{"id":676,"date":"2021-02-21T11:06:27","date_gmt":"2021-02-21T10:06:27","guid":{"rendered":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/?p=676"},"modified":"2024-07-07T18:10:55","modified_gmt":"2024-07-07T16:10:55","slug":"l-arbre-qui-plantait-des-hommes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/l-arbre-qui-plantait-des-hommes\/","title":{"rendered":"L\u2019arbre qui plantait des hommes"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: xx-small;\"><b>[<em>Cap au seuil<\/em>|Sommaire rapide]<\/b> <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/avant-propos\/\">Avant propos<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-1-dans-lespace\/\">espace<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/la-vie\/\">la vie<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">monde<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/les-deux-ou-trois-ecologies\/\">les \u00e9cologies<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/pour-la-cenologie\/\"><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips4'>c\u00e9nologie<\/span><\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/sciences-naturelles-sciences-humaines-avec-emmanuel-catteau\/\">sciences naturelles<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/interlude\/\">interlude<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">protection de la nature<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/l-arbre-qui-plantait-des-hommes\/\">arbres<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lanthropocene-contre-lhomme-lecocentrisme-contre-la-nature\/\">anthropoc\u00e8ne<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lettre-a-ma-maman-sur-leffondrement\/\">catastrophe<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/mon-herbier-mon-coquillier\/\">herbier\/coquillier<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/ouverture-de-la-choreologie\/\">ouverture : r\u00e9gions naturelles<\/a><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">Nagoya mon amour<\/a> &lt; <strong>L&rsquo;homme qui plantait des hommes<\/strong> &gt; <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lanthropocene-contre-lhomme-lecocentrisme-contre-la-nature\/\">L&rsquo;anthropoc\u00e8ne contre l&rsquo;homme&#8230;<\/a><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #992699;\">Texte mis en ligne le 21 f\u00e9vrier 2021 et mis \u00e0 jour la derni\u00e8re fois le 23 mars 2022 (25 r\u00e9visions).<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p><i>Tu arriveras \u00e0 n\u2019\u00eatre plus qu\u2019une sorte de palpitation, et<\/i> <i>comme une plante humaine.<\/i><br \/>\nFlaubert, <i>Premi\u00e8re Tentation de saint Antoine<\/i><\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p><em>Je raffole de la botanique, cela ne fait qu\u2019empirer tous les jours. Je n\u2019ai plus que du foin dans la t\u00eate, je vais devenir plante moi-m\u00eame.<\/em><br \/>\nRousseau, <i>Lettre \u00e0 Duvernoy<\/i><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le narrateur de <i>L\u2019homme qui plantait<\/i> <i>des arbres<\/i>, de Jean Giono, entreprend une travers\u00e9e des \u00ab d\u00e9serts \u00bb de la Haute-Provence, \u00ab des landes nues et monotones \u00bb o\u00f9 ne \u00ab poussai[ent] que des lavandes sauvages \u00bb. \u00ab Apr\u00e8s trois jours de marche \u00bb, alors qu\u2019il se trouve \u00ab dans une d\u00e9solation sans exemple \u00bb, il manque d\u2019eau.<\/p>\n<blockquote><p>C\u2019\u00e9tait partout la m\u00eame s\u00e9cheresse, les m\u00eames herbes ligneuses. Il me sembla apercevoir dans le lointain une petite silhouette noire, debout. Je la pris pour le tronc d\u2019un arbre solitaire. \u00c0 tout hasard, je me dirigeai vers elle. C\u2019\u00e9tait un berger<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_1');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[1]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_1\" class=\"footnote_tooltip\"><i>L\u2019Homme qui plantait des arbres<\/i>, publi\u00e9 sous le titre <i>The man who planted trees<\/i>, in <i>Vogue<\/i>, du 15 mars 1954.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce passage se situe deux pages \u00e0 peine apr\u00e8s l\u2019incipit du conte qui, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, repr\u00e9sente pour beaucoup une esp\u00e8ce de manifeste \u00e9cologiste.<\/p>\n<p>Mais, avant de v\u00e9rifier sur quoi cette assertion est fond\u00e9e, il me semblait n\u00e9cessaire d\u2019introduire cette premi\u00e8re analogie (qui fait \u00e9cho au titre de ce texte) : le narrateur croise un berger (l\u2019homme qui plante des arbres) et le prend d\u00e8s l\u2019abord pour \u00ab le tronc d\u2019un arbre solitaire \u00bb.<\/p>\n<p>Il faut dire que l\u2019auteur re\u00e7oit, en 1953, cette commande d\u2019une nouvelle de la part du <i>Reader\u2019s Digest<\/i>, Giono a abord\u00e9 une nouvelle veine de son \u0153uvre : ce n\u2019est plus la nature personnifi\u00e9e, s\u00e9v\u00e8re, violente, magistrale et qui r\u00e8gle, dans la friction, le cours des choses humaines qu\u2019il glorifie, mais l\u2019homme qui entreprend un contact motiv\u00e9 envers le dehors ; ce n\u2019est plus l\u2019homme de la <i>Trilogie de Pan<\/i>, en proie aux puissances naturelles qui le d\u00e9passent, mais celui qui, soudainement, entre dans l\u2019histoire, de mani\u00e8re pas beaucoup plus harmonieuse sans doute, mais d\u2019un pas d\u00e9cid\u00e9, volontaire. La guerre, aussi, est pass\u00e9e par l\u00e0. Giono a \u00e9t\u00e9 inscrit sur la liste noire du Comit\u00e9 de Lib\u00e9ration. Le paganisme, en quelque sorte, a fait place \u00e0 une position plus ambigu\u00eb, celle d\u2019un humanisme qui, c\u2019est le fond de mon propos, ne correspond pas, en tout \u00e9tat de cause, \u00e0 l\u2019\u00e9cologisme actuel.<\/p>\n<p>Certes Giono n\u2019est pas communiste, et il se bat contre le nucl\u00e9aire sur le plateau d\u2019Albion : il voit les m\u00e9faits d\u2019un progr\u00e8s qui heurte, dans son esprit, les relents vivifiants de l\u2019ancien monde, moins celui d\u2019avant l\u2019homme que celui d\u2019avant le progr\u00e8s des machines, qui dessaisissent les capacit\u00e9s humaines, et le geste mill\u00e9naire de son outil le plus parfait, la main.<\/p>\n<p>Alors oui, en effet, ici l\u2019homme est associ\u00e9 \u00e0 une certaine habitude (pour ne pas dire atavisme) de destruction, mais pr\u00e9cis\u00e9ment est-il \u00e9galement capable du contraire, comme un dieu.<\/p>\n<p>Dans un autre texte de la \u00ab premi\u00e8re veine \u00bb (\u00ab panique \u00bb), intitul\u00e9e (comme le roman qui suivra) <i>Le chant du monde<\/i> (et publi\u00e9e dans le recueil de nouvelles <i>Solitude de la piti\u00e9<\/i>), Giono \u00e9crit :<\/p>\n<blockquote><p>Il faut, je crois, voir, aimer, comprendre, ha\u00efr l\u2019entourage des hommes, le monde d\u2019autour, comme on est oblig\u00e9 de regarder, d\u2019aimer, de d\u00e9tester profond\u00e9ment les hommes pour les peindre.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Le dehors et le dedans<\/h2>\n<p>Le dehors est, paradoxalement, le sujet de l\u2019\u00e9cologie ; paradoxalement, car <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00e9cologie<\/span> signifie pr\u00e9cis\u00e9ment logos de la maison. Le dehors c\u2019est la maison, mais une maison qui n\u2019est pas humaine. La maison de tout ce qui est. L\u2019habitat.<\/p>\n<p>L\u2019habitat a ses habitants : le vivant et le non-vivant, autre chose peut-\u00eatre, on ne sait pas ; dans le vivant, les grands \u00ab r\u00e8gnes \u00bb que sont les bact\u00e9ries (et arch\u00e9es), les plantes, les champignons, les animaux ; parmi les animaux, tout ce qui n\u2019est pas mammif\u00e8re (que cet ensemble int\u00e8gre ou non les vert\u00e9br\u00e9s) ; parmi les mammif\u00e8res, les hominid\u00e9s dont l\u2019homme.<\/p>\n<p>Sur le mod\u00e8le de l\u2019arbre donc, avec ses divisions ou plut\u00f4t ses ramifications, le vivant. Avec le temps, certaines modifications (des erreurs de copies provoqu\u00e9es ou non) s\u2019enracinent, c\u2019est l\u2019\u00e9volution. Celle-ci ne conna\u00eet aucune fin. Les diff\u00e9rentes branches de l\u2019arbre du vivant, pour la plupart, continuent de cro\u00eetre. J\u2019ai eu des nouvelles r\u00e9cemment des t\u00e9l\u00e9ost\u00e9ens, ce sont les derniers venus. Un peu avant, il y a quelques millions d\u2019ann\u00e9es, une orchid\u00e9e s\u2019est cass\u00e9e la gueule, une entr\u00e9e tr\u00e8s remarqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Le dehors est pr\u00e9cis\u00e9ment tout, mais tout n\u2019est jamais qu\u2019une partie du r\u00e9el. Il est l\u2019univers. Il y a toute une autre partie du r\u00e9el : le dedans.<\/p>\n<p>On le dit tout net : une maison c\u2019est un dedans, mais c\u2019est aussi un dehors. Une maison c\u2019est un dedans avec un dehors. Et encore, de mani\u00e8re provisoire (le temps d\u00e9fait tout). Une demeure. Un s\u00e9jour. Une <i>restance<\/i>.<\/p>\n<p>Cette pr\u00e9misse, pour qui ne l\u2019avait pas encore saisie des textes pr\u00e9c\u00e9dents, me para\u00eet importante, \u00e0 pr\u00e9sent que nous devons affronter le probl\u00e8me de l\u2019homme <i>vs<\/i> le reste du monde.<\/p>\n<blockquote><p>Les champs, les landes, les collines, les plages, les oc\u00e9ans, les vall\u00e9es dans les montagnes, les cimes \u00e9perdues frapp\u00e9es d\u2019\u00e9clairs et les orgueilleuses murailles de roches sur lesquelles le vent des hauteurs vient s\u2019\u00e9ventrer depuis les premiers \u00e2ges du monde : tout \u00e7a n\u2019est pas un simple spectacle pour nos yeux. C\u2019est une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00eatre vivants. Nous ne connaissons que l\u2019anatomie de ces belles choses vivantes, aussi humaines que nous, et si les myst\u00e8res nous limitent de toutes parts c\u2019est que nous n\u2019avons jamais tenu compte des psychologies telluriques, v\u00e9g\u00e9tales, fluviales et marines.<\/p><\/blockquote>\n<p>Voil\u00e0 bien le genre de belle d\u00e9claration qui pourrait nous faire d\u00e9river de notre cap, nous faire douter de notre but : ainsi donc l\u2019\u00e2me du monde palpite, et cens\u00e9ment nous irrigue, et nous inspire, nous fortifie.<\/p>\n<p>Or je crois pr\u00e9cis\u00e9ment que l\u2019\u00e9cueil o\u00f9 viennent se fracasser les vell\u00e9it\u00e9s \u00e9cologistes primaires, celles qui se d\u00e9dient \u00e0 la protection de la nature et s\u2019offrent au martyriat comme la premi\u00e8re recrue terroriste venue est pr\u00e9cis\u00e9ment ce manque de \u00ab r\u00e9solution \u00bb, au sens optique du terme, ce ratage de la mise au point.<\/p>\n<p>Tout cet ensemble est, nous dit Giono, \u00ab une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00eatres vivants \u00bb : la bioc\u00e9notique ne dit pas autre chose. Cette soci\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas un kolkhoze, ou un phalanst\u00e8re (m\u00eame \u00e0 Contadour, on dit que Giono ne croyait gu\u00e8re), on en convient, mais justement, une organisation a priori beaucoup plus complexe.<\/p>\n<p>L\u2019homme en est-il pour autant exclu ? Non : ces choses sont \u00ab aussi humaines que nous \u00bb. Cela veut dire : elles ont des sensations, des sentiments, une m\u00e9moire, un imaginaire, la raison ? Je ne le crois pas ; c\u2019est pratiquement l\u2019influence inverse qui est ici en jeu.<\/p>\n<blockquote><p>Il ne faut plus isoler le personnage-homme, l\u2019ensemencer des simples graines habituelles, mais le montrer tel qu\u2019il est, c\u2019est-\u00e0-dire travers\u00e9, imbib\u00e9, lourd et lumineux des effluves, des influences, du chant du monde.<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00eatre humain est lui-m\u00eame int\u00e9gr\u00e9 au sein de l\u2019organisation du vivant, en un mot, il fait partie de la cha\u00eene, c\u2019est une brique, un \u00e9l\u00e9ment, une part du monde. Il n\u2019est gu\u00e8re n\u00e9cessaire d\u2019insister sur sa <i>participation<\/i>.<\/p>\n<blockquote><p>Je sais bien qu\u2019on ne peut gu\u00e8re concevoir un roman sans l\u2019homme, puisqu\u2019il y en a dans le monde. Ce qu\u2019il faudrait, c\u2019est le mettre \u00e0 sa place, ne pas le faire le centre de tout, \u00eatre assez humble pour s\u2019apercevoir qu\u2019une montagne existe non seulement comme hauteur et largeur mais comme poids, effluves, gestes, puissance d\u2019envo\u00fbtement, paroles et sympathies.<\/p><\/blockquote>\n<p>C\u2019est bien cela : paroles et sympathies, ces formes \u00e9l\u00e9mentaires de l\u2019humanit\u00e9 (Giono est trop antique pour ne pas le savoir) : c\u2019est par elles que nous acc\u00e9dons aussi au monde, dont pourtant nous ne sommes pas s\u00e9par\u00e9s ; et pour cause : nous le nommons ! Ou, dit autrement, nous racontons des histoires. Et, cela, Giono ne le saurait pas ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>La cour des miracles<\/h2>\n<p>Je suis sorti du livre de Francis Hall\u00e9, <i>\u00c9loge de la plante<\/i>, aussi ravi qu\u2019abasourdi<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_2');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_2');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_2\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[2]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_2\" class=\"footnote_tooltip\">Le Seuil, 1999.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>. Enfin un botaniste pr\u00e9sentait de mani\u00e8re claire, sans id\u00e9ologie, les r\u00e9centes et principales avanc\u00e9es en mati\u00e8re de compr\u00e9hension de l\u2019\u00eatre v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<p>Comparaison n\u2019est pas raison, mais il faut souligner que le comparatisme peut au moins avoir valeur heuristique. Francis Hall\u00e9 fait donc l\u2019\u00e9loge du v\u00e9g\u00e9tal et, pour ce faire, pr\u00e9sente quelques diff\u00e9rences fondamentales entre les deux r\u00e8gnes, v\u00e9g\u00e9tal et animal<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_3');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_3');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_3\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[3]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_3\" class=\"footnote_tooltip\">On dira tout de suite : \u00ab vous faites du morphocentrisme (ou quelque chose dans ce genre) : vous parlez toujours des v\u00e9g\u00e9taux et des animaux, et jamais des bact\u00e9ries ou des champignons \u00bb. Ce&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_3');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p>\n<p>Je ne vais pas ici proc\u00e9der au r\u00e9sum\u00e9 d\u00e9taill\u00e9 de ce remarquable et n\u00e9cessaire ouvrage, mais simplement en souligner quelques id\u00e9es utiles pour mon propos.<\/p>\n<p>L\u2019auteur est un connaisseur des arbres, en particulier des arbres tropicaux. Il est courant de dire que si l\u2019on veut comprendre ce qu\u2019est un arbre, c\u2019est-\u00e0-dire un v\u00e9g\u00e9tal accompli, il est pr\u00e9f\u00e9rable de se rendre \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019\u00e9quateur. Les v\u00e9g\u00e9tations temp\u00e9r\u00e9es que nous connaissons sont tr\u00e8s appauvries, affaiblies par ce voyage, tr\u00e8s fragmentaires et r\u00e9duites. Quand on compte cinq \u00e0 dix mille esp\u00e8ces de v\u00e9g\u00e9taux en France m\u00e9tropolitaine, la for\u00eat amazonienne abrite pr\u00e8s de vingt mille esp\u00e8ces d\u2019arbres seulement ! Si nous trouvons dans la h\u00eatraie une vingtaine d\u2019esp\u00e8ces, nous sommes contents, dans la for\u00eat amazonienne la moyenne se situe plut\u00f4t autour de deux \u00e0 trois cents, et peut grimper jusqu\u2019\u00e0 cinq cents esp\u00e8ces \u00e0 l\u2019hectare.<\/p>\n<p>Mais ces chiffres ne doivent pas simplement nous impressionner : ils d\u00e9crivent un \u00e9tat de fait, ils ne doivent pas nous subjuguer au point de ne plus pouvoir penser (ou baisser les bras). Les plantes d\u00e9pendent du sol et du climat, dans le deux cas l\u2019Amazonie offre tout ce qui leur pla\u00eet.<\/p>\n<p>Francis Hall\u00e9 conna\u00eet donc bien la for\u00eat tropicale (sur trois continents) : il a de fait largement contribu\u00e9 \u00e0 la mission du radeau des cimes, \u00e0 partir de 1986<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_4');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_4');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_4\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[4]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_4\" class=\"footnote_tooltip\">Cf. <http :\/\/www.radeau-des-cimes.org\/radeau-des-cimes><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, et il a en particulier beaucoup travaill\u00e9 sur la morphologie des arbres (leur architecture, d\u00e9crivant une vingtaine de mod\u00e8les).<\/p>\n<p>La premi\u00e8re grande diff\u00e9rence entre plantes et autres organismes est que celles-ci sont <em>autotrophes<\/em> : elles ont trouv\u00e9 un moyen chimique et magique de transformer la lumi\u00e8re du soleil en sucre par la photosynth\u00e8se. ; cela leur permet de capter leur \u00ab nourriture \u00bb de mani\u00e8re plus ou moins passive : elles n\u2019ont pas besoin de se d\u00e9placer \u2013 la lumi\u00e8re \u00e9tant \u00e0 peu pr\u00e8s partout.<\/p>\n<p>En deuxi\u00e8me lieu, les plantes sont des \u00eatres \u00e0 la structure relativement simple, ce qui leur permet une certaine <em>plasticit\u00e9<\/em>, notamment au regard de leur d\u00e9veloppement. Ainsi peuvent-elles s\u2019abstraire de l\u2019une des fonctions qui para\u00eet \u00e9vidente du vivant (au point de le d\u00e9finir presque exclusivement et essentiellement) comme la reproduction ; la reproduction v\u00e9g\u00e9tative, en effet li\u00e9e \u00e0 la totipotence des cellules (qui se sp\u00e9cialisent tardivement), est en effet souvent mise en \u0153uvre (et par toutes les plantes), chose qu\u2019a bien s\u00fbr tr\u00e8s vite compris l\u2019homme (marcottage, bouturage, greffe).<\/p>\n<p>En troisi\u00e8me lieu, les plantes ont un d\u00e9veloppement int\u00e9gratif, la <em>r\u00e9it\u00e9ration<\/em>, qui leur conf\u00e8re cet aspect fractal : de fait, elles ne peuvent \u00eatre assimil\u00e9es \u00e0 un individu comme un animal : ce sont des \u00eatres coloniaires. Ce qui leur permet, l\u00e0 aussi, une r\u00e9sistance sans \u00e9gal.<\/p>\n<p>De fait, on peut tout \u00e0 fait conf\u00e9rer cette premi\u00e8re facult\u00e9 ontologique aux \u00eatres v\u00e9g\u00e9taux : ce sont des \u00eatres th\u00e9oriquement <em>immortels<\/em>.<\/p>\n<p>\u00c0 quoi Hall\u00e9 ajoute une deuxi\u00e8me facult\u00e9 ontologique : de par leur ancrage au sol, leur plasticit\u00e9 et leur structure coloniaire, les plantes sont extr\u00eamement puissantes ; mais dans le m\u00eame temps, \u00e0 cause de lui, elles sont incapables de fuir le danger, la dent de l\u2019herbivore ou la langue de l\u2019incendie : elles sont fondamentalement <em>immanentes<\/em>, elles assument (quand, \u00e9videmment, les animaux tendent vers la transcendance : ils vont voir ailleurs).<\/p>\n<p>Ceci a des r\u00e9percussions formelles \u00e9videntes, pour n\u2019en citer que deux : les plantes sont essentiellement des \u00eatres de la surface (surfaces destin\u00e9es \u00e0 capter du mieux possible tous les rais de lumi\u00e8re) quand les animaux sont des \u00eatres du volume (volume orient\u00e9, poss\u00e9dant la plupart du temps une t\u00eate et une queue, la t\u00eate \u00e9tant dot\u00e9e les organes sensoriels) ; l\u2019autre r\u00e9percussion est l\u2019appr\u00e9hension d\u2019un temps long (pour les d\u00e9placements par exemple), que les animaux ne peuvent toujours saisir.<\/p>\n<p><center><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-81-238x300.jpg\" alt=\"\" width=\"238\" height=\"300\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1367\" srcset=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-81-238x300.jpg 238w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-81-813x1024.jpg 813w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-81-768x968.jpg 768w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-81.jpg 973w\" sizes=\"auto, (max-width: 238px) 100vw, 238px\" \/>     <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-82-148x300.jpg\" alt=\"\" width=\"148\" height=\"300\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1368\" srcset=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-82-148x300.jpg 148w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-82-505x1024.jpg 505w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-82-768x1559.jpg 768w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-82-757x1536.jpg 757w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Cas-82.jpg 946w\" sizes=\"auto, (max-width: 148px) 100vw, 148px\" \/><\/center><\/p>\n<p>\u00c9videmment, comme avec tout ce qui touche au vivant, il y a des myriades d\u2019exceptions, mais le fait est l\u00e0. Que Francis Hall\u00e9, ensuite, conf\u00e8re aux plantes une facult\u00e9 d\u2019immortalit\u00e9 et d\u2019immanence ne doit pas nous faire croire qu\u2019il leur adjoint, du m\u00eame geste, une \u00e2me\u2026 des pouvoirs\u2026 pas plus qu\u2019il ne leur donne des sensations, des sentiments, ou m\u00eame un embryon de langage.<\/p>\n<p>Mais ! Mais toutefois, nous nous heurtons l\u00e0 au n\u0153ud gordien de notre question initiale : immortalit\u00e9 et immanence ? Ne sont-ce pas pr\u00e9cis\u00e9ment 1. des facult\u00e9s contradictoires, exclusives ? 2. typiquement humaines ? En effet aucun dieu \u2013 aucun \u00eatre immortel \u2013 ne saurait \u00eatre immanent, l\u2019immortalit\u00e9 m\u00eame \u00e9tant la transcendance ; enfin aucun dieu ni aucune autre transcendance ne saurait exister sans l\u2019existence de la part symbolique du langage, c\u2019est-\u00e0-dire la part humaine du physico-biologique. Nous sommes donc devant une aporie d\u2019explication : on ne peut d\u00e9crire comme immanente l\u2019immanence des v\u00e9g\u00e9taux ; ni immortelle leur immortalit\u00e9 ! L\u2019aporie du vivant d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e par ailleurs.<br \/>\nLes plantes n\u2019ont pas de nerf, pas de c\u0153ur, pas de cortex. Ce n\u2019est pas que cela leur fasse d\u00e9faut : elles se d\u00e9brouillent tr\u00e8s bien avec leurs racines, leurs m\u00e9rist\u00e8mes et leurs stomates. Confondre deux \u00e9tats d\u2019organisation rel\u00e8ve soit de la na\u00efvet\u00e9, soit d\u2019une intention sournoise.<\/p>\n<p>Ce que Francis Ponge traduit, justement, ainsi :<\/p>\n<blockquote><p>BIEN QUE L\u2019\u00caTRE V\u00c9G\u00c9TAL VEUILLE \u00caTRE D\u00c9FINI PLUT\u00d4T PAR SES CONTOURS ET PAR SES FORMES, J\u2019HONORERAI D\u2019ABORD EN LUI UNE VERTU DE SA SUBSTANCE : CELLE DE POUVOIR ACCOMPLIR SA SYNTH\u00c8SE AUX D\u00c9PENS SEULS DU <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips12'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips12'>milieu<\/span><\/span> INORGANIQUE QUI L\u2019ENVIRONNE. TOUT LE MONDE AUTOUR DE LUI N\u2019EST QU\u2019UNE MINE O\u00d9 LE PR\u00c9CIEUX FILON VERT PUISE DE QUOI \u00c9LABORER CONTIN\u00dbMENT SON PROTOPLASME, DANS L\u2019AIR PAR LA FONCTION CHLOROPHYLLIENNE DE SES FEUILLES, DANS LE SOL PAR LA FACULT\u00c9 ABSORBANTE DE SES RACINES QUI ASSIMILENT LES SELS MIN\u00c9RAUX. D\u2019O\u00d9 LA QUALIT\u00c9 ESSENTIELLE DE CET \u00caTRE, LIB\u00c9R\u00c9 \u00c0 LA FOIS DE TOUS SOUCIS DOMICILIAIRES ET ALIMENTAIRES PAR LA PR\u00c9SENCE \u00c0 SON ENTOUR D\u2019UNE RESSOURCE INFINIE D\u2019ALIMENTS :<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>L\u2019immobilit\u00e9<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_5');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_5');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_5\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[5]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_5\" class=\"footnote_tooltip\"><i>Le parti-pris des choses<\/i>, Gallimard, 1942.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Balance ton arbre<\/h2>\n<p>Si je fais ce d\u00e9tour par <i>\u00c9loge de la plante<\/i> c\u2019est parce qu\u2019on a vu appara\u00eetre, depuis quelques ann\u00e9es, une passion pour les \u00eatres v\u00e9g\u00e9taux, en en particulier les arbres. Hall\u00e9 avait d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 trait de son sujet f\u00e9tiche dans <i>Plaidoyer sur l\u2019arbre<\/i><span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_6');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_6');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_6\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[6]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_6\" class=\"footnote_tooltip\">Francis Hall\u00e9, <i>Plaidoyer pour l\u2019arbre<\/i>, Actes Sud, 2005.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>. En effet, les arbres fascinent, et avec eux, \u00e9videmment, les for\u00eats.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019un documentaire, n\u00e9 du succ\u00e8s de deux livres pratiquement contemporains, <i>La vie secr\u00e8te des arbres<\/i>, de Peter Wohlleben, et <i>L\u2019arbre entre visible et invisible<\/i>, d\u2019Ernst Z\u00fcrcher<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_7');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_7');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_7\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[7]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_7\" class=\"footnote_tooltip\">Peter Wohlleben, <i>La vie secr\u00e8te des arbres<\/i>, Les Ar\u00e8nes, 2017 ; Ernst Z\u00fcrcher, <i>L\u2019arbre entre visible et invisible<\/i>, Actes Sud, 2016.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, a connu un succ\u00e8s m\u00e9diatique incroyable : le premier de ces deux ouvrages, traduit en plus de quinze langues, vendu \u00e0 plus de deux millions d\u2019exemplaires, a repr\u00e9sent\u00e9 un v\u00e9ritable moment non seulement \u00e9ditorial mais aussi soci\u00e9tal du souci de la nature, de l\u2019attrait pour la biologie, les sciences naturelles, l\u2019\u00e9cologie.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas l\u2019intention ici de proc\u00e9der \u00e0 une lecture serr\u00e9e du livre et, comme pour <i>\u00c9loge de la plante<\/i>, j\u2019irai \u00e0 l\u2019essentiel ; il faudrait faire cette lecture serr\u00e9e, mais ce n\u2019est pas le lieu. Le livre a d\u2019ailleurs agit\u00e9 le milieu scientifique, dont on trouve une synth\u00e8se assez claire et compl\u00e8te sur le site de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d\u2019\u00e9cologie, qui donne trois lectures diff\u00e9rentes et compl\u00e9mentaires de l\u2019ouvrage et surtout des id\u00e9es qu\u2019il v\u00e9hicule<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_8');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_8');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_8\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[8]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_8\" class=\"footnote_tooltip\">https :\/\/www.sfecologie.org\/regard\/ro5-mars-2018-j-tassin-p-donadieu-aaf\/ : Jacques Tassin, Pierre Donadieu et l\u2019Acad\u00e9mie d\u2019agriculture de France, qui s\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs fendue d\u2019un&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_8');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p>\n<p>Il serait bien d\u00e9plac\u00e9 de ma part de critiquer ici l\u2019aspect hybride du texte, qui enveloppe dans une verve toute litt\u00e9raire un certain nombre de r\u00e9flexions scientifiques, fond\u00e9es, m\u00eame de loin. La force de l\u2019imaginaire, la puissance de la fiction, mais \u00e9galement la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9\u00e9quilibrer les sciences naturelles vers les sciences humaines, quand m\u00eame cette position serait inqui\u00e8te, et inconfortable.<\/p>\n<p>On se r\u00e9gale d\u2019ailleurs des textes qui parlent d\u2019\u00e9cologie, d\u2019habitats, d\u2019esp\u00e8ces, de d\u00e9r\u00e8glements ou d\u2019engagement lorsqu\u2019ils pr\u00e9sentent un jour clair quant \u00e0 leur pr\u00e9occupation rh\u00e9torique : les livres de Francis Hall\u00e9 en font partie ; avec d\u2019autres ouvrages tout aussi bien \u00e9crits et document\u00e9s, comme ceux d\u2019Anna Lowenhaupt Tsing ou de Samir Boum\u00e9diene<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_9');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_9');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_9\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[9]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_9\" class=\"footnote_tooltip\">Anna Lowenhaupt Tsing, Le champignon de la fin du monde, La D\u00e9couverte, 2017. ; Samir Boumediene, La colonisation du savoir. Une histoire des plantes m\u00e9dicinales du \u00ab Nouveau Monde \u00bb (1492-1750),&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_9');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_9').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_9', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> par exemple, on peut les consid\u00e9rer comme les grands livres de penseurs s\u2019inspirant de la nature, et nommant la nature, j\u2019entends les concepts et m\u00e9thodes actuels de l\u2019\u00e9cologie, mais aussi des philosophes qui le sont moins comme Bergson, Uexk\u00fcll, Heidegger, Watsuji, Merleau-Ponty, Berque les naturalistes \u00e9crivains comme \u00c9lie Reclus, \u00c9lis\u00e9e Reclus, Jean-Henri Fabre, et, c\u2019est l\u00e0 un point auquel il faut s\u2019entendre absolument, certains \u00e9crivains eux-m\u00eames qui, par les mots, disent la m\u00eame chose que l\u2019\u00e9cologie scientifique : Jean Giono, Francis Ponge, Jean-Loup Trassard, Antoine Volodine. L\u2019ar\u00e9opage peut sembler saugrenu.<\/p>\n<p>Une avanc\u00e9e \u00e9pist\u00e9mologique majeure aura lieu lorsqu\u2019on consid\u00e9rera avec la mesure adapt\u00e9e au d\u00e9mesur\u00e9 \u00e0 d\u00e9faut de l\u2019incommensurable, et avec la r\u00e9serve qui sied \u00e0 l\u2019apaisement d\u2019un d\u00e9bat qui, bien souvent, est pol\u00e9mique avec soi-m\u00eame plut\u00f4t qu\u2019avec l\u2019ennemi, lorsqu\u2019on consid\u00e9rera que certains po\u00e8tes, certains philosophes peuvent parler de la nature de mani\u00e8re aussi juste, aussi valide que ne le font certains scientifiques.<\/p>\n<p>Ainsi, c\u2019est rass\u00e9r\u00e9n\u00e9 sur ce point, anim\u00e9 d\u2019une ferveur renouvel\u00e9e que nous pouvons attaquer la lecture des livres qui parlent de nature. Lisant <i>La vie secr\u00e8te des arbres<\/i> nous pouvons nous demander quelle est l\u2019intention de son auteur. Ce point pas facile \u00e0 \u00e9tablir, puisque nous avons admis ne pas vouloir entrer dans l\u2019ex\u00e9g\u00e8se pointilleuse, mais quelques passages plus \u00e9pineux, relev\u00e9s dans la lecture l\u00e2che, me paraissent r\u00e9v\u00e9latrice : les arbres pensent, communiquent, s\u2019entraident, crient, etc. C\u2019est tout l\u2019outillage du plus basique anthropomorphisme qui est \u00e0 l\u2019\u0153uvre, sans nuance.<\/p>\n<blockquote><p>Quand on sait qu\u2019un arbre est sensible \u00e0 la douleur et a une m\u00e9moire, que des parents-arbres vivent avec leurs enfants, on ne peut plus les abattre sans r\u00e9fl\u00e9chir ni ravager leur environnement en lan\u00e7ant des bulldozers \u00e0 l\u2019assaut des sous-bois.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c9videmment, l\u2019id\u00e9e est d\u2019\u00e9loigner l\u2019arbre de l\u2019homme, qui est nocif <i>par nature<\/i>.<\/p>\n<blockquote><p>Les arbres qui ne sont pas d\u00e9rang\u00e9s livrent toujours plus de secret, en particulier ceux qui vivent dans les zones prot\u00e9g\u00e9es o\u00f9 ils sont \u00e0 l\u2019abri de toute intervention humaine.<\/p><\/blockquote>\n<p>Et pour cause :<\/p>\n<blockquote><p>Il existe tout de m\u00eame des \u00e9tudes <em>in situ<\/em> sur les arbres, notamment en mati\u00e8re d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau ; outre une modification de comportement, elles ont mis en lumi\u00e8re un autre ph\u00e9nom\u00e8ne extraordinaire : en cas de soif intense, les arbres commencent \u00e0 crier. Cependant vous n\u2019entendrez rien, car ces cris sont des ultrasons que l\u2019oreille humaine ne per\u00e7oit pas.<\/p><\/blockquote>\n<p>Wohlleben pousse l\u2019analogie entre plante et animal si loin qu\u2019il en vient \u00e0 d\u00e9vier les r\u00e9sultats de recherches scientifiques, par exag\u00e9ration conduisant \u00e0 de v\u00e9ritables apories pour n\u2019importe quel scientifique, puisqu\u2019elles tirent invariablement vers une id\u00e9ologie anti-humaine. Et comment ? Par un renversement rh\u00e9torique, en attribuant des facult\u00e9s animales ou humaines et des \u00eatres dont nous venons de voir qu\u2019ils se distinguaient pr\u00e9cis\u00e9ment et radicalement des animaux et a fortiori des humains.<\/p>\n<blockquote><p>Frantisek Baluska de l\u2019institut cellulaire et mol\u00e9culaire de l\u2019universit\u00e9 de Bonn pense en accord avec d\u2019autres de ses coll\u00e8gues que les points de racines sont \u00e9quip\u00e9s de dispositifs similaires \u00e0 un cerveau. Elles pr\u00e9sentent en effet outre un syst\u00e8me de transmission de signaux, des structures et d\u00e8s mol\u00e9cules que l\u2019on observe \u00e9galement chez les animaux\u2026<\/p>\n<p>En d\u00e9duire que les racines sont le si\u00e8ge d\u2019une intelligence, d\u2019une aptitude \u00e0 se souvenir et \u00e0 ressentir des \u00e9motions est vivement critiqu\u00e9 par une majorit\u00e9 d\u2019universitaires. Ils contestent le rapprochement avec des situations similaires chez les animaux, notamment parce qu\u2019il tend \u00e0 effacer la fronti\u00e8re entre monde v\u00e9g\u00e9tal et animal. Et alors ? Serait-ce si terrible ? La division entre v\u00e9g\u00e9tal et animal est un choix arbitraire essentiellement bas\u00e9 sur le mode de nutrition : l\u2019un pratique la photosynth\u00e8se, l\u2019autre ing\u00e8re des organismes vivants. La seule v\u00e9ritable diff\u00e9rence concerne le temps n\u00e9cessaire au traitement des informations puis \u00e0 leur transformation en actions. Mais les organismes lents sont-ils n\u00e9cessairement inf\u00e9rieurs aux organismes rapides ? Je me demande parfois si nous ne serions pas contraints de traiter les arbres et l\u2019ensemble des v\u00e9g\u00e9taux avec plus d\u2019\u00e9gards s\u2019il s\u2019av\u00e9rait sans contestation possible qu\u2019ils partagent de nombreuses facult\u00e9s avec les animaux.<\/p>\n<p>Mais revenons \u00e0 l\u2019importance de la souche. Il est possible qu\u2019elle soit le si\u00e8ge d\u2019une sorte de cerveau de l\u2019arbre. Une sorte de cerveau ? N\u2019est-ce pas un peu exag\u00e9r\u00e9 ? Peut-\u00eatre, cependant nous savons que les arbres peuvent apprendre et par cons\u00e9quent qu\u2019ils stockent des informations. Il faut bien qu\u2019il y ait quelque part dans leur organisme un lieu pour cela. Nous ignorons o\u00f9 ce quelque part se trouve, mais les racines seraient bien adapt\u00e9es.<\/p><\/blockquote>\n<p>Et ailleurs :<\/p>\n<blockquote><p>Les arbres ne sont pas les seuls \u00e0 communiquer ainsi entre eux ; les buissons, les gramin\u00e9es \u00e9changent aussi, et probablement toutes les esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales pr\u00e9sentes dans la communaut\u00e9 foresti\u00e8re. En revanche, d\u00e8s que l\u2019on p\u00e9n\u00e8tre dans une zone agricole, la v\u00e9g\u00e9tation devient tr\u00e8s silencieuse. La main de l\u2019homme a fait perdre aux plantes cultiv\u00e9es beaucoup de leur aptitude \u00e0 communiquer par voie souterraine ou a\u00e9rienne. Quasi muettes et sourdes, elles sont une proie facile pour les insectes. L\u2019utilisation massive de pesticides par l\u2019agriculture moderne trouve l\u00e0 une de ses explications. Les exploitants de terres agricoles gagneraient \u00e0 s\u2019inspirer du fonctionnement des for\u00eats et a laisser un peu de naturel r\u00e9investir les cultures de c\u00e9r\u00e9ales et de pommes de terre pour qu\u2019elles recouvrent la parole.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Romantique par nature<\/h2>\n<p>Comme ces auteurs n\u2019ont pas d\u2019autre objectif que de frapper l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait mal (ce sont des sentimentalistes, comme tous les romantiques), ils ne reculent pas devant des m\u00e9taphores que je ne saurais qualifier que d\u2019avilissantes \u2013 et pour le lecteur, et pour le langage, et surtout encore plus pour le monde vivant : \u00ab Les champignons sont en quelque sorte l\u2019Internet de la for\u00eat \u00bb, ou mieux encore \u00ab Une grande for\u00eat profonde est un immense supermarch\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Ainsi d\u00e9notent-ils d\u2019un vieux stratag\u00e8me que ne d\u00e9daigneraient pas l\u2019\u00e9cole d\u2019I\u00e9na, et tous leurs pr\u00e9curseurs comme tous les h\u00e9ritiers. D\u2019abord ils prennent acte de la diff\u00e9rence radicale qu\u2019il peut exister entre l\u2019animal et le v\u00e9g\u00e9tal ; au sein du monde animal, on constate une gradation identique, sur l\u2019\u00e9chelle de la diff\u00e9rence, par exemple :<\/p>\n<ul>\n<li>entre humains (sapiens) et singes : ils ont en commun d\u2019\u00eatre primates ;<\/li>\n<li>entre humains (domestiques) et grands mammif\u00e8res sauvages (l\u2019ours, le loup, le lion) ; ils ont en commun d\u2019\u00eatre pr\u00e9dateurs ;<\/li>\n<li>entre mammif\u00e8res et non mammif\u00e8res (reptiles, oiseaux, \u00e9ventuellement amphibiens) ; ils ont en commun d\u2019\u00eatre des t\u00e9trapodes ;<\/li>\n<li>entre t\u00e9trapodes et non t\u00e9trapodes (arthropodes, mollusques, vers) ; ils ont en commun d\u2019\u00eatre des animaux pluricellulaires ;<\/li>\n<li>entre animaux pluricellulaires et animaux monocellulaires (ou apparent\u00e9s) : amibes, bact\u00e9ries, \u00e9ventuellement virus ; ils ont en commun d\u2019\u00eatre des animaux (ou presque) ;<\/li>\n<li>entre animaux et champignons\/v\u00e9g\u00e9taux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bien entendu les classifications imaginaires prennent le pas sur la syst\u00e9matique ; une bact\u00e9rie est toujours plus proche de l\u2019homme qu\u2019un bolet, m\u00eame si le contraire est \u00ab plus juste \u00bb.<\/p>\n<p>Dans le monde imaginaire, ces \u00ab \u00eatres-en-regard \u00bb existent bien s\u00fbr aussi : le loup, l\u2019ours, la vouivre, le kraken, l\u2019hydre, que sais-je, mais ils fr\u00e9quentent aussi d\u2019autres exemplaires de la monstruosit\u00e9 : zombies, fant\u00f4mes, dro\u00efdes, et toutes les f\u00e9es et tous les elfes des fables.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e pr\u00e9gnante est que la diff\u00e9rence est une tare sociale : le po\u00e8te romantique s\u2019associe volontiers \u00e0 la figure du monstre, du <i>freak<\/i>, car il conna\u00eet son sentiment de solitude. (De la sorte, c\u2019est l\u2019individu qui est valoris\u00e9, au d\u00e9triment du groupe : c\u2019est un grand classique, un topos litt\u00e9raire, cin\u00e9matographique, et j\u2019en passe.)<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, un cran suppl\u00e9mentaire : cet \u00eatre si diff\u00e9rent n\u2019est pas si diff\u00e9rent. Dans sa difformit\u00e9, j\u2019y trouve une part de moi-m\u00eame.<br \/>\nEt c\u2019est ainsi que, port\u00e9 par un \u00e9lan romantique au sens classique du terme, ceux qui font du v\u00e9g\u00e9tal ce tout-autre radicalement diff\u00e9rent en viennent \u00e0 lui conf\u00e9rer des attributs humains, trop humains, au point non seulement de leur attribuer des facult\u00e9s strictement humaines (le langage articul\u00e9, fruit d\u2019une longue histoire \u00e9volutive et acc\u00e9l\u00e9rateur technique, lequel n\u2019est qu\u2019une esp\u00e8ce d\u2019actualisation dans le r\u00e9el de la sph\u00e8re symbolique propre \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine), mais aussi les aspirations que trahissent ces auteurs : internet\/supermarch\u00e9.<\/p>\n<p>On me dira que l\u2019analogie vaut pour sa port\u00e9e heuristique ; si tel \u00e9tait le cas, alors d\u2019un strict point de vue m\u00e9thodologique, l\u2019exercice est aussi p\u00e9rilleux qu\u2019il est inefficace<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_10');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_10');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_10\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[10]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_10\" class=\"footnote_tooltip\">Le classique Rhizome (Minuit, 1976, int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 L\u2019Anti-\u0152dipe en 1980) de Deleuze et Guattari est remarquable par ses lacunes botaniques ou zoologiques, ou plus exactement, comment une id\u00e9ologie&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_10');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_10').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_10', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>)). Apr\u00e8s le succ\u00e8s de ces livres, que n\u2019a-t-on pas entendu sur le langage des arbres et leur irr\u00e9sistible civilit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la recension de la SFE cit\u00e9e plus haut, Donadieu \u00e9voque une cause possible de ce romantisme, \u00e0 savoir la place importante de la for\u00eat et de l\u2019arbre dans l\u2019imaginaire des soci\u00e9t\u00e9s nordiques et germaniques, et \u00e9voque \u00e0 ce propos Yggdrasill des <i>Eddas<\/i>, l\u2019arbre qui porte les neuf mondes (dont le monde des humains et celui des dieux)\u2026 (qu\u2019on retrouve avec les arbres de Palinor ou les Ents chez Tolkien, le Saule Cogneur de Harry Potter, ou les barrals du <i>Tr\u00f4ne de fer<\/i>). Qui a eu l\u2019occasion de voyager dans ces contr\u00e9es ne peut rester insensible \u00e0 l\u2019\u00e9tendue de la for\u00eat et \u00e0 la place \u00e9minente de l\u2019arbre (comme du bois d\u2019ailleurs) dans les cultures du nord ; il n\u2019emp\u00eache qu\u2019on trouve aussi des arbres mythiques dans d\u2019autres cultures, qu\u2019on songe \u00e0 l\u2019olivier ou au figuier en M\u00e9diterran\u00e9e, au baobab en Afrique, etc., sans parler du pommier d\u2019Adam et Eve. L\u2019argument me para\u00eet un peu court ; Tassin, lui, insiste sur la part subjective du discours, indiquant que la biologie avait rejoint les sciences formelles (chapitre 6), mais ne semble pas s\u2019en \u00e9mouvoir : il a lui-m\u00eame contribu\u00e9 \u00e0 ce corpus des arbres qui a envahi les \u00e9tals des librairies.<\/p>\n<p>Je pense au contraire que c\u2019est une bonne occasion, ce d\u00e9tour par la sensibilit\u00e9, non seulement pour avilir l\u2019\u00eatre humain, et ce dans le mouvement actuel de d\u00e9boulonnage des valeurs occidentales \u2013 et qui est un pas politique, celui du lib\u00e9ralisme \u00e0 tout crin, avec pour effet d\u2019\u00e9cho radical (et fallacieux) de r\u00e9appropriation directe : soumission, propriation, capitalisation.<\/p>\n<p>C\u2019est terrible et triste : il n\u2019y a plus d\u2019alt\u00e9rit\u00e9 quand les fronti\u00e8res sont tomb\u00e9es, les diff\u00e9rences gomm\u00e9es. Pire, l\u2019\u00ab \u00e9ducation \u00e0 l\u2019environnement \u00bb devient une explication qui \u00e9chappe alors \u00e0 toute m\u00e9dialit\u00e9 ; la science naturelle perd tout son savoir-faire herm\u00e9neutique, puisque celui-ci n\u2019est pas scientifique et juste bon pour les fables, tandis que la force imaginaire de la narration s\u2019\u00e9puise \u00e0 \u00e9viter toute perspective critique. En somme tout le monde est perdant sur tous les tableaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>L\u2019aveuglement des racines<\/h2>\n<p>Et ce n\u2019est pas tout, la philosophie s\u2019en m\u00eale et, en d\u00e9pit de tout enracinement (sans jeu de mot) herm\u00e9neutique, voil\u00e0 que l\u2019arbre devient un mythe, philosophique cette fois, pour d\u00e9noncer les imp\u00e9rities du monde humain. On sait qu\u2019\u00e0 chaque fois qu\u2019un chevalier blanc se l\u00e8ve, il produit avec lui un grand tourbillon de brumes qui emb\u00e2cle l\u2019esprit critique.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 deux penseurs italiens qui montent dans le train : Stefano Mancuso, auteur de <i>L\u2019intelligence des plantes<\/i>, et Emanuele Cocia, de <i>La vie des plantes<\/i><span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_11');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_676_1('footnote_plugin_reference_676_1_11');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_676_1_11\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[11]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_676_1_11\" class=\"footnote_tooltip\">Emanuele Cocia, <i>La vie des plantes, une m\u00e9taphysique du m\u00e9lange<\/i>, Payot et Rivages, 2016 ; Stefano Mancuso &amp; Alessandra Viola, <i>L\u2019intelligence des plantes<\/i>, Albin Michel, 2018.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_676_1_11').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_676_1_11', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>. Dans les deux cas, c\u2019est ce qui est paradoxal, on s\u2019appuie sur des connaissances solides, et la recherche est s\u00e9rieuse \u2013 elle ne tombe pas dans les pi\u00e8ges grossiers des auteurs cit\u00e9s ci-dessus. Mais au final, qu\u2019apprend-on ? Que les plantes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9daign\u00e9es dans l\u2019imaginaire comme dans la philosophie ? Que le futur sera \u00ab bioinspir\u00e9 \u00bb  ? Que les plantes coop\u00e8rent et s\u2019entraident ? Qu\u2019elles sentent et qu\u2019elles pensent ? Oui, mais pas seulement : en quelque sorte \u2013 et c\u2019est l\u2019aboutissement du processus d\u2019acculturation, en v\u00e9rit\u00e9, qu\u2019elles portent la v\u00e9rit\u00e9 qui convient aux actes humains.<\/p>\n<blockquote><p>La fleur est la forme paradigmatique de la rationalit\u00e9 : penser, c\u2019est toujours s\u2019investir dans la sph\u00e8re des apparences, non pour en exprimer une int\u00e9riorit\u00e9 cach\u00e9e, ni pour parler, dire quelque chose, mais pour mettre en communication des \u00eatres diff\u00e9rents. (Cocia)<br \/>\nLe calme qui nous envahit en leur compagnie (v\u00e9g\u00e9taux) est peut-\u00eatre l\u2019\u00e9cho d\u2019une conscience ancestrale que la verdure renferme tout ce dont nous avons besoin et toutes nos possibilit\u00e9s de survie. Aujourd\u2019hui comme hier. (Mancuso)<\/p><\/blockquote>\n<p>Heureusement qu\u2019il se trouve d\u2019autres chercheurs, comme Paolo D\u2019Angelo (puisque le camp est alors italien) peut-\u00eatre moins m\u00e9diatiques, mais tout aussi solides en tout cas, pour remettre les hormones des penseurs \u00e0 leur place ; ironie du sort, celui-ci est philosophe, et sp\u00e9cialiste d\u2019esth\u00e9tique et de paysage.<\/p>\n<p>Avec lui nous comprenons l\u2019urgence de ne pas oublier que le monde animal est tout aussi vari\u00e9 (en formes et en couleurs) que le monde v\u00e9g\u00e9tal ; que la coop\u00e9ration existe partout mais le plus souvent elle existe par pulsion de vie, plus que pas collectivisme ; que la nature, en somme, tout comme le vivant, existe \u00e0 la fois en l\u2019homme <i>et<\/i> hors de l\u2019homme, par lui <i>et<\/i> sans lui, pour <i>et<\/i> contre lui ; il n\u2019y a pas plus d\u2019effet de conscience que d\u2019effet de justice ; j\u2019ajouterai m\u00eame, pour ce qui me concerne, que le fondement de l\u2019\u00e9cologie est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019\u00e9tude de la relation entre les \u00eatre vivants, d\u00e9prise de toute axiologique. Parce que d\u2019Angelo le note bien : derri\u00e8re ces analogies fort s\u00e9duisantes, se cachent souvent, peut-\u00eatre inconsciemment, un antihumanisme teint\u00e9 de darwinisme social, et \u2013 et c\u2019est pire que tout pour moi \u2013 une morale vaguement catholique, toujours aveuglement pieuse, doucereusement autoritaire.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat, malheureusement, est une hyst\u00e9risation du d\u00e9bat, qui d\u00e9tourne de ce que disait justement Ernst Z\u00fcrcher, qui, s\u2019il compare la s\u00e8ve et son mouvement au pouls animal, affirme par ailleurs que \u00ab l\u2019homme n\u2019a pas fatalement un impact destructeur sur la nature \u2013 il est aussi capable de s\u2019y ins\u00e9rer et d\u2019y agir dans une sorte de \u201cpartenariat\u201d constructif et dynamisant, \u00e0 condition d\u2019en avoir compris les principes de fonctionnement et d\u2019en tenir compte. \u00bb Encore qu\u2019il faudrait expliquer la nature de cet \u00e9trange \u00ab partenariat \u00bb. Mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019attitude qu\u2019il convient de porter, c\u2019est d\u2019ailleurs la m\u00eame chose, en politique, sur tous les sujets.<\/p>\n<p>On voit bien le retournement qu\u2019il s\u2019est produit depuis Giono. Plus personne aujourd\u2019hui ne se permettrait d\u2019\u00e9crire ceci, que je d\u00e9pose en hommage au vivant.<\/p>\n<blockquote><p>Quand on se souvenait que tout \u00e9tait sorti des mains et de l\u2019\u00e2me de cet homme, sans moyens techniques, on comprenait que les hommes pourraient \u00eatre aussi efficaces que Dieu dans d\u2019autres domaines que la destruction.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: xx-small;\"><b>[<em>Cap au seuil<\/em>|Sommaire rapide]<\/b> <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/avant-propos\/\">Avant propos<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-1-dans-lespace\/\">espace<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/la-vie\/\">la vie<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">monde<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/les-deux-ou-trois-ecologies\/\">les \u00e9cologies<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/pour-la-cenologie\/\">c\u00e9nologie<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/sciences-naturelles-sciences-humaines-avec-emmanuel-catteau\/\">sciences naturelles<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/interlude\/\">interlude<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">protection de la nature<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/l-arbre-qui-plantait-des-hommes\/\">arbres<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lanthropocene-contre-lhomme-lecocentrisme-contre-la-nature\/\">anthropoc\u00e8ne<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lettre-a-ma-maman-sur-leffondrement\/\">catastrophe<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/mon-herbier-mon-coquillier\/\">herbier\/coquillier<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/ouverture-de-la-choreologie\/\">ouverture : r\u00e9gions naturelles<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">Nagoya mon amour<\/a> &lt; <strong>L&rsquo;homme qui plantait des hommes<\/strong> &gt; <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lanthropocene-contre-lhomme-lecocentrisme-contre-la-nature\/\">L&rsquo;anthropoc\u00e8ne contre l&rsquo;homme&#8230;<\/a><\/p>\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_676_1();\">References<\/span><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_676_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_676_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_676_1\" style=\"\"><table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"><caption class=\"accessibility\">References<\/caption> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_1');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_1\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>1<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\"><i>L\u2019Homme qui plantait des arbres<\/i>, publi\u00e9 sous le titre <i>The man who planted trees<\/i>, in <i>Vogue<\/i>, du 15 mars 1954.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_2');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_2\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>2<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Le Seuil, 1999.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_3');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_3\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>3<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">On dira tout de suite : \u00ab vous faites du morphocentrisme (ou quelque chose dans ce genre) : vous parlez toujours des v\u00e9g\u00e9taux et des animaux, et jamais des bact\u00e9ries ou des champignons \u00bb. Ce n\u2019est pas faux, mais non seulement Hall\u00e9 d\u00e9samorce cette critique, nous pouvons facilement indiquer que : bact\u00e9ries et champignons sont peut-\u00eatre moins faciles d\u2019acc\u00e8s, par exemple \u00e0 la repr\u00e9sentation, qu\u2019ils sont en quelque sorte moins connus\u2026 pour les bact\u00e9ries, ce n\u2019est pas faux, ou alors cette connaissance d\u00e9passe de loin nos capacit\u00e9s de non-sp\u00e9cialistes ; pour les champignons on a une image tr\u00e8s partielle de cet \u00eatre lui aussi fascinant (on y reviendra) France ; mais grosso modo, on pourrait dire que le champignon se situe \u00e0 mi-chemin entre la plante et l\u2019animal. Cela ne r\u00e8gle pas la question, mais \u00e7a permet de contourner le probl\u00e8me : pour certaines \u00ab fonctions \u00bb il agit comme un v\u00e9g\u00e9tal, pour d\u2019autres, comme un animal. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u00e0 toute la sp\u00e9cificit\u00e9 du r\u00e9el (vivant ou non-vivant) : un continuum qu\u2019on peut s\u00e9parer en unit\u00e9s discr\u00e8tes. D\u2019ailleurs sur le sol, en g\u00e9n\u00e9ral, comme <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips1'>\u00e9cosyst\u00e8me<\/span> et <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'>habitat<\/span><\/span> d\u2019une biodiversit\u00e9 m\u00e9connue (et pi\u00e9tin\u00e9e), voir l\u2019excellent Marc-Andr\u00e9 Selosse, <i>L\u2019origine du monde<\/i>, Actes Sud, 2021.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_4');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_4\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>4<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Cf. <http :\/\/www.radeau-des-cimes.org\/radeau-des-cimes><\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_5');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_5\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>5<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\"><i>Le parti-pris des choses<\/i>, Gallimard, 1942.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_6');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_6\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>6<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Francis Hall\u00e9, <i>Plaidoyer pour l\u2019arbre<\/i>, Actes Sud, 2005.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_7');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_7\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>7<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Peter Wohlleben, <i>La vie secr\u00e8te des arbres<\/i>, Les Ar\u00e8nes, 2017 ; Ernst Z\u00fcrcher, <i>L\u2019arbre entre visible et invisible<\/i>, Actes Sud, 2016.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_8');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_8\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>8<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">https :\/\/www.sfecologie.org\/regard\/ro5-mars-2018-j-tassin-p-donadieu-aaf\/ : Jacques Tassin, Pierre Donadieu et l\u2019Acad\u00e9mie d\u2019agriculture de France, qui s\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs fendue d\u2019un savoureux communiqu\u00e9 de mise en garde aux lecteurs, coll\u00e8gues et chercheurs.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_9');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_9\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>9<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Anna Lowenhaupt Tsing, <i>Le champignon de la fin du monde, <\/i>La D\u00e9couverte, 2017. ; Samir Boumediene, <em>La colonisation du savoir. Une histoire des plantes m\u00e9dicinales du \u00ab Nouveau Monde \u00bb (1492-1750), <\/em>Des Mondes \u00e0 Faire, 2016.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_10');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_10\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>10<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Le classique <i>Rhizome<\/i> (Minuit, 1976, int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 <i>L\u2019Anti-\u0152dipe<\/i> en 1980) de Deleuze et Guattari est remarquable par ses lacunes botaniques ou zoologiques, ou plus exactement, comment une id\u00e9ologie peut tirer \u00e0 elle des connaissances scientifiques, en les d\u00e9naturant au besoin<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_676_1('footnote_plugin_tooltip_676_1_11');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_676_1_11\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>11<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Emanuele Cocia, <i>La vie des plantes, une m\u00e9taphysique du m\u00e9lange<\/i>, Payot et Rivages, 2016 ; Stefano Mancuso &amp; Alessandra Viola, <i>L\u2019intelligence des plantes<\/i>, Albin Michel, 2018.<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_676_1() { jQuery('#footnote_references_container_676_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_676_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_676_1() { jQuery('#footnote_references_container_676_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_676_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_676_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_676_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_676_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_676_1(); } } function footnote_moveToReference_676_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_676_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_676_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_676_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }<\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips1','D\u00e9finition originelle, de Arthur Tansley 1935\u00a0: association entre un biotope* et une bioc\u00e9nose*, mais cette d\u00e9finition, n\u00e9e en contradiction avec les travaux de phytog\u00e9ographes ou phytoc\u00e9nologues, ne peut \u00eatre conserv\u00e9e, dans une optique c\u00e9nologique ; en outre dans cette optique, \u00e9cosyst\u00e8me est tant\u00f4t synonyme de biome* (ou formation*) ou de bioc\u00e8ne* (grand type d\\'habitat, indissociable du bio\u00e8ce*) : le mot est proscrit\u00a0| Un \u00e9cosyst\u00e8me est une entit\u00e9 de niveau variable (global \u00e0 local) qui est une esp\u00e8ce de super- ou m\u00e9taorganisme limit\u00e9 par des fronti\u00e8res, lesquelles sont poreuses (comme le sont les fronti\u00e8res du vivant), et au sein duquel un groupement* d\u2019esp\u00e8ces interagit, notamment pour des \u00e9changes de mati\u00e8re et d\u2019\u00e9nergie, mais pas seulement\u00a0; le cas d\u2019\u00e9tude (qui sont aussi des cas limite, car ils sont sp\u00e9cialement clos) est le lac (Lindeman, Cowles) | Voir absolument <em><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>Ecologie<\/span>*<\/em>, <em><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>Ecobioc\u00e9notique<\/span>*<\/em>'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips4','La <strong>c\u00e9nologie<\/strong>, synonyme partiel d\\'<strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00c9cobioc\u00e9notique<\/span>*<\/strong>, est la science qui, au sein de l\\'\u00e9cologie* (au sens actuel, flou) s\\'int\u00e9resse particuli\u00e8rement aux groupements <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00e9cologiques<\/span> d\\'esp\u00e8ces ; ces groupements sont \u00e9cologiques, c\\'est-\u00e0-dire qu\\'ils ne sont ni phylog\u00e9n\u00e9tiques (ou familiaux), ni simplement morphologiques, ni strictement fonctionnels. En v\u00e9rit\u00e9 ils sont \u00e9videmment <i>aussi<\/i> ceux-l\u00e0, puisque l\\'\u00e9cologie est une science holistique (Vincent 2021). La description, la d\u00e9nomination et la classification de ces groupements* sont son domaine d\\'intervention. Ceux-ci touchent tous les \u00eatres vivants, les grands \"r\u00e8gnes\" classiques : bact\u00e9ries, plantes (phytoc\u00e9noses > phytoc\u00e9nologie = phytosociologie*) et animaux (zooc\u00e9nologie). La c\u00e9nologie concerne la biosph\u00e8re* ; lorsque le sujet d\\'\u00e9tude touche \u00e9galement \u00e0 la g\u00e9osph\u00e8re*, on parlerait plus volontiers de biog\u00e9ographie* ; lorsqu\\'il touche \u00e9galement aux affaires humaines (terroir, agriculture, paysage, urbanisme), \u00e0 la noosph\u00e8re*, on entre dans un autre domaine encore, que je d\u00e9nomme prop parte ici chor\u00e9ologie* (science du territoire*).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips6','<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> est le terme pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : science dont l\u2019objet est traditionnellement la relation du monde physico-chimique (inerte) avec les \u00eatres vivants, et des \u00eatres vivants entre eux. | <strong>Ecologie :<\/strong> litt\u00e9ralement le discours sur l\u2019<em>oikos<\/em> = la maison\u00a0; il y aurait une \u00e9tendue ou un volume, et des fronti\u00e8res\u00a0; c\u2019est l\u2019histoire racont\u00e9e dans ces pages\u00a0: des d\u00e9ambulations dans l\u2019\u00e9tendue ou le volume, ou \u00e0 travers les fronti\u00e8res. C\u2019est le sens du <em>cap au seuil<\/em> | Selon Jean-Antoine Rioux 1958, l\\'<strong>\u00e9cologie<\/strong> poss\u00e8de deux grands domaines : l\\'<strong>\u00e9cologie m\u00e9sologique<\/strong>, la science du milieu* (ou <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'>bio\u00e8ce<\/span><\/span>*\/<span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips9'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips9'>biotope<\/span><\/span><\/span><\/span>*) et l\\'<strong>\u00e9cologie \u00e9thologique<\/strong>, qui s\\'int\u00e9resse aux organismes (<span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'>bioc\u00e8ne<\/span><\/span><\/span>*\/<span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'>bioc\u00e9nose<\/span><\/span>). Ces deux sous-domaines formeraient <i>toute<\/i> donc \u00e0 l\\'\u00e9cologie, mais le sens courant et actuel du terme, par le truchement du terme en vogue \"ecosyst\u00e8me*\", met essentiellement l\\'accent sur le premier domaine ; en r\u00e9alit\u00e9 l\\'\u00e9cobioc\u00e9nologie ne peut se passer de l\\'une ni de l\\'autre. Nous sommes donc aujourd\\'hui dans une impasse \u00e9pist\u00e9mologique, ou tout du moins dans un d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9pist\u00e9mologique, chose rare et \u00e9trange. | Selon Roger Molonier et Pierre Vignes 1971, \"L\\'<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> r\u00e9sulte de la confluence de deux grands courants scientifiques [...] Elle repr\u00e9sente l\\'aboutissement des sciences naturelles dites \"de terrain\" [...] elle ne saurait \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e un jour par une discinpline plus vaste. Elle constitue une limite vers laquelle tendent asymptotiquement, volontairement ou non, tous les efforts des naturalistes qui se vouent \u00e0 l\\'\u00e9tude du milieu.\" | L\\'\u00e9cologie n\\'est pas une science normale au sens de Kuhn+, mais une science complexe (sensu non-Morin+), qui s\\'adosse \u00e0 d\\'autres domaines du savoir : la g\u00e9ographie et la biologie, la syst\u00e9matique et la taxonomie, mais aussi la physique et la chimie, la climatologie, et bien entendue l\\'anthropologie et la sociologie, ainsi que la politique. | (Tout ce qui concerne le d\u00e9veloppement durable, la biodiversit\u00e9, l\\'\u00e9conomie verte, etc., bref tout ce qui int\u00e9resse de pr\u00e8s ou de loin l\\'\u00e9cologie politique rel\u00e8ve d\\'un autre domaine de l\\'\u00e9cologie comme science : histoire, politique, id\u00e9ologie, anthropomorphisme, \u00e9cocentrisme, anthropoc\u00e9nologie, catastrophologie ; elles ne nous int\u00e9ressent ici qu\\'\u00e0 la marge, ou par d\u00e9faut.)'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips10','Synonyme partiel de biochore*, biome*, bio\u00e8ce*, bioc\u00e8ne*, biotope*, grand habitat*, milieu* | Terme vernaculaire qui ne permet pas toujours la pr\u00e9cision, mais qui est extr\u00eamement pratique et parlant : l\\'habitat est le milieu de vie, la portion d\\'espace o\u00f9 se d\u00e9veloppe la vie, sous quelque forme que ce soit. Si l\\'on parle de population*, on pr\u00e9f\u00e8rera le terme de territoire ; si on parle de c\u00e9nose*, celui de biome* ou bio\u00e8ce*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips10','Synonyme partiel de biochore*, biome*, bio\u00e8ce*, bioc\u00e8ne*, biotope*, grand habitat*, milieu* | Terme vernaculaire qui ne permet pas toujours la pr\u00e9cision, mais qui est extr\u00eamement pratique et parlant : l\\'habitat est le milieu de vie, la portion d\\'espace o\u00f9 se d\u00e9veloppe la vie, sous quelque forme que ce soit. Si l\\'on parle de population*, on pr\u00e9f\u00e8rera le terme de territoire ; si on parle de c\u00e9nose*, celui de biome* ou bio\u00e8ce*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips12','Synonyme partiel de biochore, bio\u00e8ce, bioc\u00e8ne, biotope, grand habitat, habitat | Terme polys\u00e9mique | Terme vernaculaire courant qui a deux acceptions non synonymes ; d\\'une part il est synonyme d\\'habitat*, et d\u00e9signe un milieu de vie ; d\\'autre part, \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur d\\'int\u00e9gration (par le biais d\\'un saut quantique, qui fait passer du domaine de la biosph\u00e8re \u00e0 celui de la noosph\u00e8re), et dans la perspective de la m\u00e9diologie sensu Watsuji & Berque, le milieu est un concept philosphique, ontologique, d\u00e9signant l\\'espace de relation entre l\\'homme et la nature : le lieu de leur rencontre (par les sens, la connaissance, l\\'exp\u00e9rience, etc.).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips12','Synonyme partiel de biochore, bio\u00e8ce, bioc\u00e8ne, biotope, grand habitat, habitat | Terme polys\u00e9mique | Terme vernaculaire courant qui a deux acceptions non synonymes ; d\\'une part il est synonyme d\\'habitat*, et d\u00e9signe un milieu de vie ; d\\'autre part, \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur d\\'int\u00e9gration (par le biais d\\'un saut quantique, qui fait passer du domaine de la biosph\u00e8re \u00e0 celui de la noosph\u00e8re), et dans la perspective de la m\u00e9diologie sensu Watsuji & Berque, le milieu est un concept philosphique, ontologique, d\u00e9signant l\\'espace de relation entre l\\'homme et la nature : le lieu de leur rencontre (par les sens, la connaissance, l\\'exp\u00e9rience, etc.).'); <\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Cap au seuil|Sommaire rapide] Avant propos | espace | la vie | monde | les \u00e9cologies | c\u00e9nologie | sciences naturelles | interlude | protection de la nature | arbres | anthropoc\u00e8ne | catastrophe | herbier\/coquillier | ouverture : r\u00e9gions naturelles &nbsp; Nagoya mon amour &lt; L&rsquo;homme qui plantait des hommes &gt; L&rsquo;anthropoc\u00e8ne contre l&rsquo;homme&#8230; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,14],"tags":[],"class_list":["post-676","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cap-au-seuil","category-textes"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/676","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=676"}],"version-history":[{"count":25,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/676\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1781,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/676\/revisions\/1781"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=676"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=676"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=676"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}