_plugin_reference_686_1_21');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_686_1_21\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[21]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_686_1_21\" class=\"footnote_tooltip\">Fr\u00e9d\u00e9ric Alexandre, <i>G\u00e9ographie et \u00e9cologie v\u00e9g\u00e9tale. Pour une nouvelle convergence<\/i>, th\u00e8se de g\u00e9ographie. Universit\u00e9 Paris 7-Diderot, 2008.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_686_1_21').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_686_1_21', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> [\u2026]<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces trois types d\u2019informations, peu ou prou, renvoient aux trois \u00ab piliers \u00bb qui soutiennent la pens\u00e9e de la bioc\u00e9notique, et dont je vais t\u00e2cher \u00e0 pr\u00e9sent de d\u00e9crire plus pr\u00e9cis\u00e9ment les contours (et donc d\u2019en pr\u00e9ciser les tenants et les aboutissants).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: xx-small;\"><b>[<em>Cap au seuil<\/em>|Sommaire rapide]<\/b> <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/avant-propos\/\">Avant propos<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-1-dans-lespace\/\">espace<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/la-vie\/\">la vie<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">monde<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/les-deux-ou-trois-ecologies\/\">les \u00e9cologies<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/pour-la-cenologie\/\">c\u00e9nologie<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/sciences-naturelles-sciences-humaines-avec-emmanuel-catteau\/\">sciences naturelles<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/interlude\/\">interlude<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">protection de la nature<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/l-arbre-qui-plantait-des-hommes\/\">arbres<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lanthropocene-contre-lhomme-lecocentrisme-contre-la-nature\/\">anthropoc\u00e8ne<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lettre-a-ma-maman-sur-leffondrement\/\">catastrophe<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/mon-herbier-mon-coquillier\/\">herbier\/coquillier<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/ouverture-de-la-choreologie\/\">ouverture : r\u00e9gions naturelles<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">Terraqu\u00e9 le monde (2)<\/a> &lt; <strong>Les deux (ou trois) \u00e9cologies<\/strong> &gt; <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/pour-la-cenologie\/\">Pour la c\u00e9nologie<\/a><\/p>\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_686_1();\">References<\/span><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_686_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_686_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_686_1\" style=\"\"><table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"><caption class=\"accessibility\">References<\/caption> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_1');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_1\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>1<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Gilles Deleuze, <em>Le pli<\/em>, Minuit, 1988 ; voir Henri Michaux, <i>La vie dans les plis<\/i>, Gallimard, 1949.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_2');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_2\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>2<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">elmut Gams, \u00ab Prinzipienfragen der Vegetationsforschung. Ein Beitrag zur Begriffskl\u00e4rung und Methodik der Biocoenologie \u00bb, in <i>Vierteljahrsschrift der Naturforschenden Gesellschaft<\/i>, n\u00b063, p.293-493, 1918. Jean-Antoine Rioux, \u00ab De quelques concepts en bioc\u00e9notique \u00bb, <em>Service de la Carte Phytog\u00e9og\u00e9ographique<\/em>, bulletin s\u00e9rie B, 127-150, 1958.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_3');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_3\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>3<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Bernard Fischesser, Marie-France Dupuis-Tate, <i>Le guide illustr\u00e9 de l\u2019\u00e9cologie<\/i>, Delachaux et Niestl\u00e9, 1996.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_4');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_4\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>4<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Je ne m\u2019attarde pas dans cette synth\u00e8se sur le dernier point \u00e9voqu\u00e9 par les auteurs : l\u2019\u00e9cologie appliqu\u00e9e (gestion\/restauration) n\u2019est pas l\u2019objet de ces pages (m\u00eame si bien \u00e9videmment les \u00e9l\u00e9ments que j\u2019ai pu maturer l\u2019ont \u00e9t\u00e9 au travers d\u2019applications pratiques et professionnelles). De m\u00eame, ici je ne consid\u00e8re pas la protection de la nature, qui rel\u00e8ve d\u2019un autre champ de recherche encore (le droit) et je ne traite pas non plus de biodiversit\u00e9 : je m\u2019explique sur ce point dans le chapitre intitul\u00e9 <<a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">i>Nagoya mon amour<\/i><\/a>.<\/p>\n<p>Je trouve cette m\u00eame attention \u00e0 l\u2019organisation de l\u2019\u00e9cologie comme science dans un ouvrage tr\u00e8s critique sur ce qu\u2019elle est devenue : <i>L\u2019\u00e9cologie est elle encore scientifique ? <\/i>de Christian L\u00e9v\u00eaque (Quae, 2017) ; si j\u2019ai de nombreux points d\u2019accord avec le constat lev\u00e9 dans le livre, je note que cette imbrication des \u00ab cercles de recherches \u00bb passe de la biologie des esp\u00e8ces et des populations (et en effet elles sont souvent li\u00e9es) \u00e0 l\u2019\u00e9cologie des \u00e9cosyst\u00e8mes, puis \u00e0 l\u2019\u00e9cologie globale, en sautant, en quelque sorte, l\u2019\u00e9tape syn\u00e9cologique. Cet \u00ab oubli \u00bb , j\u2019esp\u00e8re en convaincre le lecteur dans le chapitre suivant, n\u2019est pas qu&rsquo;un hasard.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_5');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_5\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>5<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Pascal Acot, <em>Histoire de l\u2019\u00e9cologie<\/em>, PUF, 1988 (nvle. \u00e9d. 1994) ; idem, \u00ab La phytosociologie de Zurich-Montpellier dans l\u2019\u00e9cologie fran\u00e7aise de l\u2019entre-deux-guerres \u00bb, <em>Bulletin d\u2019\u00e9cologie<\/em> n\u00b024\/1, p.52-56, 1993 ; idem, \u00ab Le Colloque international du CNRS sur l\u2019\u00e9cologie (Paris, 20-25 f\u00e9vrier 1950) \u00bb, in J. Gayon &amp; C. Debru (\u00e9ds.), <em>Les Sciences biologiques et m\u00e9dicales en France, 1920-1950<\/em>, CNRS-Editions, 1994, p.233-240 ; Pascal Acot &amp; Jean-Marc Drouin, \u00ab L\u2019introduction en France des id\u00e9es de l\u2019\u00e9cologie scientifique am\u00e9ricaine dans l\u2019entre-deux-guerres \u00bb, in <em>Revue d\u2019histoire des sciences<\/em> n\u00b050\/4, p.461-480 ; Jean-Marc Drouin, <em>R\u00e9inventer la nature. L\u2019\u00c9cologie et son histoire<\/em>, Descl\u00e9e de Brouwer, 1991 ; Patrick Matagne, \u00ab Aux origines de l\u2019\u00e9cologie \u00bb, in <em>Innovations, Cahiers d\u2019\u00e9conomie de l\u2019innovation<\/em>, n\u00b018, p.27-42, 2003 ; Arnold van der Valk, \u00ab From Formation to Ecosystem : Tansley\u2019s Response to Clements\u2019 Climax \u00bb, in <em>Journal of the History of Biology<\/em> n\u00b047, p. 293\u2013321, 2013 ; Kurt Jax, \u00ab Holocoen and ecosystem : on the origin and historical consequences of two concepts \u00bb, in <em>Journal of the History of Biology<\/em> n\u00b031, p.113-142, 1998 ; <em>idem<\/em>, <em>Die Einheiten der \u00d6kologie : Analyse, Methodenentwicklung und Anwendung in \u00d6kologie und Naturschutz<\/em>, Peter Lang, 2002 ; <em>idem<\/em>, \u00ab Zur transformation \u00f6kologischer Fachbegriffe beim Eingang in Verwaltungsnormen und Rechtstexte : das Beispiel des \u00d6kosystem-Begriffs \u00bb in M. Bobbert, M. D\u00fcwell &amp; K. Jax (\u00e9ds), <em>Umwelt, Ethik and Recht<\/em>, Francke, 2002.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_6');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_6\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>6<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Fr\u00e9d\u00e9ric Alexandre &amp; Alain G\u00e9nin, <em>G\u00e9ographie de la v\u00e9g\u00e9tation terrestre. Mod\u00e8les h\u00e9rit\u00e9s, perspectives, concepts et m\u00e9thodes<\/em>, Armand Colin, 2012.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_7');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_7\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>7<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Cet autre concept n\u2019est pas des plus faciles \u00e0 manier : il permet en effet \u00e0 de nombreux expos\u00e9s scientifiques de botter en touche \u00e0 la moindre occasion. En effet, si ce n\u2019est ni blanc ni noir, c\u2019est donc que c\u2019est donc gris.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_8');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_8\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>8<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Donato Bergandi, \u00ab Les m\u00e9tamorphoses de l\u2019organicisme en \u00e9cologie : De la communaut\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale aux \u00e9cosyst\u00e8mes \u00bb, in <i>Revue d\u2019histoire des sciences<\/i> n\u00b052\/1, pp. 5-32, 1999.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_9');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_9\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>9<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Stephen Alfred Forbes, \u00ab\u00a0The Lake as a Microcosm\u00a0\u00bb, in <em>Bulletin of the Peoria Scientific Association<\/em>, p.77-87, 1887 (nouvelle version in <em>Illinois Natural History Survey Bulletin <\/em>n\u00b015, p.537-550, 1925)\u00a0; Henry Chandler Cowles, \u00ab\u00a0The ecological relations of the vegetation on the sand dunes of Lake Michigan, I\u00a0\u00bb, in <em>Botanical Gazette<\/em> n\u00b027, p.95-117, 167-202, 281-308, 361-391, 1899.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_10');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_10\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>10<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">John Phillips \u00ab Succession, development, the climax, and the complex organism : An analysis of concepts \u00bb (in <em>Journal of Ecology<\/em> n\u00b022, p.554-571, et 23, p.210-246 et p.488-508, 1935). Empreints de philosophie et de sociologie, ces trois textes sont une petite somme (quatre-vingts pages) importante. Dans son dernier texte, Philipps conclue que la succession est le fruit de facteurs biotiques et est forc\u00e9ment progressive ; et le climax est domin\u00e9 par le climat (cf. Van der Valk, \u00ab From Formation to Ecosystem \u00bb, <em>art.cit.<\/em>).<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_11');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_11\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>11<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Van der Valk, \u00ab From Formation to Ecosystem \u00bb , <em>art.cit.<\/em> : \u00ab Resolving the Tansley and Clements debate over the nature of succession and climax vegetation became an important research focus for plant ecologists in the 1950s and 1960s. Field studies of old-field succession and the distribution of species along environmental gradients would provide strong support for the more flexible approach to succession and climax advocated by Tansley, and even Gleason. \u00bb<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_12');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_12\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>12<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">\u00ab Les limites de v\u00e9g\u00e9tation de quelques esp\u00e8ces m\u00e9diterran\u00e9ennes dans le bassin moyen du Rh\u00f4ne et les Pr\u00e9alpes sud-occidentales \u00bb, in <em>Revue de g\u00e9ographie alpine<\/em>, n\u00b09\/3, pp. 457-470, 1921.<\/p>\n<p>Cela m\u2019int\u00e9resse parce que la limite entre la ch\u00eanaie blanche et la ch\u00eanaie verte se joue pr\u00e9cis\u00e9ment dans \u00ab mes \u00bb terres \u2014 l\u2019un des aspects fort souterrains de <i>Farigoule Bastard<\/i> (Le Nouvel Attila, 2015) ; <\/i>les esp\u00e8ces choisies sont pr\u00e9cis\u00e9ment de modestes totems : le ch\u00eane vert <i>Quercus ilex<\/i>, le pin d\u2019Alep <i>Pinus halepensis<\/i>, le gen\u00eat scorpion <i>Genista scorpius<\/i>, le brachypode rameux <i>Brachypodium romosum<\/i>, et \u00e9videmment celui qui donne (presque) son nom au r\u00e9cit : le thym <i>Thymus vulgaris<\/i>. Il r\u00e9alise ses observations exactement l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai grandi \u00ab de Donz\u00e8re \u00e0 Tain, et d\u2019Aubenas \u00e0 Die \u00bb. Je cite encore : \u00ab La v\u00e9rit\u00e9 est que les associations d\u2019esp\u00e8ces r\u00e9alis\u00e9es dans une r\u00e9gion de climat uniforme o\u00f9 des stations ne se diff\u00e9rencient que par la composition chimique, la constitution physique ou l\u2019exposition du sol, disparaissent dans d\u2019autres r\u00e9gions et n\u2019ont pas la constance et la rigidit\u00e9 que certains g\u00e9ographes ont voulu leur attribuer. \u00bb<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_13');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_13\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>13<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Le gradient \u00e9cologique et son analyse, qui deviendra le n\u0153ud gordien de l\u2019\u00e9cologie contemporaine, n\u2019existe pas encore, non plus que l\u2019analyse factorielle appliqu\u00e9e aux relev\u00e9s botaniques que Ramensky entrevoit pourtant.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_14');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_14\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>14<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Kurt Jax, \u00ab Holocoen and Ecosyste, <i>art.cit.<\/i><\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_15');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_15\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>15<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Cf. par exemple Karl Friederichs, \u00ab A Definition of Ecology and Some Thoughts About Basic Concepts \u00bb, in <i>Ecology<\/i> n\u00b039 : p.154-159.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_16');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_16\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>16<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">J\u00fcrgen H. Jungbluth, <em>Der Tiergeographische Beitrag Zur \u00d6kologischen Landschaft-sforschung. Malakozoologische Beispiele zur Naturr\u00e4umlichen Gliederung<\/em>, Junk, 1978.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_17');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_17\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>17<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Benoit Chalifoux, in \u00ab L\u2019humanisme de Vladimir Vernadsky contre l\u2019\u00e9cologie \u00bb , in <i>Fusion<\/i> n\u00b0108 : \u00ab Vernadsky contre l\u2019\u00e9cologie \u00bb, 2006.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_18');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_18\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>18<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\"><i>La Biosph\u00e8re<\/i>, Alcan, 1929.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_19');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_19\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>19<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Maurice Halbwachs, \u00ab Chicago, exp\u00e9rience ethnique \u00bb, in <em>Annales d\u2019histoire \u00e9conomique et sociale<\/em>, 13, p.11-49, 1932. Le courant vidalien, apr\u00e8s l\u2019intervention de Vernadsky, nous conduit en quelque sorte dans une autre dimension \u2013 pr\u00e9cis\u00e9ment dans une autre sph\u00e8re que la biosph\u00e8re, la noosph\u00e8re : s\u2019il s\u2019\u00e9tiole en effet en pratique, il n\u2019en conserve pas moins un int\u00e9r\u00eat et une singularit\u00e9 \u00e9pist\u00e9mologique dont j\u2019ai t\u00e2ch\u00e9 de montrer tout l\u2019int\u00e9r\u00eat et la force anthropologique.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_20');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_20\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>20<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Ici il faut faire un point lexical : nous le verrons par la suite, l\u2019approche de la nature comme prodigue (\u00e0 part qu\u2019elle est extr\u00eamement ancienne voire vieillotte) qui s\u2019est renouvel\u00e9e dans la r\u00e9daction \u00e0 mes yeux aberrante d\u2019un catalogue des services \u00e9cosyst\u00e9miques, ent\u00e9rin\u00e9 (une premi\u00e8re fois) par l\u2019<i>\u00c9valuation des \u00e9cosyst\u00e8mes pour le mill\u00e9naire<\/i> (en anglais <i>Millenium Ecosystems Assessment<\/i>, MEA), une expertise pluridisciplinaire command\u00e9e par Kofi Annan pour l\u2019ONU (voir <i>infra<\/i> <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">\u00ab Nagoya mon amour \u00bb<\/a>), et donc comme un ensemble de biens et de services ; mais, plus prosa\u00efquement, comme des ressources non seulement exploitables, mais mon\u00e9tisables et financiarisables ; il est donc n\u00e9cessaire que l\u2019on trouve un adjectif pour qualifier cette approche. Les termes les plus \u00e9vidents \u00e0 me yeux seraient <i>commerciaux<\/i> ou <i>capitalistes<\/i>, ou bien alors <i>fiduciaires<\/i> ou <i>bancaires<\/i>, mais ils sont d\u00e9j\u00e0 trop orient\u00e9s ; les substantifs <i>biens<\/i>, <i>services<\/i>, <i>ressources<\/i> n\u2019ont pas de d\u00e9riv\u00e9s \u00e9vidents ni r\u00e9ellement satisfaisants ; <i>b\u00e9niel<\/i> est horrible ; <i>serviciel<\/i> a pu \u00eatre utilis\u00e9 mais il est lui aussi d\u00e9j\u00e0 orient\u00e9 id\u00e9ologiquement (partial en \u00e9tant faussement partiel) ; <i>ressourciel<\/i> existe, peu, mais il existe. Bien que ce soit malheureux, nous l\u2019utiliserons d\u00e9sormais pour d\u00e9signer \u00ab ce qui rel\u00e8ve de la ressource (naturelle ou autre) \u00bb . Voir par exemple St\u00e9phane Nahrath &amp; Jean-David Gerber 2014, \u00ab Pour une approche ressourcielle du d\u00e9veloppement durable \u00bb, in <em>D\u00e9veloppement durable et territoires<\/em>, 5\/2, 2014 : http :\/\/journals.openedition.org\/developpementdurable\/10311 <\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_686_1('footnote_plugin_tooltip_686_1_21');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_686_1_21\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>21<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Fr\u00e9d\u00e9ric Alexandre, <i>G\u00e9ographie et \u00e9cologie v\u00e9g\u00e9tale. Pour une nouvelle convergence<\/i>, th\u00e8se de g\u00e9ographie. Universit\u00e9 Paris 7-Diderot, 2008.<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_686_1() { jQuery('#footnote_references_container_686_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_686_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_686_1() { jQuery('#footnote_references_container_686_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_686_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_686_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_686_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_686_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_686_1(); } } function footnote_moveToReference_686_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_686_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_686_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_686_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }<\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips0','Les grandes \"sph\u00e8res\" g\u00e9od\u00e9siques sont les grands constituants min\u00e9raux de la plan\u00e8te : l\\'<strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>Atmosph\u00e8re<\/span><\/span><\/strong>, l\\'<strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>Hydrosph\u00e8re<\/span><\/span><\/strong>, la <strong>lithosph\u00e8re<\/strong>. Ces trois sph\u00e8res forment la <strong>g\u00e9osph\u00e8re<\/strong>, auxquelles on ajoute parfois la <strong>biosph\u00e8re<\/strong> (l\\'enveloppe du vivant), d\\'o\u00f9 est n\u00e9e la <strong>noosph\u00e8re<\/strong> (la sph\u00e8re du monde humain, racin\u00e9 \u00e0 sa facult\u00e9 symbolique et linguistique).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips0','Les grandes \"sph\u00e8res\" g\u00e9od\u00e9siques sont les grands constituants min\u00e9raux de la plan\u00e8te : l\\'<strong>atmosph\u00e8re<\/strong>, l\\'<strong>hydrosph\u00e8re<\/strong>, la <strong>lithosph\u00e8re<\/strong>. Ces trois sph\u00e8res forment la <strong>g\u00e9osph\u00e8re<\/strong>, auxquelles on ajoute parfois la <strong>biosph\u00e8re<\/strong> (l\\'enveloppe du vivant), d\\'o\u00f9 est n\u00e9e la <strong>noosph\u00e8re<\/strong> (la sph\u00e8re du monde humain, racin\u00e9 \u00e0 sa facult\u00e9 symbolique et linguistique).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips0','Les grandes \"sph\u00e8res\" g\u00e9od\u00e9siques sont les grands constituants min\u00e9raux de la plan\u00e8te : l\\'<strong>atmosph\u00e8re<\/strong>, l\\'<strong>hydrosph\u00e8re<\/strong>, la <strong>lithosph\u00e8re<\/strong>. Ces trois sph\u00e8res forment la <strong>g\u00e9osph\u00e8re<\/strong>, auxquelles on ajoute parfois la <strong>biosph\u00e8re<\/strong> (l\\'enveloppe du vivant), d\\'o\u00f9 est n\u00e9e la <strong>noosph\u00e8re<\/strong> (la sph\u00e8re du monde humain, racin\u00e9 \u00e0 sa facult\u00e9 symbolique et linguistique).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips0','Les grandes \"sph\u00e8res\" g\u00e9od\u00e9siques sont les grands constituants min\u00e9raux de la plan\u00e8te : l\\'<strong>atmosph\u00e8re<\/strong>, l\\'<strong>hydrosph\u00e8re<\/strong>, la <strong>lithosph\u00e8re<\/strong>. Ces trois sph\u00e8res forment la <strong>g\u00e9osph\u00e8re<\/strong>, auxquelles on ajoute parfois la <strong>biosph\u00e8re<\/strong> (l\\'enveloppe du vivant), d\\'o\u00f9 est n\u00e9e la <strong>noosph\u00e8re<\/strong> (la sph\u00e8re du monde humain, racin\u00e9 \u00e0 sa facult\u00e9 symbolique et linguistique).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips1','D\u00e9finition originelle, de Arthur Tansley 1935\u00a0: association entre un biotope* et une bioc\u00e9nose*, mais cette d\u00e9finition, n\u00e9e en contradiction avec les travaux de phytog\u00e9ographes ou phytoc\u00e9nologues, ne peut \u00eatre conserv\u00e9e, dans une optique c\u00e9nologique ; en outre dans cette optique, \u00e9cosyst\u00e8me est tant\u00f4t synonyme de biome* (ou formation*) ou de bioc\u00e8ne* (grand type d\\'habitat, indissociable du bio\u00e8ce*) : le mot est proscrit\u00a0| Un \u00e9cosyst\u00e8me est une entit\u00e9 de niveau variable (global \u00e0 local) qui est une esp\u00e8ce de super- ou m\u00e9taorganisme limit\u00e9 par des fronti\u00e8res, lesquelles sont poreuses (comme le sont les fronti\u00e8res du vivant), et au sein duquel un groupement* d\u2019esp\u00e8ces interagit, notamment pour des \u00e9changes de mati\u00e8re et d\u2019\u00e9nergie, mais pas seulement\u00a0; le cas d\u2019\u00e9tude (qui sont aussi des cas limite, car ils sont sp\u00e9cialement clos) est le lac (Lindeman, Cowles) | Voir absolument <em><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>Ecologie<\/span>*<\/em>, <em><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>Ecobioc\u00e9notique<\/span>*<\/em>'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips4','La <strong>c\u00e9nologie<\/strong>, synonyme partiel d\\'<strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00c9cobioc\u00e9notique<\/span>*<\/strong>, est la science qui, au sein de l\\'\u00e9cologie* (au sens actuel, flou) s\\'int\u00e9resse particuli\u00e8rement aux groupements \u00e9cologiques d\\'esp\u00e8ces ; ces groupements sont \u00e9cologiques, c\\'est-\u00e0-dire qu\\'ils ne sont ni phylog\u00e9n\u00e9tiques (ou familiaux), ni simplement morphologiques, ni strictement fonctionnels. En v\u00e9rit\u00e9 ils sont \u00e9videmment <i>aussi<\/i> ceux-l\u00e0, puisque l\\'\u00e9cologie est une science holistique (Vincent 2021). La description, la d\u00e9nomination et la classification de ces groupements* sont son domaine d\\'intervention. Ceux-ci touchent tous les \u00eatres vivants, les grands \"r\u00e8gnes\" classiques : bact\u00e9ries, plantes (phytoc\u00e9noses > phytoc\u00e9nologie = phytosociologie*) et animaux (zooc\u00e9nologie). La c\u00e9nologie concerne la biosph\u00e8re* ; lorsque le sujet d\\'\u00e9tude touche \u00e9galement \u00e0 la g\u00e9osph\u00e8re*, on parlerait plus volontiers de biog\u00e9ographie* ; lorsqu\\'il touche \u00e9galement aux affaires humaines (terroir, agriculture, paysage, urbanisme), \u00e0 la noosph\u00e8re*, on entre dans un autre domaine encore, que je d\u00e9nomme prop parte ici chor\u00e9ologie* (science du territoire*).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips4','La <strong>c\u00e9nologie<\/strong>, synonyme partiel d\\'<strong>\u00c9cobioc\u00e9notique*<\/strong>, est la science qui, au sein de l\\'\u00e9cologie* (au sens actuel, flou) s\\'int\u00e9resse particuli\u00e8rement aux groupements \u00e9cologiques d\\'esp\u00e8ces ; ces groupements sont \u00e9cologiques, c\\'est-\u00e0-dire qu\\'ils ne sont ni phylog\u00e9n\u00e9tiques (ou familiaux), ni simplement morphologiques, ni strictement fonctionnels. En v\u00e9rit\u00e9 ils sont \u00e9videmment <i>aussi<\/i> ceux-l\u00e0, puisque l\\'\u00e9cologie est une science holistique (Vincent 2021). La description, la d\u00e9nomination et la classification de ces groupements* sont son domaine d\\'intervention. Ceux-ci touchent tous les \u00eatres vivants, les grands \"r\u00e8gnes\" classiques : bact\u00e9ries, plantes (phytoc\u00e9noses > phytoc\u00e9nologie = phytosociologie*) et animaux (zooc\u00e9nologie). La c\u00e9nologie concerne la biosph\u00e8re* ; lorsque le sujet d\\'\u00e9tude touche \u00e9galement \u00e0 la g\u00e9osph\u00e8re*, on parlerait plus volontiers de biog\u00e9ographie* ; lorsqu\\'il touche \u00e9galement aux affaires humaines (terroir, agriculture, paysage, urbanisme), \u00e0 la noosph\u00e8re*, on entre dans un autre domaine encore, que je d\u00e9nomme prop parte ici chor\u00e9ologie* (science du territoire*).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips4','La <strong>c\u00e9nologie<\/strong>, synonyme partiel d\\'<strong>\u00c9cobioc\u00e9notique*<\/strong>, est la science qui, au sein de l\\'\u00e9cologie* (au sens actuel, flou) s\\'int\u00e9resse particuli\u00e8rement aux groupements \u00e9cologiques d\\'esp\u00e8ces ; ces groupements sont \u00e9cologiques, c\\'est-\u00e0-dire qu\\'ils ne sont ni phylog\u00e9n\u00e9tiques (ou familiaux), ni simplement morphologiques, ni strictement fonctionnels. En v\u00e9rit\u00e9 ils sont \u00e9videmment <i>aussi<\/i> ceux-l\u00e0, puisque l\\'\u00e9cologie est une science holistique (Vincent 2021). La description, la d\u00e9nomination et la classification de ces groupements* sont son domaine d\\'intervention. Ceux-ci touchent tous les \u00eatres vivants, les grands \"r\u00e8gnes\" classiques : bact\u00e9ries, plantes (phytoc\u00e9noses > phytoc\u00e9nologie = phytosociologie*) et animaux (zooc\u00e9nologie). La c\u00e9nologie concerne la biosph\u00e8re* ; lorsque le sujet d\\'\u00e9tude touche \u00e9galement \u00e0 la g\u00e9osph\u00e8re*, on parlerait plus volontiers de biog\u00e9ographie* ; lorsqu\\'il touche \u00e9galement aux affaires humaines (terroir, agriculture, paysage, urbanisme), \u00e0 la noosph\u00e8re*, on entre dans un autre domaine encore, que je d\u00e9nomme prop parte ici chor\u00e9ologie* (science du territoire*).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips6','<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> est le terme pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : science dont l\u2019objet est traditionnellement la relation du monde physico-chimique (inerte) avec les \u00eatres vivants, et des \u00eatres vivants entre eux. | <strong>Ecologie :<\/strong> litt\u00e9ralement le discours sur l\u2019<em>oikos<\/em> = la maison\u00a0; il y aurait une \u00e9tendue ou un volume, et des fronti\u00e8res\u00a0; c\u2019est l\u2019histoire racont\u00e9e dans ces pages\u00a0: des d\u00e9ambulations dans l\u2019\u00e9tendue ou le volume, ou \u00e0 travers les fronti\u00e8res. C\u2019est le sens du <em>cap au seuil<\/em> | Selon Jean-Antoine Rioux 1958, l\\'<strong>\u00e9cologie<\/strong> poss\u00e8de deux grands domaines : l\\'<strong>\u00e9cologie m\u00e9sologique<\/strong>, la science du milieu* (ou <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'>bio\u00e8ce<\/span><\/span>*\/biotope*) et l\\'<strong>\u00e9cologie \u00e9thologique<\/strong>, qui s\\'int\u00e9resse aux organismes (<span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'>bioc\u00e8ne<\/span><\/span><\/span>*\/bioc\u00e9nose). Ces deux sous-domaines formeraient <i>toute<\/i> donc \u00e0 l\\'\u00e9cologie, mais le sens courant et actuel du terme, par le truchement du terme en vogue \"ecosyst\u00e8me*\", met essentiellement l\\'accent sur le premier domaine ; en r\u00e9alit\u00e9 l\\'\u00e9cobioc\u00e9nologie ne peut se passer de l\\'une ni de l\\'autre. Nous sommes donc aujourd\\'hui dans une impasse \u00e9pist\u00e9mologique, ou tout du moins dans un d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9pist\u00e9mologique, chose rare et \u00e9trange. | Selon Roger Molonier et Pierre Vignes 1971, \"L\\'<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> r\u00e9sulte de la confluence de deux grands courants scientifiques [...] Elle repr\u00e9sente l\\'aboutissement des sciences naturelles dites \"de terrain\" [...] elle ne saurait \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e un jour par une discinpline plus vaste. Elle constitue une limite vers laquelle tendent asymptotiquement, volontairement ou non, tous les efforts des naturalistes qui se vouent \u00e0 l\\'\u00e9tude du milieu.\" | L\\'\u00e9cologie n\\'est pas une science normale au sens de Kuhn+, mais une science complexe (sensu non-Morin+), qui s\\'adosse \u00e0 d\\'autres domaines du savoir : la g\u00e9ographie et la biologie, la syst\u00e9matique et la taxonomie, mais aussi la physique et la chimie, la climatologie, et bien entendue l\\'anthropologie et la sociologie, ainsi que la politique. | (Tout ce qui concerne le d\u00e9veloppement durable, la biodiversit\u00e9, l\\'\u00e9conomie verte, etc., bref tout ce qui int\u00e9resse de pr\u00e8s ou de loin l\\'\u00e9cologie politique rel\u00e8ve d\\'un autre domaine de l\\'\u00e9cologie comme science : histoire, politique, id\u00e9ologie, anthropomorphisme, \u00e9cocentrisme, anthropoc\u00e9nologie, catastrophologie ; elles ne nous int\u00e9ressent ici qu\\'\u00e0 la marge, ou par d\u00e9faut.)'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips6','<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> est le terme pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : science dont l\u2019objet est traditionnellement la relation du monde physico-chimique (inerte) avec les \u00eatres vivants, et des \u00eatres vivants entre eux. | <strong>Ecologie :<\/strong> litt\u00e9ralement le discours sur l\u2019<em>oikos<\/em> = la maison\u00a0; il y aurait une \u00e9tendue ou un volume, et des fronti\u00e8res\u00a0; c\u2019est l\u2019histoire racont\u00e9e dans ces pages\u00a0: des d\u00e9ambulations dans l\u2019\u00e9tendue ou le volume, ou \u00e0 travers les fronti\u00e8res. C\u2019est le sens du <em>cap au seuil<\/em> | Selon Jean-Antoine Rioux 1958, l\\'<strong>\u00e9cologie<\/strong> poss\u00e8de deux grands domaines : l\\'<strong>\u00e9cologie m\u00e9sologique<\/strong>, la science du milieu* (ou bio\u00e8ce*\/biotope*) et l\\'<strong>\u00e9cologie \u00e9thologique<\/strong>, qui s\\'int\u00e9resse aux organismes (bioc\u00e8ne*\/bioc\u00e9nose). Ces deux sous-domaines formeraient <i>toute<\/i> donc \u00e0 l\\'\u00e9cologie, mais le sens courant et actuel du terme, par le truchement du terme en vogue \"ecosyst\u00e8me*\", met essentiellement l\\'accent sur le premier domaine ; en r\u00e9alit\u00e9 l\\'\u00e9cobioc\u00e9nologie ne peut se passer de l\\'une ni de l\\'autre. Nous sommes donc aujourd\\'hui dans une impasse \u00e9pist\u00e9mologique, ou tout du moins dans un d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9pist\u00e9mologique, chose rare et \u00e9trange. | Selon Roger Molonier et Pierre Vignes 1971, \"L\\'<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> r\u00e9sulte de la confluence de deux grands courants scientifiques [...] Elle repr\u00e9sente l\\'aboutissement des sciences naturelles dites \"de terrain\" [...] elle ne saurait \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e un jour par une discinpline plus vaste. Elle constitue une limite vers laquelle tendent asymptotiquement, volontairement ou non, tous les efforts des naturalistes qui se vouent \u00e0 l\\'\u00e9tude du milieu.\" | L\\'\u00e9cologie n\\'est pas une science normale au sens de Kuhn+, mais une science complexe (sensu non-Morin+), qui s\\'adosse \u00e0 d\\'autres domaines du savoir : la g\u00e9ographie et la biologie, la syst\u00e9matique et la taxonomie, mais aussi la physique et la chimie, la climatologie, et bien entendue l\\'anthropologie et la sociologie, ainsi que la politique. | (Tout ce qui concerne le d\u00e9veloppement durable, la biodiversit\u00e9, l\\'\u00e9conomie verte, etc., bref tout ce qui int\u00e9resse de pr\u00e8s ou de loin l\\'\u00e9cologie politique rel\u00e8ve d\\'un autre domaine de l\\'\u00e9cologie comme science : histoire, politique, id\u00e9ologie, anthropomorphisme, \u00e9cocentrisme, anthropoc\u00e9nologie, catastrophologie ; elles ne nous int\u00e9ressent ici qu\\'\u00e0 la marge, ou par d\u00e9faut.)'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips6','<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> est le terme pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : science dont l\u2019objet est traditionnellement la relation du monde physico-chimique (inerte) avec les \u00eatres vivants, et des \u00eatres vivants entre eux. | <strong>Ecologie :<\/strong> litt\u00e9ralement le discours sur l\u2019<em>oikos<\/em> = la maison\u00a0; il y aurait une \u00e9tendue ou un volume, et des fronti\u00e8res\u00a0; c\u2019est l\u2019histoire racont\u00e9e dans ces pages\u00a0: des d\u00e9ambulations dans l\u2019\u00e9tendue ou le volume, ou \u00e0 travers les fronti\u00e8res. C\u2019est le sens du <em>cap au seuil<\/em> | Selon Jean-Antoine Rioux 1958, l\\'<strong>\u00e9cologie<\/strong> poss\u00e8de deux grands domaines : l\\'<strong>\u00e9cologie m\u00e9sologique<\/strong>, la science du milieu* (ou bio\u00e8ce*\/biotope*) et l\\'<strong>\u00e9cologie \u00e9thologique<\/strong>, qui s\\'int\u00e9resse aux organismes (bioc\u00e8ne*\/bioc\u00e9nose). Ces deux sous-domaines formeraient <i>toute<\/i> donc \u00e0 l\\'\u00e9cologie, mais le sens courant et actuel du terme, par le truchement du terme en vogue \"ecosyst\u00e8me*\", met essentiellement l\\'accent sur le premier domaine ; en r\u00e9alit\u00e9 l\\'\u00e9cobioc\u00e9nologie ne peut se passer de l\\'une ni de l\\'autre. Nous sommes donc aujourd\\'hui dans une impasse \u00e9pist\u00e9mologique, ou tout du moins dans un d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9pist\u00e9mologique, chose rare et \u00e9trange. | Selon Roger Molonier et Pierre Vignes 1971, \"L\\'<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> r\u00e9sulte de la confluence de deux grands courants scientifiques [...] Elle repr\u00e9sente l\\'aboutissement des sciences naturelles dites \"de terrain\" [...] elle ne saurait \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e un jour par une discinpline plus vaste. Elle constitue une limite vers laquelle tendent asymptotiquement, volontairement ou non, tous les efforts des naturalistes qui se vouent \u00e0 l\\'\u00e9tude du milieu.\" | L\\'\u00e9cologie n\\'est pas une science normale au sens de Kuhn+, mais une science complexe (sensu non-Morin+), qui s\\'adosse \u00e0 d\\'autres domaines du savoir : la g\u00e9ographie et la biologie, la syst\u00e9matique et la taxonomie, mais aussi la physique et la chimie, la climatologie, et bien entendue l\\'anthropologie et la sociologie, ainsi que la politique. | (Tout ce qui concerne le d\u00e9veloppement durable, la biodiversit\u00e9, l\\'\u00e9conomie verte, etc., bref tout ce qui int\u00e9resse de pr\u00e8s ou de loin l\\'\u00e9cologie politique rel\u00e8ve d\\'un autre domaine de l\\'\u00e9cologie comme science : histoire, politique, id\u00e9ologie, anthropomorphisme, \u00e9cocentrisme, anthropoc\u00e9nologie, catastrophologie ; elles ne nous int\u00e9ressent ici qu\\'\u00e0 la marge, ou par d\u00e9faut.)'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips7','Cette d\u00e9finition correspond aux deux termes Bio\u00e8ce et Bioc\u00e8ne, synonymes du couple impr\u00e9cis biotope\/bioc\u00e9nose | Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne est inamovible : \u00e0 chaque bio\u00e8ce correspond un bioc\u00e8ne, et r\u00e9ciproquement ; si un bioc\u00e8ne ou un bio\u00e8ce n\\'a pas son correspondant, il doit \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans une unit\u00e9 sup\u00e9rieure ou inf\u00e9rieure. Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne permet le passage, par un saut quantique*, du monde biologique au monde g\u00e9ographique.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips7','Cette d\u00e9finition correspond aux deux termes Bio\u00e8ce et Bioc\u00e8ne, synonymes du couple impr\u00e9cis biotope\/bioc\u00e9nose | Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne est inamovible : \u00e0 chaque bio\u00e8ce correspond un bioc\u00e8ne, et r\u00e9ciproquement ; si un bioc\u00e8ne ou un bio\u00e8ce n\\'a pas son correspondant, il doit \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans une unit\u00e9 sup\u00e9rieure ou inf\u00e9rieure. Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne permet le passage, par un saut quantique*, du monde biologique au monde g\u00e9ographique.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips7','Cette d\u00e9finition correspond aux deux termes Bio\u00e8ce et Bioc\u00e8ne, synonymes du couple impr\u00e9cis biotope\/bioc\u00e9nose | Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne est inamovible : \u00e0 chaque bio\u00e8ce correspond un bioc\u00e8ne, et r\u00e9ciproquement ; si un bioc\u00e8ne ou un bio\u00e8ce n\\'a pas son correspondant, il doit \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans une unit\u00e9 sup\u00e9rieure ou inf\u00e9rieure. Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne permet le passage, par un saut quantique*, du monde biologique au monde g\u00e9ographique.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips7','Cette d\u00e9finition correspond aux deux termes Bio\u00e8ce et Bioc\u00e8ne, synonymes du couple impr\u00e9cis biotope\/bioc\u00e9nose | Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne est inamovible : \u00e0 chaque bio\u00e8ce correspond un bioc\u00e8ne, et r\u00e9ciproquement ; si un bioc\u00e8ne ou un bio\u00e8ce n\\'a pas son correspondant, il doit \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans une unit\u00e9 sup\u00e9rieure ou inf\u00e9rieure. Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne permet le passage, par un saut quantique*, du monde biologique au monde g\u00e9ographique.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips7','Cette d\u00e9finition correspond aux deux termes Bio\u00e8ce et Bioc\u00e8ne, synonymes du couple impr\u00e9cis biotope\/bioc\u00e9nose | Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne est inamovible : \u00e0 chaque bio\u00e8ce correspond un bioc\u00e8ne, et r\u00e9ciproquement ; si un bioc\u00e8ne ou un bio\u00e8ce n\\'a pas son correspondant, il doit \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans une unit\u00e9 sup\u00e9rieure ou inf\u00e9rieure. Le couple bio\u00e8ce\/bioc\u00e8ne permet le passage, par un saut quantique*, du monde biologique au monde g\u00e9ographique.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips9','Synonyme approximatif de bio\u00e8ce*, synonyme approximatif de milieu*, et synonyme partiel d\u2019habitat*\u00a0; \u00e9tendue ou volume spatial relativement limit\u00e9(e), inerte, non vivant(e), qui peut servir de support \u00e0 l\u2019expression du vivant, accueillir des individus d\u2019une ou plusieurs esp\u00e8ces, associ\u00e9s ou non en populations, formant un bioc\u00e8ne*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips9','Synonyme approximatif de bio\u00e8ce*, synonyme approximatif de milieu*, et synonyme partiel d\u2019habitat*\u00a0; \u00e9tendue ou volume spatial relativement limit\u00e9(e), inerte, non vivant(e), qui peut servir de support \u00e0 l\u2019expression du vivant, accueillir des individus d\u2019une ou plusieurs esp\u00e8ces, associ\u00e9s ou non en populations, formant un bioc\u00e8ne*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips10','Synonyme partiel de biochore*, biome*, bio\u00e8ce*, bioc\u00e8ne*, biotope*, grand habitat*, milieu* | Terme vernaculaire qui ne permet pas toujours la pr\u00e9cision, mais qui est extr\u00eamement pratique et parlant : l\\'habitat est le milieu de vie, la portion d\\'espace o\u00f9 se d\u00e9veloppe la vie, sous quelque forme que ce soit. Si l\\'on parle de population*, on pr\u00e9f\u00e8rera le terme de territoire ; si on parle de c\u00e9nose*, celui de biome* ou bio\u00e8ce*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips10','Synonyme partiel de biochore*, biome*, bio\u00e8ce*, bioc\u00e8ne*, biotope*, grand habitat*, milieu* | Terme vernaculaire qui ne permet pas toujours la pr\u00e9cision, mais qui est extr\u00eamement pratique et parlant : l\\'habitat est le milieu de vie, la portion d\\'espace o\u00f9 se d\u00e9veloppe la vie, sous quelque forme que ce soit. Si l\\'on parle de population*, on pr\u00e9f\u00e8rera le terme de territoire ; si on parle de c\u00e9nose*, celui de biome* ou bio\u00e8ce*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips10','Synonyme partiel de biochore*, biome*, bio\u00e8ce*, bioc\u00e8ne*, biotope*, grand habitat*, milieu* | Terme vernaculaire qui ne permet pas toujours la pr\u00e9cision, mais qui est extr\u00eamement pratique et parlant : l\\'habitat est le milieu de vie, la portion d\\'espace o\u00f9 se d\u00e9veloppe la vie, sous quelque forme que ce soit. Si l\\'on parle de population*, on pr\u00e9f\u00e8rera le terme de territoire ; si on parle de c\u00e9nose*, celui de biome* ou bio\u00e8ce*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips11','Terme d\u00e9licat \u00e0 d\u00e9finir | Originellement (M\u00f6bius 1877*) : \"La science n\\'a pas encore de mot pour d\u00e9signer une telle communaut\u00e9 d\\'\u00eatres vivants, une choix et un certain nombre d\\'esp\u00e8ces et d\\'individus correspondant \u00e0 des conditions ext\u00e9rieures de vie moyennes, qui sont mutuellement d\u00e9pendants et se maintiennent en permanence par reproduction dans un espace mesur\u00e9. J\\'appelle une telle communaut\u00e9 bioc\u00e9nose ou communaut\u00e9 de vie. Tout changement dans un facteur de co-conditionnement d\\'une bioc\u00e9nose entra\u00eene des changements dans d\\'autres facteurs de cette m\u00eame bioc\u00e9nose.\" | Une c\u00e9nose est une communaut\u00e9 (voir ce mot) \u00e9cologique : un groupement d\\'esp\u00e8ces partageants les m\u00eames n\u00e9cessit\u00e9s (facteurs biotiques et abiotiques) en un lieu donn\u00e9, et partageant un certain nombre de caract\u00e8res phylog\u00e9n\u00e9tiques communs (population mais aussi clade, et dans ce cas on peut  distinguer : zooc\u00e9nose\/phytoc\u00e9nose, et, par exemple, au sein de la zooc\u00e9nose : entomoc\u00e9nose\/malacoc\u00e9nose, etc.) | L\\'ensemble des c\u00e9noses d\\'un site forme le bioc\u00e8ne* -- et le site le bio\u00e8ce* | Bio\u00e8ce et bioc\u00e8ne forment le biome*'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips12','Synonyme partiel de biochore, bio\u00e8ce, bioc\u00e8ne, biotope, grand habitat, habitat | Terme polys\u00e9mique | Terme vernaculaire courant qui a deux acceptions non synonymes ; d\\'une part il est synonyme d\\'habitat*, et d\u00e9signe un milieu de vie ; d\\'autre part, \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur d\\'int\u00e9gration (par le biais d\\'un saut quantique, qui fait passer du domaine de la biosph\u00e8re \u00e0 celui de la noosph\u00e8re), et dans la perspective de la m\u00e9diologie sensu Watsuji & Berque, le milieu est un concept philosphique, ontologique, d\u00e9signant l\\'espace de relation entre l\\'homme et la nature : le lieu de leur rencontre (par les sens, la connaissance, l\\'exp\u00e9rience, etc.).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips12','Synonyme partiel de biochore, bio\u00e8ce, bioc\u00e8ne, biotope, grand habitat, habitat | Terme polys\u00e9mique | Terme vernaculaire courant qui a deux acceptions non synonymes ; d\\'une part il est synonyme d\\'habitat*, et d\u00e9signe un milieu de vie ; d\\'autre part, \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur d\\'int\u00e9gration (par le biais d\\'un saut quantique, qui fait passer du domaine de la biosph\u00e8re \u00e0 celui de la noosph\u00e8re), et dans la perspective de la m\u00e9diologie sensu Watsuji & Berque, le milieu est un concept philosphique, ontologique, d\u00e9signant l\\'espace de relation entre l\\'homme et la nature : le lieu de leur rencontre (par les sens, la connaissance, l\\'exp\u00e9rience, etc.).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips13','Terme pr\u00e9sentant de nombreuses acceptions parfois divergentes [en cours d\\'int\u00e9gration, nda] | Ici, le biome est un grand type d\\'habitat, r\u00e9current \u00e0 l\\'\u00e9chelle mondiale, qui associe un bio\u00e8ce* et un bioc\u00e8ne*. Il est le niveau de passage, par le biais d\\'un saut quantique, entre le monde du vivant et le monde de la g\u00e9ographie.'); <\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Cap au seuil|Sommaire rapide] Avant propos | espace | la vie | monde | les \u00e9cologies | c\u00e9nologie | sciences naturelles | interlude | protection de la nature | arbres | anthropoc\u00e8ne | catastrophe | herbier\/coquillier | ouverture : r\u00e9gions naturelles &nbsp; Terraqu\u00e9 le monde (2) &lt; Les deux (ou trois) \u00e9cologies &gt; Pour la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,14],"tags":[],"class_list":["post-686","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cap-au-seuil","category-textes"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/686","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=686"}],"version-history":[{"count":30,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/686\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1815,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/686\/revisions\/1815"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=686"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=686"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=686"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}