{"id":206,"date":"2019-03-16T10:01:18","date_gmt":"2019-03-16T09:01:18","guid":{"rendered":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/?p=206"},"modified":"2025-08-30T18:46:59","modified_gmt":"2025-08-30T16:46:59","slug":"avant-propos","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/avant-propos\/","title":{"rendered":"Avant-propos. Le mauvais \u00e9cologue"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: xx-small;\"><b>[<em>Cap au seuil<\/em>|Sommaire rapide]<\/b> <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/avant-propos\/\">Avant propos<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-1-dans-lespace\/\">espace<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/la-vie\/\">la vie<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">monde<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/les-deux-ou-trois-ecologies\/\">les \u00e9cologies<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/pour-la-cenologie\/\"><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips4'>c\u00e9nologie<\/span><\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/sciences-naturelles-sciences-humaines-avec-emmanuel-catteau\/\">sciences naturelles<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/interlude\">interlude<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">protection de la nature<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/l-arbre-qui-plantait-des-hommes\/\">arbres<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lanthropocene-contre-lhomme-lecocentrisme-contre-la-nature\/\">anthropoc\u00e8ne<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lettre-a-ma-maman-sur-leffondrement\/\">catastrophe<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/mon-herbier-mon-coquillier\/\">herbier\/coquillier<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/ouverture-de-la-choreologie\/\">ouverture : r\u00e9gions naturelles<\/a><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Avant-propos<\/strong> &gt; <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-1-dans-lespace\/\">Terraqu\u00e9 le monde (1)<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #992699;\">Texte mis en ligne le 16 mars 2019, derni\u00e8re mise \u00e0 jour fois 30 ao\u00fbt 2025 (66 r\u00e9visions).<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><i>Je me repr\u00e9sente la vaste enceinte des sciences comme un grand terrain parsem\u00e9 de places obscures et de places \u00e9clair\u00e9es. Nos travaux doivent avoir pour but, ou d\u2019\u00e9tendre les limites des places \u00e9clair\u00e9es, ou de multiplier sur le terrain les centres de lumi\u00e8res. L\u2019un appartient au g\u00e9nie qui cr\u00e9e\u00a0; l\u2019autre \u00e0 la sagacit\u00e9 qui perfectionne.<\/i><br \/>\nDiderot, <i>Pens\u00e9es sur l\u2019interpr\u00e9tation de la nature<\/i>, XV<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Soit, je serais un mauvais \u00e9cologue.<\/p>\n<p>Notre \u00e9poque a plac\u00e9 tr\u00e8s haut les exigences <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00e9cologiques<\/span>, intim\u00e9s aussi bien aux institutions qu&rsquo;aux particuliers, et il devient difficile, aujourd&rsquo;hui, de ne pas trouver, dans les m\u00e9dias, les publicit\u00e9s, les discours des uns et des autres, de r\u00e9f\u00e9rences aux grandes \u00ab\u00a0cat\u00e9gories\u00a0\u00bb qui se rapportent, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, \u00e0 l&rsquo;<span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00e9cologie<\/span> : d\u00e9veloppement durable, tri s\u00e9lectif, \u00e9nergies renouvelables, \u00e9rosion de la biodiversit\u00e9, agriculture biologique, r\u00e9chauffement climatique et j&rsquo;en passe et des meilleures, tous ces th\u00e8mes, chapeaut\u00e9s par le m\u00e9ta concept de transition <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00e9cologique<\/span>, tous ces sujets, qui forment une partie d\u00e9mesur\u00e9e de nos d\u00e9bats, n&rsquo;int\u00e9ressent pourtant l&rsquo;\u00e9cologie, telle que je la con\u00e7ois, que de mani\u00e8re au mieux marginale.<\/p>\n<p>Avec la politique oui : ces th\u00e8mes sont des th\u00e8mes politiques ; avec l&rsquo;\u00e9conomie, oui : la politique est en partie une \u00e9conomique, et ces th\u00e8mes sont \u00e9videmment \u00e9conomiques ; avec une g\u00e9opolitique, m\u00eame ; et avec une \u00e9thique, sans doute, la politique est, pour une autre partie, \u00e9thique, ces th\u00e8mes sont donc \u00e9thiques.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;\u00e9cologie ? L&rsquo;\u00e9cologie comme <em>objectif<\/em> ? L&rsquo;\u00e9cologie comme <em>valeur<\/em> ? Non. Cela n&rsquo;a pas de sens. C&rsquo;est comme promouvoir la math\u00e9matique ou la phonologie comme valeur ou comme objectif.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9cologie est avant tout une science. Une science complexe, oui, si l&rsquo;on veut ; mais existe-t-il des sciences non complexes, qui n\u2019appellent pas d&rsquo;autres sciences \u00e0 son secours ? Cette science poss\u00e8de sa m\u00e9thode et son jargon, mais \u00e9galement son histoire et son \u00e9pist\u00e9m\u00e8 ; elle ne parle pas <i>en principe<\/i> de la mani\u00e8re dont on doit se conduire moralement face \u00e0 la nature ; il n&rsquo;est m\u00eame pas dit qu&rsquo;elle traite uniquement de nature, ou en tout cas de nature entendue comme un id\u00e9al qui serait s\u00e9par\u00e9 du monde humain, pour ne pas dire hostile \u00e0 l&rsquo;homme (ou r\u00e9ciproquement), en somme comme un \u00e9den d&rsquo;o\u00f9 nous autres, \u00eatres humains, aurions \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, en livrant ces mots \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e de ces pages, je livre en m\u00eame temps d&#8217;embl\u00e9e des r\u00e9flexions, des opinions, disons-le, au moins pour l&rsquo;instant, qui se pr\u00e9sentent en contraste, pour le moins, avec l&rsquo;air du temps.<\/p>\n<p>Mais il est vrai aussi, tout bien consid\u00e9r\u00e9, que ces questions me sont finalement assez \u00e9trang\u00e8res. Car je ne suis pas \u00e9cologue. Ou un mauvais \u00e9cologue : je suis naturaliste.<\/p>\n<p>Je suis naturaliste : je pratique les arts de la science \u00e9cologique, ou tout du moins une partie d&rsquo;entre eux, et donc une partie de ses principes, m\u00e9thodes, jargon et outils. Je le fais par passion, j&rsquo;y reviendrai, et aussi \u00e0 des fins pr\u00e9cises, notamment d\u2019aide \u00e0 la d\u00e9cision publique, en particulier sur les esp\u00e8ces ou <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'>Habitats<\/span><\/span> \u00e0 statut ou \u00ab\u00a0\u00e0 valeur patrimoniale\u00a0\u00bb. Tout, dans cette derni\u00e8re phrase, est inqui\u00e9tant et m&rsquo;inqui\u00e8te, et il s&rsquo;agirait de s&rsquo;arr\u00eater sur chaque mot. Je serais un mauvais \u00e9cologue parce que je mesure la distance entre cette phrase et ce que je fais r\u00e9ellement, pourrait-on dire. Je n\u2019aime pas ce que je fais. Or j\u2019adore ce que je fais. Donc je ne sais plus quoi penser.<\/p>\n<p>Comme je ne sais plus quoi penser, j\u2019ai \u00e9crit. J\u2019ai \u00e9crit de petites r\u00e9flexions personnelles, souvent subjectives, parfois contradictoires, rarement sourc\u00e9es ou m\u00e9thodiques, qui d\u00e9crivent quelques-unes de ces questions que je me pose, devant les probl\u00e8mes que j&rsquo;affronte, constate ou d\u00e9duis de ma pratique naturaliste. Ce sont ces pages.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Sources<\/h2>\n<p>Ces pages, d&rsquo;abord, trouvent leur origine dans deux sources\u00a0: d\u2019abord, sur l\u2019invite de Gu\u00e9na\u00ebl Boutouillet et la revue <em>Remue.net<\/em>, dans une s\u00e9rie de textes elle-m\u00eame intitul\u00e9e <em>Bornes<\/em><span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_1');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[1]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_1\" class=\"footnote_tooltip\"><em>Bornes<\/em>\u00a0: <a href=\"http\u00a0:\/\/remue.net\/bornes\/\"><span class=\"footnote_url_wrap\">https:\/\/remue.net\/benoit-vincent-bornes<\/span><\/a><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, sur l\u2019approche plut\u00f4t litt\u00e9raire de mon exp\u00e9rience de naturaliste (j\u2019exposerai ce parcours paradoxal plus loin)\u00a0; ensuite, par le biais d\u2019une r\u00e9sidence d\u2019\u00e9criture que j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9e avec la Maison transjurassienne de la Po\u00e9sie et Marion Cir\u00e9fice \u00e0 Saint-Claude, et gr\u00e2ce \u00e0 laquelle j\u2019ai rencontr\u00e9 le g\u00e9ographe Alexandre Chollier, avec qui j\u2019ai profitablement \u00e9chang\u00e9.<\/p>\n<p>Dans cette premi\u00e8re s\u00e9rie de travaux je n\u2019osais pas encore mettre en question l\u2019\u00e9cologie m\u00eame, comme id\u00e9ologie  (je l\u00e2che le mot). C\u2019est l\u2019objet de ces nouveaux textes, et je devrais m\u2019en expliquer ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<p>En tout \u00e9tat de cause, ces textes parfois \u00e9pidermiques sont le fruit d\u2019une friction, d\u2019une tectonique, entre ce qu\u2019on doit faire et ce qu\u2019on fait, entre l\u2019\u00e9thique et la politique, en somme, et rel\u00e8vent plus d\u2019une esp\u00e8ce de cri du c\u0153ur que d\u2019une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Mais en tout \u00e9tat de cause, m\u00eame si parfois leur teneur pr\u00eate \u00e0 la violence, \u00e0 l\u2019exc\u00e8s ou \u00e0 la pol\u00e9mique, il faut garder en t\u00eate que ceci n\u2019est jamais le but originel\u00a0: le but originel de ces textes n\u2019est pas de blesser ou d\u2019humilier mais de souligner des probl\u00e8mes, de poser des questions. Ce sont des textes critiques, le plus souvent fruits d\u2019interrogations intimes, d\u2019intuitions, et g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9labor\u00e9s gr\u00e2ce aux \u00e9changes ou \u00e0 la lecture.<\/p>\n<p>Ces essais ne sont pas des d\u00e9monstrations scientifiques ou un travail universitaire. Les sous-tend fortement une appr\u00e9hension sensible, subjective, des faits et des donn\u00e9es qui y sont d\u00e9velopp\u00e9s\u00a0; ce n\u2019est pas une m\u00e9thode (un chemin), mais plut\u00f4t son journal.<\/p>\n<p>Au fond ces textes souhaitent \u0153uvrer \u00e0 restaurer le statut ambivalent de l\u2019honn\u00eate homme, en dialogue avec (pour ne pas dire \u00ab\u00a0en travers\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0entre\u00a0\u00bb) les humanit\u00e9s et les sciences\u00a0; ce lien est rompu depuis belle lurette\u00a0; tout concourt \u00e0 d\u00e9montrer qu\u2019il est urgent de le choyer, de le r\u00e9parer.<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9galement \u00e9crit et r\u00e9\u00e9crit de nombreuses pages lors d\u2019une r\u00e9sidence au ch\u00e2teau de Fontainebleau en 2021, apr\u00e8s les confinements dus \u00e0 la pand\u00e9mie de Sars-Cov-2. Le confinement a permis de consacrer du temps \u00e0 plusieurs des textes ici pr\u00e9sents (notamment d&rsquo;\u00e9plucher une tr\u00e8s abondante bibliographie sur l&rsquo;histoire et la th\u00e9orie \u00e9cologiques), et la r\u00e9sidence a surtout \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion pour moi d\u2019organiser et d\u2019animer des rencontres sur le th\u00e8me qui, en quelque sorte, leur est transversal\u00a0: le lien entre l\u2019humain et la nature, \u00e0 travers deux dialogues entre un artiste et un scientifique. Ces rencontres eurent lieu dans la galerie des Cerfs du ch\u00e2teau le 15 janvier 2022, avec d\u2019une part H\u00e9l\u00e8ne Fr\u00e9d\u00e9rick et Francis Hall\u00e9, et Antoine Volodine et Luc Garraud d\u2019autre part. Je voudrais ici les remercier infiniment d\u2019avoir bien voulu participer \u00e0 cette exp\u00e9rience originale, et j\u2019en profite pour remercier \u00e9galement David Millerou pour avoir cru en cette id\u00e9e et l\u2019avoir rendue possible. De l\u2019\u00e9cologie consid\u00e9r\u00e9e comme une science humaine<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_2');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_2');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_2\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[2]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_2\" class=\"footnote_tooltip\">Mercis\nEt, parlant d&rsquo;humains, je dois ici faire amende honorable, jusqu&rsquo;au bout, et remercier ceux gr\u00e2ce auxquels ce texte peut exister : mes ma\u00eetres en botanique, Ren\u00e9 Roux, mon&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_2');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p>\n<p>Enfin j&rsquo;ai profit\u00e9 de ma pr\u00e9sence \u00e0 l&rsquo;Imec \u00e0 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe sur plusieurs semaines de 2024, \u00e0 l&rsquo;invitation de Yann Dissez, pour travailler sur des th\u00e8mes similaires (la nature, l&rsquo;homme et l&rsquo;archive) qui m&rsquo;ont permis de \u00ab\u00a0renforcer\u00a0\u00bb ce travail notamment au contact des \u0153uvres (et leurs archives) de plusieurs auteurs appartenant au fonds. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, j&rsquo;ai explor\u00e9<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_3');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_3');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_3\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[3]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_3\" class=\"footnote_tooltip\"> <em>Archivive<\/em> : <a href=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/rencontres\/residences-de-creation\/archivive\/\" target=\"_blank\"><span class=\"footnote_url_wrap\">https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/rencontres\/residences-de-creation\/archivive\/<\/span><\/a><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> dans ces inventaires autour du territoire de l&rsquo;archive une question vers laquelle, finalement, toutes ces pages tendent : l&rsquo;habiter un espace. J&rsquo;inscrirais ainsi l&rsquo;ensemble sous cette \u00ab\u00a0\u00e9pitaphe\u00a0\u00bb :<\/p>\n<blockquote><p>Point d\u2019archive sans un lieu de consignation, sans une technique de r\u00e9p\u00e9tition et sans une certaine ext\u00e9riorit\u00e9. Nulle archive sans dehors<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_4');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_4');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_4\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[4]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_4\" class=\"footnote_tooltip\">Jacques Derrida, <em>Mal d&rsquo;archive. Une impression freudienne<\/em>, Galil\u00e9e, 1995.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00c9cologie<\/span>, disais-je<\/h2>\n<p>Car il s\u2019agit bien d\u2019\u00e9cologie, tout compte fait. Mais aussi de sciences humaines.<\/p>\n<p>Ces pages traitent de petites et de grandes questions. Parfois r\u00e9sum\u00e9es en d\u00e9tail, que le lecteur pourra juger anodines ou inutiles, secondaires, ou m\u00eame parfois trop abstruses ou absconses, voire cuistres. Peu m\u2019importe\u00a0: c\u2019est parce que je suis pass\u00e9 par ces petites questions, ces petits scandales, que ceux-ci m\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 \u00e9laborer une \u2018r\u00e9ponse\u2019 (plut\u00f4t qu\u2019une \u2018le\u00e7on\u2019), et d\u2019abord une r\u00e9ponse \u00e0 moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Mais l\u2019\u00e9cologie est-elle le seul objet en lice\u00a0? Il s\u2019agit de dire que puisqu\u2019il y a <em>-logie<\/em>, il y a donc d\u00e9j\u00e0 un double\u00a0: un discours sur l\u2019<em>\u00e9co-<\/em>-, l\u2019<em>oikos<\/em>, la maison, un discours sur la maison, qui se pose devant (dessus ? en travers de\u00a0?) la maison elle-m\u00eame : il y a redoublement, comme dans tout logos, entre le <i>dehors<\/i> et ce qui est dit de lui.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-01-1024x393.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"246\" class=\"alignleft size-large wp-image-1341\" srcset=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-01-1024x393.jpg 1024w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-01-300x115.jpg 300w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-01-768x295.jpg 768w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-01.jpg 1256w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/p>\n<p>On a tous en t\u00eate ces panneaux de divulgation scientifique, devant un monument, un paysage, n\u2019importe quoi, qui dissimule le sujet en question, le paysage, le monument\u2026 (C\u2019est m\u00eame le propre du langage, et je pense avoir d\u00e9montr\u00e9 n\u2019\u00eatre pas dupe de la question\u00a0:\u00ab\u00a0je dis une fleur\u00a0!\u00a0\u00bb, etc<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_5');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_5');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_5\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[5]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_5\" class=\"footnote_tooltip\"><em>La litt\u00e9rature inqui\u00e8te<\/em>, Publie.net, 2020.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.). Pouss\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e0 la limite\u00a0\u00bb, cette id\u00e9e induit que l\u2019\u00e9cologie s\u2019est s\u00e9par\u00e9e, peu \u00e0 peu, de son fondement th\u00e9orique, et l\u2019\u00e9cologie est devenu une mode, voire un parti politique, alors qu\u2019elle est avant tout une science, avec sa m\u00e9thode, son histoire, son \u00e9pist\u00e9m\u00e8, son jargon, etc.<\/p>\n<p>C\u2019est que lorsque nous parlons d\u2019\u00e9cologie, lorsque nous en parlons de mani\u00e8re s\u00e9rieuse, th\u00e9orique ou critique, nous nous heurtons inlassablement \u00e0 des contraintes relevant de l\u2019axiologie. C\u2019est que l\u2019\u00e9cologie nous appara\u00eet comme en d\u00e9crochage par rapport aux autres domaines de la pens\u00e9e (sauf peut-\u00eatre la g\u00e9ographie \u2013 mais n&rsquo;est-ce pas le cas de toutes les <i>sciences humaines<\/i> ?), et ce pour plusieurs raisons\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019\u00e9cologie travaille \u00e0 la fois du c\u00f4t\u00e9 de la science num\u00e9rique et de la science textuelle, entre science formelle (\u00ab\u00a0dure\u00a0\u00bb) et science humaine (\u00ab\u00a0molle\u00a0\u00bb), entre <em>mathesis<\/em> et <em>philosophia<\/em>, entre science et pens\u00e9e, peu importe le couple choisi, elle est de toute mani\u00e8re \u2018des deux c\u00f4t\u00e9s\u2019\u00a0;<\/li>\n<li>l\u2019\u00e9cologie, jamais tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de la biologie (et pourtant non confondue avec elle), n\u2019est jamais non plus tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de l\u2019anthropologie (<em>idem<\/em>)\u00a0; de fait, elle touche, de par sa composante biologique, \u00e0 la nature m\u00eame de l\u2019homme, ce qui n\u2019est jamais une position ais\u00e9e du point de vue du th\u00e9oricien\u00a0;<\/li>\n<li>l\u2019\u00e9cologie, de par son aspect tautologique, n\u00e9cessairement d\u00e9riv\u00e9 de son emprise ontologique,\n<p><center><i>soit le vivant\u00a0; le vivant est\u00a0; je suis vivant donc je suis, etc.<\/i><\/center><\/p>\n<p>nous d\u00e9porte gentiment sur les rivages de l\u2019\u00eatre (l\u2019ontologie, donc) et, par cons\u00e9quent, \u00e0 tous les risques qui y sont li\u00e9s, et qui confinent \u00e0 l\u2019anthropomorphisme, comme les d\u00e9lirants mouvements de droit de l\u2019environnement (non pas au sens de la protection de la nature, mais au sens de consid\u00e9rer la nature comme une personne morale, et donc d\u00e9fendable), ou les non moins discours catastrophistes de l\u2019anthropoc\u00e8ne et de la collapsologie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Mais le plus grand de ces risques, pour moi, \u00e9tant l\u2019affinit\u00e9 tr\u00e8s nette en ce d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle entre \u00e9cologie et spiritualit\u00e9, voire adh\u00e9sion d\u00e9guis\u00e9e \u00e0 une religion (en atteste la fortune de l\u2019encyclique du pape Fran\u00e7ois <em>Laudato si\u2019<\/em> dans les r\u00e9seaux et les c\u00e9nacles de la \u00ab\u00a0pens\u00e9e \u00e9cologique\u00a0\u00bb). Ce dernier point, qui ne me semblait pas aussi fort, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la r\u00e9daction des premi\u00e8res pages de ces chroniques, me saute aujourd&rsquo;hui aux yeux (entre adulation du GIEC, violence politique des communes nouvellement pass\u00e9es chez les Verts, et permanente <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>Atmosph\u00e8re<\/span><\/span> de reproches et oukases \u00ab\u00a0pour une plan\u00e8te plus verte\u00a0\u00bb&#8230;).<\/p>\n<p>Enfin on t\u00e2chera de toujours garder en t\u00eate qu\u2019il sera question ici en priorit\u00e9 de l\u2019\u00e9cologie au sens th\u00e9orique du terme, et non des mouvements politiques qui se r\u00e9clament de l\u2019\u00e9cologie ou se d\u00e9clarent \u00e9cologistes. Il y a certes des points communs et des ponts tout \u00e0 fait possibles entre \u00e9cologie et politique (en tant simplement que l\u2019\u00e9cologie peut int\u00e9resser la soci\u00e9t\u00e9), mais il me para\u00eet incongru voire contre-productif de consid\u00e9rer une science comme manifeste politique (l\u00e0 encore cela nous \u00e9voque les grands moments de la morale\u2026) et, pis encore, comme credo. En revanche, la r\u00e9cup\u00e9ration des termes, de la m\u00e9thode ou de la th\u00e9orie \u00e9cologiques \u00e0 des fins politiques pourra \u00eatre abord\u00e9e, mais toujours au regard de son origine scientifique, non du point de vue strictement politique.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-02-1024x543.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"339\" class=\"alignright size-large wp-image-1342\" srcset=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-02-1024x543.jpg 1024w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-02-300x159.jpg 300w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-02-768x407.jpg 768w, http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Cas-02.jpg 1278w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/p>\n<p>Et comme elle s\u2019est ainsi charg\u00e9e de morale, elle a largement laiss\u00e9 les autres fronts \u00e0 d\u00e9couvert\u00a0: aujourd\u2019hui d\u2019autres domaines viennent grignoter ce qui faisait jadis le terrain des \u2018sciences naturelles\u2019, et d\u2019autres scientifiques ou d\u2019autres comp\u00e9tences scientifiques sont d\u00e9sormais requises\u00a0: math\u00e9matiques, g\u00e9n\u00e9tique, informatique, etc. N\u2019\u00e9tant pas dispos\u00e9 \u00e0 investir le champ moral, je ne me reconnais pas non plus dans le discours num\u00e9rique et technique de bien de mes coll\u00e8gues d\u2019aujourd\u2019hui (qu\u2019on pourrait qualifier de \u00ab\u00a0technocentr\u00e9s\u00a0\u00bb) \u2013 et sans doute ce qui apporte de l\u2019eau au moulin de l\u2019id\u00e9e que je suis devenu un mauvais \u00e9cologue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Bilan de comp\u00e9tence<\/h2>\n<p>Peut-\u00eatre est-il utile, non \u00e0 titre hagiographique mais factuel, de pr\u00e9senter en premier lieu rapidement mon parcours de naturaliste\u00a0; si cela n\u2019a rien d\u2019exemplaire, cela pourra \u00e9clairer l\u2019amertume qui me saisit \u00e0 l\u2019heure actuelle, amertume qui a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture de ces pages, en souhaitant qu\u2019elle ne se transforme pas en aigreur ni en d\u00e9sespoir.<\/p>\n<p>J\u2019ai effectu\u00e9 des \u00e9tudes de lettres, et j\u2019ai entam\u00e9 un doctorat en litt\u00e9rature compar\u00e9e. Comme je devais travailler, avec un enfant nouveau-n\u00e9, je me suis vite rendu \u00e0 l\u2019\u00e9vidence\u00a0: je ne pourrais vivre sereinement en \u00e9tant chercheur, sans compter que je n\u2019avais aucune vocation \u00e0 l\u2019enseignement.<\/p>\n<p>Je me suis donc simplement dit qu\u2019il fallait que je trouve un m\u00e9tier que j\u2019aimerais exercer et qui me lib\u00e8re du temps pour l\u2019occupation dont je r\u00eavais, l\u2019\u00e9criture. On ne d\u00e9cide pas d\u2019\u00e9crire impun\u00e9ment. Je me suis consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture en d\u00e9pit (par exemple) de la musique, qui m\u2019attirait aussi (mais pour laquelle je n\u2019avais pas les talents requis, ou du moins la \u00ab\u00a0niaque\u00a0\u00bb requise pour d\u00e9velopper de potentiels talents).<\/p>\n<p>En faisant une esp\u00e8ce de bilan de comp\u00e9tence personnel, je me suis dit que je devrais essayer de trouver un m\u00e9tier qui corresponde \u00e0 mes premi\u00e8res amours, \u00e0 savoir le monde de la rivi\u00e8re (un <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips10'>habitat<\/span><\/span>\u00a0!)\u00a0; petit j\u2019adorais passer des heures dans la rivi\u00e8re, \u00e0 observer les petits animaux qui la peuplent : larves d\u2019insectes, petits crustac\u00e9s, vers en tout genre\u00a0; j\u2019avais song\u00e9 un temps suivre des \u00e9tudes dans ce sens, mais n\u2019\u00e9tant gu\u00e8re attir\u00e9 par les sciences (la physique, les math\u00e9matiques), j\u2019avais abandonn\u00e9 l\u2019id\u00e9e\u2026 L\u2019occasion se pr\u00e9sentait \u00e0 nouveau. Apr\u00e8s quelques recherches, je m\u2019inscrivis en BTS Gestion et protection de la nature (GPN) en option Gestion des espaces naturels\u00a0; un BTS c\u00e9l\u00e8bre pour tous ceux qui souhaitent travailler dans la nature.<\/p>\n<p>Je souhaitais travailler sur les habitats, les milieux naturels, bref, l\u2019\u00e9cologie. Durant le BTS je d\u00e9couvris la botanique (avant j\u2019\u00e9tais incapable de nommer un arbre, les plantes les plus communes\u2026) et surtout la phytosociologie (m\u00eame si de mani\u00e8re extr\u00eamement superficielle \u2013 et, je dois le dire, dans une perspective erron\u00e9e). Le dipl\u00f4me en poche, je d\u00e9posai l\u2019id\u00e9e de travailler dans le <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips12'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips12'>milieu<\/span><\/span> de la rivi\u00e8re (comme technicien de rivi\u00e8re par exemple), et dus reconna\u00eetre que la gestion d\u2019espace naturel n\u2019\u00e9tait pas g\u00e9n\u00e9ralement envisageable.<\/p>\n<p>Pourquoi\u00a0? D\u2019une part certains de ces m\u00e9tiers n\u00e9cessitaient non seulement une mise \u00e0 niveau (d\u2019\u00e9tudes, mais encore bien souvent un concours administratif, deux choses pour lesquelles je n\u2019\u00e9tais plus dispos\u00e9 \u00e0 consacrer du temps ou de l\u2019\u00e9nergie)\u00a0; d\u2019autre part, par le BTS, j\u2019ai vite r\u00e9alis\u00e9 que le m\u00e9tier, aussi noble soit-il, est, de par le fait, tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 un seul espace, tout en \u00e9tant fortement attach\u00e9 \u00e0 un territoire et \u00e0 ses collectivit\u00e9s, autres horizons qui ne m\u2019attiraient gu\u00e8re.<\/p>\n<p>Avec un ami, Emmanuel H\u00e9roult (lui-m\u00eame alors technicien de rivi\u00e8re), nous cr\u00e9\u00e2mes une association dont le c\u0153ur d\u2019activit\u00e9 aurait \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019environnement. Avec son aide, l\u2019activit\u00e9 pouvait ainsi \u00eatre un moyen d\u2019approcher la nature et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, comme association de protection de la nature, la structure se donnait les moyens de r\u00e9aliser des inventaires et des plans de gestion naturalistes, ou de d\u00e9velopper des outils de communication, voire des publications. Ce projet m\u2019occupa dix ans durant.<\/p>\n<p>Totalement d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la cause associative, m\u00e2tin\u00e9e id\u00e9ologiquement d\u2019\u00e9ducation populaire, je m\u2019investissais sur de nombreux fronts\u00a0: terroir, patrimoine, insertion\u2026\u00a0; je contribuais \u00e0 relancer le R\u00e9seau dr\u00f4mois des associations d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019environnement, travaillais avec le r\u00e9seau r\u00e9gional (le GRAINE Rh\u00f4ne-Alpes), m\u2019y investissant de plus en plus. Je cofondais avec quelques coll\u00e8gues la Soci\u00e9t\u00e9 Botanique de la Dr\u00f4me.<\/p>\n<p>Avec le GRAINE, je participai \u00e0 la mise en \u0153uvre des quatri\u00e8mes rencontres nationales de l\u2019EEDD, qui devaient se tenir \u00e0 Lyon en 2014, en partenariat avec le r\u00e9seau \u00c9cole &#038; Nature.<\/p>\n<p>La pr\u00e9paration et la tenue de ces assises me mobilisa sur les ann\u00e9es 2012 et 2013. Lorsque nous arriv\u00e2mes au Minist\u00e8re de l\u2019\u00c9cologie (ou le nom qu\u2019il portait alors) le 09 avril 2013, je consid\u00e9rai que j\u2019avais fait <a href=\"https:\/\/remue.net\/Benoit-Vincent-Kilometre-zero\" rel=\"noopener noreferrer\" target=\"_blank\">le tour de la question<\/a>, et pris la d\u00e9cision d\u2019arr\u00eater l\u2019\u00e9ducation populaire. Je connus que j\u2019\u00e9tais las. Las de porter \u00e0 bout de bras un \u00ab\u00a0projet associatif\u00a0\u00bb dont chaque \u00ab\u00a0action\u00a0\u00bb devait trouver financement (entre-temps, \u00e7a s\u2019\u00e9tait raidi, c\u00f4t\u00e9 subventionneurs, on ne finan\u00e7ait plus facilement du fonctionnement, mais essentiellement de l\u2019action) et le montage du budget devenait un vrai casse-t\u00eate pour des miettes, et il fallait par exemple faire cinq dossiers qui mobilisaient plusieurs journ\u00e9es administratives pour obtenir 5\u00a0000\u00a0euros\u00a0: le projet \u00ab\u00a0Passages\u00a0\u00bb de notre association, \u00e0 cheval sur le Vaucluse et la Dr\u00f4me, et donc les deux r\u00e9gions, PACA et Rh\u00f4ne-Alpes, mais aussi deux \u00ab\u00a0pays\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Cinqui\u00e8me P\u00f4le\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Une Autre provence\u00a0\u00bb, toponymes qui font r\u00eaver) et un \u00ab\u00a0LEADER (acronyme pour \u00ab\u00a0Liaison entre actions de d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9conomie rurale\u00a0\u00bb)\u00a0\u00bb, nous a tu\u00e9s\u00a0: la r\u00e9gion Rh\u00f4ne-Alpes mettait six mois \u00e0 instruire un dossier, puis six mois pour payer\u00a0; malgr\u00e9 nos aides \u00e0 l\u2019emploi, on se retrouvait tr\u00e8s vite en difficult\u00e9, et ce tous les six mois, et ce n\u2019est certes pas la banque coop\u00e9rative (qui d\u2019\u00e9vidence ne comprenait pas le fonctionnement d\u2019une association, ce qu\u2019\u00e9tait un projet associatif, ce qu\u2019\u00e9tait un budget associatif et sa d\u00e9pendance mortelle \u00e0 la tr\u00e9sorerie\u00a0!) qui nous aiderait. Las, je constatais que le temps administratif me co\u00fbtait un tiers de mon agenda\u00a0; moi pendant ce temps, je ne parvenais pas \u00e0 me salarier r\u00e9guli\u00e8rement\u00a0; l\u2019atmosph\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas, quoi qu\u2019on veuille nous faire croire, \u00e0 l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9conomie sociale et solidaire\u00a0\u00bb ; ceci nourrissait une r\u00e9flexion qui est toujours d\u2019actualit\u00e9\u00a0: si les associations deviennent des entreprises, financ\u00e9es par le public (en r\u00e9alit\u00e9 de plus en plus financ\u00e9es par les actions non gratuites qu\u2019elles peuvent mener), o\u00f9 est le sens de l\u2019associatif\u00a0? Se professionnaliser est bien, mais est-ce alors le r\u00f4le d\u2019une association, l\u2019association est-elle la structure idoine pour cela\u00a0? Je ne le croyais plus. Je r\u00eavais des associations de randonneurs, ou m\u00eame de sportifs, qui n\u2019ont aucun compte \u00e0 rendre \u00e0 LEADER\u00a0!<\/p>\n<p>Sur le parvis du minist\u00e8re, devant l\u2019invasive vergerette du Canada, m\u2019ayant \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e ma part du buffet froid, une bouch\u00e9e de nourriture locale et biologique contenue dans un petit verre \u00e0 pied de plastique ancestral, je connus que j\u2019en avais fini de la question \u00e9cologique politique.<\/p>\n<p>Je cr\u00e9ai alors une microentreprise et m\u2019installai \u00e0 mon compte comme naturaliste. Ce n\u2019\u00e9tait pas par esprit de <em>start-up nation<\/em> ou app\u00e2t du gain, c\u2019\u00e9tait pour arr\u00eater le collectif, ou plut\u00f4t la folie des dossiers et des r\u00e9unions. Et si la formule n\u2019\u00e9tait pas satisfaisante, l\u2019autoentreprise \u00e9tant bien s\u00fbr le pire exemple de la n\u00e9olib\u00e9ralisation du travail (une esp\u00e8ce de pr\u00e9-Uber), et qui allait me projeter violemment vers le monde de l\u2019appel d\u2019offre (apr\u00e8s celui de la subvention pleur\u00e9e \u00e0 genoux, le monde de la caution arrach\u00e9e avec les dents), au moins me permettait-elle d\u2019\u00e9tudier la nature\u2026 \u00c9tudier ses formes, comprendre les relations, embrasser les communaut\u00e9s\u2026 Entre-temps, je me formai, beaucoup, avec Philippe Julve, deux ann\u00e9es, en phytosociologie, en cartographie, en malacologie, en botanique encore et toujours avec mes deux ma\u00eetres botanistes Ren\u00e9 Roux et Luc Garraud.<\/p>\n<p>C\u2019est apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de pratique, au contact avec d\u2019autres r\u00e9seaux, d\u2019autres acteurs, et dans le contexte global de verdissage en cours que j\u2019ai \u00e9crit ces lignes. Ce ne sont pas des r\u00e9flexions purement th\u00e9oriques, elles ont souvent une base pratique\u00a0: un probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre, un argument \u00e0 d\u00e9fendre\u00a0; un outil \u00e0 fabriquer\u00a0; une opinion \u00e0 d\u00e9construire\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Le droit \u00e0 l\u2019erreur<\/h2>\n<p>Le lecteur pourra \u00e0 juste titre se demander o\u00f9 placer cet ouvrage, s\u2019il rel\u00e8ve du pamphlet ou de l\u2019essai, du trait\u00e9 d\u2019\u00e9cologie ou du trait\u00e9 politique, du c\u00f4t\u00e9 des sciences molles ou du c\u00f4t\u00e9 des sciences dures\u00a0?<\/p>\n<p>En le parcourant, on verra ainsi souvent (ceci, je l\u2019\u00e9cris apr\u00e8s coup, \u00e0 la fin de la relecture de mes propres paroles) soulign\u00e9 le balancement entre deux p\u00f4les. Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019objet de mon propos ou du sujet qui \u00e9crit (moi-m\u00eame), on pourra dire par exemple qu\u2019il balance\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>entre nominalisme et essentialisme\u00a0;<\/li>\n<li>entre inductivisme et d\u00e9ductivisme\u00a0;<\/li>\n<li>entre r\u00e9ductionnisme et holisme\u00a0;<\/li>\n<li>entre g\u00e9n\u00e9ralisme et sp\u00e9cialisme\u00a0;<\/li>\n<li>entre amateurisme et professionnalisme\u00a0;<\/li>\n<li>entre subjectivisme et objectivisme\u00a0;<\/li>\n<li>etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Toutes ces grandes divisions \u2013 binaires, du reste \u2013 qui nourrissent abondamment les d\u00e9bats philosophiques, scientifiques, \u00e9pist\u00e9mologiques, depuis la nuit des temps, l\u2019\u00e9cologie bien \u00e9videmment ne s\u2019en exempte pas. On dirait m\u00eame, apr\u00e8s une certaine fr\u00e9quentation des textes fondateurs, qu\u2019elle s\u2019y compla\u00eet. Une raison est peut-\u00eatre celle que nous \u00e9voquons, avec Emmanuel Catteau, dans le chapitre 6, \u00e0 savoir le caract\u00e8re m\u00e9dian des sciences naturelles, non seulement entre sciences formelles et sciences humaines, mais encore l\u2019\u00e9vidente partialit\u00e9 du chercheur \u00e0 leur \u00e9gard (des vivants parlent du vivant).<\/p>\n<p>Ainsi donc, il est \u00e0 la fois simple et complexe (tiens) de r\u00e9pondre \u00e0 la question\u00a0: d\u2019o\u00f9 parles-tu ici\u00a0? Oui, je suis g\u00e9n\u00e9raliste, et oui, je suis \u00e9galement \u00e9crivain\u00a0; on notera que l\u2019objectivit\u00e9 n\u2019est pas n\u00e9cessairement au rendez-vous\u00a0: j\u2019esp\u00e8re que le lecteur comprendra que l\u00e0 n\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pas le probl\u00e8me. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que l\u2019objectivit\u00e9 n\u2019est pas au rendez-vous que l\u2019on peut essayer de formuler une r\u00e9flexion critique. Laquelle porte sur une l\u2019exp\u00e9rience <em>v\u00e9cue<\/em> d\u2019une pratique <em>r\u00e9gl\u00e9e<\/em>, \u00e0 laquelle se greffe une s\u00e9rie de questionnements conceptuels et m\u00e9thodologiques\u00a0: il n\u2019y a l\u00e0 rien qui ne rel\u00e8ve strictement de l\u2019affabulation ou de la superstition<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_6');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_6');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_6\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[6]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_6\" class=\"footnote_tooltip\">M\u00eame si on ne d\u00e9daigne ni la fiction ni l\u2019espoir.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi que cette op\u00e9ration de d\u00e9termination\/d\u00e9nomination a ici un aspect performatif (ce qui n\u2019est finalement pas si souvent le cas)\u00a0: la pr\u00e9servation ou au contraire le chamboulement, sinon la destruction (dans le cadre des am\u00e9nagements).<\/p>\n<p>Je voudrais faire passer l\u2019id\u00e9e qu\u2019il est plus important de comprendre la structure des c\u00e9noses, leur fonctionnement, leur dynamique, que les esp\u00e8ces prises individuellement. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019un des probl\u00e8mes de fond du naturalisme. Je critique la protection de la nature ou l&rsquo;\u00e9cologie contemporaine pour certaines de ses pr\u00e9occupations sp\u00e9cifiques, qui peuvent d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en r\u00e9flexes cyn\u00e9g\u00e9tiques\u00a0; elles d\u00e9notent pour moi un certain anthropomorphisme (on conna\u00eetra que telle est la question centrale de ces pages)\u00a0: on privil\u00e9gie ce qui ressemble \u00e0 l\u2019\u00eatre humain\u00a0: les mammif\u00e8res, puis les t\u00e9trapodes, puis les animaux\u2026 ou bien les esp\u00e8ces selon le \u00ab\u00a0service\u00a0\u00bb qu\u2019elles rendent (ou la nuisance qu\u2019elles procurent)\u00a0: plaisirs esth\u00e9tiques (les orchid\u00e9es, les l\u00e9pidopt\u00e8res), sant\u00e9 et alimentation, peste ou parasite, valeur marchande\u2026 En soi, ce n\u2019est pas un probl\u00e8me\u00a0: il faut bien conna\u00eetre les esp\u00e8ces qu\u2019on mange ou qui soignent pour pouvoir les manger ou se soigner avec. Mais ce sont des usages qui ne rel\u00e8vent pas du naturalisme, qui devrait \u00eatre, justement, impartial, et consid\u00e9rer toutes les esp\u00e8ces, toutes les c\u00e9noses et tous les habitats sur le m\u00eame plan. Le poids aussi bien l\u00e9gislatif que financier mis sur certaines esp\u00e8ces d\u00e9montre le contraire. On peut arguer qu\u2019il faut bien commencer quelque part, et j\u2019en conviens\u00a0; gageons que les plathelminthes ou les friches industrielles seront consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 leur juste valeur dans le futur.<\/p>\n<p>Je lisais justement dans le deuxi\u00e8me tome de la <em>Classification phylog\u00e9n\u00e9tique du vivant<\/em> de Lecointre et Guyader<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_7');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_7');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_7\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[7]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_7\" class=\"footnote_tooltip\">Guillaume Lecointre, Herv\u00e9 Le Guyader &#038; Dominique Visset, Classification phylog\u00e9n\u00e9tique du vivant, Belin, 2006. J\u2019en profite pour signaler une tr\u00e8s belle recension de cet ouvrage par\u2026&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_7');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> que les t\u00e9l\u00e9ost\u00e9ens (les \u2018poissons osseux\u2019) repr\u00e9sentent la moiti\u00e9 des vert\u00e9br\u00e9s et que, malheureusement, on constate que la proportion de pages qui leur sont g\u00e9n\u00e9ralement consacr\u00e9es dans les manuels ou les guides ou encore dans la recherche, n\u2019atteint pas ce nombre, au profit des autres t\u00e9trapodes, dont nous faisons nous aussi partie. Les exemples sont nombreux\u00a0: les orchid\u00e9es \u00e9crasent bien des plantes\u00a0; tous les oiseaux, reptiles et amphibiens sont prot\u00e9g\u00e9s, alors qu\u2019ils ne repr\u00e9sentent pas m\u00eame 0,5\u00a0% de la faune totale. \u00c0 l\u2019inverse 0,5\u00a0% des insectes sont prot\u00e9g\u00e9s, qui repr\u00e9sentent plus de la moiti\u00e9 de celle-ci. Aucun champignon, aucun ver, aucune algue, aucun invert\u00e9br\u00e9 autre qu\u2019arthropode ou mollusque ne sont prot\u00e9g\u00e9s<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_8');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_8');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_8\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[8]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_8\" class=\"footnote_tooltip\">Je reproduis en annexe quelques chiffres qui n\u2019ont pr\u00e9tention ni \u00e0 l\u2019exhaustivit\u00e9, ni \u00e0 l\u2019extr\u00eame actualit\u00e9.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>Mais l\u00e0 encore, je dois l\u2019avouer, le doute me saisit. Je suis g\u00e9n\u00e9raliste certes, et je suis donc naturaliste\u00a0: une grande partie de mon travail consiste \u00e0 r\u00e9aliser des inventaires de certaines esp\u00e8ces (les plantes vasculaires, les mollusques continentaux) sur un territoire donn\u00e9 (la France m\u00e9tropolitaine) \u00e0 un moment donn\u00e9 (quelques printemps-\u00e9t\u00e9 de quelques ann\u00e9es du monde) et dans un cadre bien particulier\u00a0: une recherche partiale de la raret\u00e9 et de la fragilit\u00e9 op\u00e9r\u00e9e par des structures priv\u00e9es pour le compte de l\u2019\u00c9tat ou de ses divers \u00e9chelons, avec pour objectif la connaissance\/sensibilisation, la pr\u00e9servation\/conservation, la gestion\/restauration. Le plus souvent, et de plus en plus avec le temps, ces recherches r\u00e9pondent \u00e0 l\u2019application de directives d\u2019un objet institutionnel transgressif, post-politique, \u00e9trangement d\u00e9mocratique, l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Je travaille donc pour le service public, tout en contribuant \u00e0 sa destruction\u00a0; je travaille pour la protection de la nature, tout en contribuant \u00e0 son \u00e9valuation financi\u00e8re<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_9');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_9');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_9\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[9]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_9\" class=\"footnote_tooltip\">En cela tout \u00e0 fait en \u00e9cho aux propos de Bernard Charbonneau dans <em>Feu vert<\/em> [1980], que L\u2019Echap\u00e9e a eu la bonne id\u00e9e de republier r\u00e9cemment.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_9').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_9', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>\u00a0; je travaille enfin pour la nature, entendue non comme univers mais comme environnement, avec l\u2019arrogance et la pr\u00e9tendue ma\u00eetrise de l\u2019un de ses membres (l\u2019esp\u00e8ce humaine). <em>Ergo<\/em>, je doute.<\/p>\n<p>\u00c0 ce malaise personnel et int\u00e9rieur s\u2019ajoute une v\u00e9ritable interrogation technique\u00a0: mon travail, faire des inventaires, consiste donc \u00e0 donner des noms \u00e0 des entit\u00e9s naturelles, des esp\u00e8ces ou des groupes \u00e9cologiques d\u2019esp\u00e8ces, les c\u00e9noses. Ensuite seulement vient le temps de l\u2019interpr\u00e9tation, de la cartographie, puis de la formulation de pr\u00e9conisations d\u2019objectifs et d\u2019actions.<\/p>\n<p>Je passe sur le fait que beaucoup de naturalistes, comme dans bien des professions, sont soumis \u00e0 de nombreuses contraintes techniques li\u00e9es \u00e0 l\u2019administration, \u00e0 des questions financi\u00e8res, mat\u00e9rielles, temporelles, qui existent ici comme ailleurs, et qui rel\u00e8vent plus g\u00e9n\u00e9ralement du travail, et de son droit. Je ne m\u2019\u00e9terniserai donc pas sur le fait, par exemple, que nombre de naturalistes rel\u00e8vent du droit priv\u00e9, que la recherche devrait rentrer sinon dans le cadre du service public, du moins dans celui, ind\u00e9pendant et universel, de la science, soit de plus en plus envahie de partenaires financiers \u2013 comme chacun sait d\u2019ailleurs. On s\u2019\u00e9tonne que la pratique lib\u00e9rale de l\u2019appel d\u2019offre, avec toutes ses d\u00e9rives bien connues (le moins-disant \u00e9tant favoris\u00e9 au profit du mieux-disant), soit g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e dans le cadre naturaliste, aussi bien au niveau de l\u2019inventaire de terrain que de la recherche scientifique universitaire. Mais ce n\u2019est pas de ces malaises-l\u00e0 que je parle.<\/p>\n<p>Je parle de la difficult\u00e9 personnelle, intime, de devoir donner des noms. La r\u00e9ponse consiste donc \u00e0 am\u00e9liorer le regard, et c\u2019est une r\u00e9ponse professionnelle\u00a0: \u00eatre naturaliste, c\u2019est apprendre \u00e0 observer, \u00e0 reconna\u00eetre, \u00e0 nommer. Mais notre objet d&rsquo;\u00e9tude est un \u00eatre vivant, une r\u00e9alit\u00e9 organique, dont tout le g\u00e9nie tient pr\u00e9cis\u00e9ment dans la souplesse des formes, la dynamique int\u00e9gr\u00e9e, et l&rsquo;hybridation (entre vie et mort, entre <em>ph\u00e9nome<\/em> et <em>g\u00e9nome<\/em>, entre individu et esp\u00e8ce) inh\u00e9rente, ce qui en fait un objet labile, vagile, et pour le dire simplement contradictoire par nature. Par cons\u00e9quent, \u00eatre naturaliste, c&rsquo;est apprendre \u00e0 douter, \u00e0 accepter le doute comme outil mais aussi comme m\u00e9thode, et parfois m\u00eame comme r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Il y a par exemple un \u00e9l\u00e9ment incompressible, si j\u2019ose dire, et qui rel\u00e8ve de ce que notre objet est une r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure, qui nous pousse <i>dehors<\/i>.<\/p>\n<p>L\u2019un des plaisirs de ce m\u00e9tier, est que l\u2019inventaire est inf\u00e9od\u00e9 \u00e0 la saisonnalit\u00e9\u00a0: la grande majorit\u00e9 des plantes viennent au printemps, et en d\u00e9but d\u2019\u00e9t\u00e9, bien des esp\u00e8ces ne sont d\u00e9j\u00e0 plus \u00ab\u00a0lisibles\u00a0\u00bb\u00a0; c\u2019est peut-\u00eatre un peu moins le cas avec les animaux, c\u2019est vrai, mais en tout \u00e9tat de cause, on observe une p\u00e9riode de dormance, l\u2019hiver (voire l&rsquo;\u00e9t\u00e9 en M\u00e9diterran\u00e9e), qui nous \u00e9loigne de notre objet. Ainsi, \u00e0 chaque printemps, il faut s\u2019y <em>remettre<\/em> et, en quelque sorte, <em>r\u00e9apprendre<\/em>\u00a0: r\u00e9apprendre les v\u00e9roniques, les violettes, les c\u00e9raistes\u2026 Certains d\u2019entre nous n\u2019ont pas ces probl\u00e8mes\u00a0: une fois qu\u2019ils ont appris une plante, ses caract\u00e8res distinctifs, ils ne l\u2019oublient plus jamais. Cela rel\u00e8ve de la conformation des individus et pour autant que je puisse en juger, ce n\u2019est pas mon cas. Chaque ann\u00e9e je me replonge dans les flores et les faunes avec autant de curiosit\u00e9 que d\u2019inqui\u00e9tude<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_10');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_10');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_10\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[10]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_10\" class=\"footnote_tooltip\">Lorsque en plus de cela on vieillit et que la vue baisse, le malaise s&rsquo;\u00e9paissit.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_10').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_10', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p>\n<p>Mais plus g\u00e9n\u00e9ralement, le fait est que l\u2019on doit noter les noms des esp\u00e8ces dans un carnet, et cette op\u00e9ration me jette parfois dans l\u2019angoisse. Et si je me trompais\u00a0? Plus encore, c\u2019est la peur de ne pas \u00eatre au niveau qui m\u2019\u00e9treint\u00a0: c\u2019est-\u00e0-dire de ne pas \u00eatre au niveau des autres. Le probl\u00e8me se pose \u00e9videmment peu pour des esp\u00e8ces communes et bien connues, comme le ch\u00eane vert ou le petit-gris\u00a0; il se pose mod\u00e9r\u00e9ment pour toutes les esp\u00e8ces difficiles \u00e0 d\u00e9terminer (pour tout un tas de raisons). Il se pose en v\u00e9rit\u00e9 pour toutes les autres esp\u00e8ces, qui repr\u00e9sentent la majorit\u00e9 ou, si on veut tourner l\u2019explication du probl\u00e8me autrement, elle se pose au moment du choix, c\u2019est-\u00e0-dire lorsqu\u2019il faut aller vite et avancer, c\u2019est-\u00e0-dire sur le terrain. C&rsquo;est la raison pour laquelle je voudrais \u00eatre un <em>naturaliste<\/em> plut\u00f4t qu&rsquo;un botaniste ou un malacologue \u2013 et surtout plut\u00f4t qu&rsquo;un \u00e9cologue. Je revendique le fait d\u2019\u00eatre un g\u00e9n\u00e9raliste et, d\u2019ailleurs, les d\u00e9bats tr\u00e8s pointus sur les groupes difficiles (et ils sont nombreux\u00a0: les pissenlits, les ronces chez les plantes\u00a0; les hydrobies, les clausilies chez les escargots), ne me passionnent gu\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u2019est que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u2019abord form\u00e9 par les sciences du langage et de la litt\u00e9rature et, ce faisant, je ne peux pas \u00eatre dupe de la puissance qu\u2019est le langage, et tous les possibles qu\u2019il autorise, en particulier la fiction. Je ne serai pas \u00e9crivain si je ne doutais pas. Mais suis-je encore un naturaliste si je me donne \u00e0 la fiction\u00a0?<\/p>\n<p>Je suis donc un mauvais \u00e9cologue parce que je voudrais \u00eatre un bon naturaliste.<\/p>\n<p>Or le naturaliste, pour r\u00e9sumer, se heurte \u00e0 toute l&rsquo;inqui\u00e9tude qui je viens de d\u00e9crire \u00e0 grands traits, et qui repose finalement sur une dimension tout \u00e0 fait singuli\u00e8re, celle de la situation de l&rsquo;inventaire, qui se d\u00e9roule en certaines circonstances ou occasions. C&rsquo;est cela, je crois, qui fait le sel de ce travail, ou l&rsquo;objet de cette recherche. Objet et sujet se rencontrent en un <em>hic et nunc<\/em> en perp\u00e9tuelle mutation : il y a va donc de l&rsquo;occasion comme du hasard, du possible comme de l&rsquo;\u00e9chec. Et croire \u00eatre infaillible est une erreur.<\/p>\n<p>\u00c0 quoi j&rsquo;ajouterais enfin que le m\u00e9tier de naturaliste n&rsquo;existe pas ou plus en tant que tel, mais qu&rsquo;en plus il est n&rsquo;est plus possible d&rsquo;exercer ces comp\u00e9tences dans un cadre professionnel satisfaisant. Nombre d&rsquo;entre nous nous passionnons pour une esp\u00e8ce, ou un groupe d&rsquo;esp\u00e8ces, notamment sur notre temps libre, mais nos comp\u00e9tences, requises dans nos travaux, ne sont pas valoris\u00e9es en tant que telles : nous autres, naturalistes, nous ne faisons plus de naturalisme. Le naturalisme demande du temps, demande d&rsquo;observer, demande de d\u00e9crire, et requiert donc une part d&rsquo;imaginaire qu&rsquo;on cherche de plus en plus \u00e0 r\u00e9sorber voire \u00e0 d\u00e9truire. Passons sur le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de dipl\u00f4me de naturaliste, comme il n&rsquo;y a plus, en France, de dipl\u00f4me de botaniste, ou de quelconque sp\u00e9cialit\u00e9 naturaliste, <i>en tant que telle<\/i>, et que ces mati\u00e8res ne sont enseign\u00e9es non pour elles-m\u00eames mais au sein d&rsquo;un parcours plus vaste o\u00f9 l&rsquo;\u00e9cologie fonctionnelle prend une place consid\u00e9rable. De plus, nous voyons actuellement des applications informatiques qui sont en mesure de reconna\u00eetre et nommer des esp\u00e8ces par une simple photographie : ces outils de l'\u00a0\u00bbIA\u00a0\u00bb, tr\u00e8s \u00e0 la mode, sont simplement l&rsquo;aboutissement de la logique avec lesquelles les politiques de conservation de la nature envisagent aujourd&rsquo;hui notre m\u00e9tier. Bient\u00f4t de simples appareils seront en mesure de d\u00e9crire un espace, et de le repr\u00e9senter. Une fois que les pieds et les mains ne seront plus utiles, les drones suffiront \u2013 co\u00fbteront beaucoup moins chers et ne se plaindront pas de leur dos ou genoux<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_11');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_11');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_11\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[11]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_11\" class=\"footnote_tooltip\">Je me rappellerai toujours ce responsable d&rsquo;une DREAL, la DRIEE pour ne pas la nommer, me demander \u00e0 quoi servait cet inventaire d&rsquo;escargots millim\u00e9triques, que personne ne conna\u00eet et&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_11');\">Continue reading<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_11').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_11', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p>\n<p>Ceci pour souligner le fait que notre activit\u00e9 se retrouve donc aujourd&rsquo;hui englu\u00e9e dans de nombreuses probl\u00e9matiques qui d\u00e9passent et de loin la corpus th\u00e9orique propre des \u00ab\u00a0sciences de la nature\u00a0\u00bb. Mais ces sciences de la nature ne peuvent pour autant s&rsquo;abstraire de la part de g\u00e9n\u00e9ralisme qui les fonde<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_12');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_12');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_12\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[12]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_12\" class=\"footnote_tooltip\">Souvent on s&rsquo;entend dire, devant nos conditions de travail d\u00e9grad\u00e9es : \u00ab\u00a0ah oui, mais c&rsquo;est un &lsquo;m\u00e9tier passion'\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_12').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_12', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>. Et le doute qui les \u00e9treint. Et la circonstance qui chaperonne l&rsquo;ensemble.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Un \u00e9tat de nature\u00a0?<\/h2>\n<p>Mon propos se place en contraste, si l\u2019on veut, dans cette r\u00e9flexion m\u00e9taphysique d\u2019Hans Jonas\u00a0: le \u00ab\u00a0oui dit \u00e0 l\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb impliquerait que pour prendre en charge nos actions nous nous placions dans la position de ce\/celui que nos actions impliquent, ou, dit autrement, que, pour prendre en charge nos actions, nous nous placions dans la position de celui qui ne peut agir. Cette aporie est pourtant fondamentale\u00a0: nous nous pla\u00e7ons dans la position de la bact\u00e9rie, de l\u2019oiseau ou de l\u2019habitat, alors que nous ne sommes pas des \u00eatres coloniaires, que nous ne savons pas voler, et que nous nous ne sommes pas fondamentalement une <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips11'>c\u00e9nose<\/span>. Soit. Mais demande-t-on \u00e0 un juge d\u2019\u00eatre un criminel\u00a0? Demande-t-on \u00e0 un docteur d\u2019\u00eatre malade\u00a0? Nous partageons deux choses avec la bact\u00e9rie, l\u2019oiseau ou l\u2019habitat, et peu s\u2019en faut pour moi que c\u2019est deux choses ne fassent qu\u2019une\u00a0: le terrain (la plan\u00e8te) et la vie. C\u2019est \u00e0 mon sens suffisant, et pour autant pas n\u00e9cessaire. Nous nous pla\u00e7ons en gestionnaire objectif du vivant et de la nature tout en faisant partie de cette nature comme \u00eatre vivant.<\/p>\n<blockquote><p>J\u2019ai toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 qu\u2019on t\u00e9moign\u00e2t, si j\u2019ose dire, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9gorg\u00e9<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_13');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_13');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_13\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[13]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_13\" class=\"footnote_tooltip\">Albert Camus, \u00ab\u00a0Avant-propos\u00a0\u00bb de <em>La Maison du peuple<\/em> de Louis Guilloux, Grasset, 1927.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_13').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_13', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p><\/blockquote>\n<p>La difficult\u00e9 (et c\u2019est tr\u00e8s sensible avec Hans Jonas), est de pouvoir se d\u00e9faire, dans cette \u00e9treinte, de toute destin\u00e9e moralisante, si j\u2019ose dire \u2013 c\u2019est ce qui est d\u2019ailleurs toujours difficile avec la morale, et plus encore dans le monde hors-sol (pour le meilleur comme pour le pire) que nous connaissons.<\/p>\n<p>Bref, ce qui m\u2019intrigue ici, je vais le formuler d\u2019autre mani\u00e8re\u00a0: le naturaliste travaille (ou devrait travailler) sur <em>la nature de l\u2019\u00eatre<\/em> plut\u00f4t que sur la <em>naturalit\u00e9<\/em> (ou \u00eatre nature). Je m\u2019explique\u00a0: la naturalit\u00e9, souvent \u00e9voqu\u00e9e dans les inventaires ou les plans de gestion, renvoie \u00e0 un \u00e9tat \u2018maximal\u2019 ou \u2018v\u00e9n\u00e9rable\u2019 ou \u2018souhaitable\u2019 d\u2019un ensemble vivant (taxon ou syntaxon). On opposerait une naturalit\u00e9, disons, <em>g\u00e9nuine<\/em>, au monde artificialis\u00e9 et anthropique\u00a0: la ville, la friche, l\u2019agrosyst\u00e8me, etc. La naturalit\u00e9 est valoris\u00e9e par rapport \u00e0 l\u2019artificialis\u00e9. Il y a un jugement qualitatif, un jugement de valeur. Eh bien je pr\u00e9tends qu\u2019un bon lecteur de milieux, un bon naturaliste, devrait plut\u00f4t regarder l\u2019ensemble vivant en soi, en se d\u00e9barrassant des notions de valeur et de qualit\u00e9 (et <em>a fortiori<\/em> de quantit\u00e9), et observer simplement la nature de l\u2019\u00eatre, quand m\u00eame cet \u00eatre est constitu\u00e9 de charbon, de b\u00e9ton ou de plastique. C\u2019est tr\u00e8s difficile \u00e0 envisager, mais cela nous d\u00e9barrasse d\u00e9j\u00e0 d\u2019un premier (et principal, pour ce qui nous concerne ici) probl\u00e8me\u00a0: la charge \u00e0 la fois morale et \u00e9motionnelle d\u2019un \u00e9tat \u00e9d\u00e9nique de nature, i.e. d\u2019un dieu qui s\u2019appellerait Nature.<\/p>\n<p>Cette position est d&rsquo;autant plus difficile \u00e0 adopter aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;elle implique, chez Jonas, \u00e0 la fois une charge morale et \u00e0 la fois un net retour \u00e0 l&rsquo;\u00eatre, balay\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement par la philosophie moderne. La difficult\u00e9 \u00e9tant donc de parvenir \u00e0 muer la morale en \u00e9thique, et d&rsquo;autre part \u00e0 \u00ab\u00a0d\u00e9sessentialiser\u00a0\u00bb l&rsquo;\u00eatre, lui \u00f4ter sa majuscule, sans toutefois l&rsquo;abandonner totalement \u00e0 la simple nature de ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;autre corollaire tout aussi \u00e9tonnant, toujours depuis Jonas, c&rsquo;est la place et le r\u00f4le de l&rsquo;\u00eatre humain dans cette op\u00e9ration. Ainsi, \u00e0 rebours de ce qui est commun\u00e9ment admis, la nature devrait travailler conjointement avec l&rsquo;humain, pour ce que l&rsquo;humain est, plus encore que le d\u00e9miurge qu&rsquo;il croit \u00eatre, celui dont la capacit\u00e9 d\u00e9miurgique (d\u00e9truire, cr\u00e9er) charge d&rsquo;une responsabilit\u00e9 indiscutable (ce qui n&rsquo;est pas loin non plus de la pens\u00e9e de Levinas).<\/p>\n<p>On peut ais\u00e9ment se fourvoyer et consid\u00e9rer que dans ces conditions, cette responsabilit\u00e9 de l&rsquo;humain traduit une nouvelle s\u00e9paration nocive entre lui et la nature. Je crois au contraire que cette esp\u00e8ce de lucidit\u00e9 sur notre capacit\u00e9 intrins\u00e8que r\u00e9affirme \u00e0 bon droit notre participation int\u00e8gre et pleine \u00e0 ce qu&rsquo;on appelle nature g\u00e9n\u00e9ralement, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la totalit\u00e9 du r\u00e9el. Si on ne veut pas \u00e9tablir de hi\u00e9rarchie entre l&rsquo;humain et la nature, consid\u00e9rer l&rsquo;humain comme une partie de la nature (au m\u00eame titre que les autres parties de la nature), avec ses singularit\u00e9s (notamment le langage, l&rsquo;agriculture, la cit\u00e9, l&rsquo;art, le sacr\u00e9), offre une piste de pens\u00e9e saine et audacieuse, avec de surcro\u00eet l&rsquo;avantage de nous d\u00e9faire de dieu.<\/p>\n<p>On m\u00e9dite sur cette gageure (c\u2019est bien pourquoi j\u2019\u00e9cris ces lignes), \u00e0 savoir que dans l&rsquo;expression \u00ab\u00a0nature de l\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb on entend r\u00e9sonner tr\u00e8s fort le mot \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p>\u00catre ou ne pas \u00eatre un bon naturaliste\u00a0?<\/p>\n<blockquote><p>Il y a des hommes pour qui une pens\u00e9e est d\u2019autant plus vraie qu\u2019elle est plus rassurante (qu\u2019elle les rassure davantage sur eux-m\u00eames)\u00a0; il y a au contraire des hommes, qui, ayant appris d\u2019exp\u00e9rience que la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas toujours selon leur d\u00e9sir, finissent par n\u2019adopter, d\u2019un mouvement inverse, que les syst\u00e8mes les plus propres \u00e0 ruiner tout ce pouvait encore les consoler de leur sort. Il n\u2019est pas impossible que les uns et les autres soient guid\u00e9s et soutenus par un sinc\u00e8re amour de la v\u00e9rit\u00e9. <span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_14');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_14');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_14\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[14]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_14\" class=\"footnote_tooltip\">Charles Ferdinand Ramuz, <em>Remarques<\/em> [1929], L\u2019\u00c2ge d\u2019Homme, p. 118.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_14').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_14', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Structure de l\u2019ouvrage<\/h2>\n<p>Quelques mots encore pour pr\u00e9senter l\u2019organisation de l\u2019ouvrage\u2026<\/p>\n<p>Celui-ci est compos\u00e9 de textes diff\u00e9rents par la forme et pourtant rassembl\u00e9s dans ce qui se voudrait \u00e0 la fois une esp\u00e8ce de guide, de memento, pour moi et ceux qui auraient envie de me lire, et comme une esp\u00e8ce de divagation libre sur les th\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cologie\u00a0; et \u00e0 la fois, ce livre propose des mises \u00e0 jour conceptuelles, ou tout du moins des interrogations sur l\u2019usage ou la d\u00e9finition de certains concepts, il fonctionne aussi donc comme un vade-mecum\u00a0; enfin il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 d\u00e9noncer certains travers actuels de l\u2019\u00e9cologie (on aura compris mes r\u00e9serves envers l\u2019\u00e9cocentrisme, l\u2019anthropoc\u00e8ne et la collapsologie, mais il y en a d\u2019autres)\u00a0; il fonctionne alors aussi comme un repoussoir.<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9crit ailleurs<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_15');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_206_1('footnote_plugin_reference_206_1_15');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_206_1_15\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[15]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_206_1_15\" class=\"footnote_tooltip\"><em>La litt\u00e9rature inqui\u00e8te<\/em>, <em>op cit.<\/em><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_206_1_15').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_206_1_15', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> que le monde, le r\u00e9el, pouvait s\u2019appr\u00e9hender par des dosages, pr\u00e9cis mais variables, de trois capteurs diff\u00e9rents mais interd\u00e9pendants\u00a0: les sens (qui conduisent \u00e0 l\u2019\u00e9motion ou l\u2019art), les connaissances (qui aboutissent \u00e0 la r\u00e9flexion ou la philosophie), et l\u2019exp\u00e9rience (qui forment le gros du probl\u00e8me\u00a0: celui du sujet, de son individu, de son avatar, et de sa biographie et g\u00e9n\u00e9alogie : la m\u00e9moire).<\/p>\n<p>Ainsi trouvera-t-on dans cet ouvrage deux parties\u00a0: la premi\u00e8re (<em>EKO<\/em>) qui pr\u00e9sente plut\u00f4t des r\u00e9flexions conceptuelles sur l\u2019\u00e9cologie en tant que science, et dans son rapport aux autres domaines du savoir, dans son histoire et son \u00e9pist\u00e9m\u00e8, et en proposant, de loin en loin, quelques ajustements conceptuels\u00a0; la seconde (<em>LOGOS<\/em>) qui sont pratiquement des diatribes, des disputes sur diff\u00e9rents sujets propre \u00e0 l\u2019\u00e9cologie d\u2019aujourd\u2019hui, et qui suscitent autant d\u2019incompr\u00e9hension que de d\u00e9saccord.<\/p>\n<p>Entre ces deux parties, je glisse un texte singulier, un m\u00e9lange entre quelques r\u00e9flexions propres au naturaliste, et une autre pi\u00e8ce co\u00e9crite avec Luc Garraud, qui est une esp\u00e8ce de cr\u00e9ation sc\u00e9nique dont le sujet est \u00ab\u00a0\u00e0 quoi sert le naturaliste\u00a0?\u00a0\u00bb. Ce dernier est n\u00e9 sur l\u2019invitation de la Maison des \u00c9crivains et de la Litt\u00e9rature \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une rencontre sur litt\u00e9rature et montagne (et r\u00e9chauffement climatique), \u00e0 Chamonix, en 2018. J\u2019en profite pour indiquer que le texte sur les sciences naturelles a \u00e9t\u00e9 co\u00e9crit avec Emmanuel Catteau, phytosociologue du CBN de Bailleul. On trouvera enfin, comme une esp\u00e8ce de postface, un texte la \u00ab\u00a0r\u00e9gion naturelle\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0pays\u00a0\u00bb, entendue comme unit\u00e9 territoriale heuristique et surtout manifeste pour le retour de l\u2019homme dans l\u2019\u00e9cologie. Ce texte a nourri et s&rsquo;est nourri d&rsquo;une conf\u00e9rence r\u00e9alis\u00e9e avec le photographe Eric Tabuchi \u00e0 l\u2019\u00c9cole de la nature et du paysage de Blois en 2018.<\/p>\n<p>Ainsi ces r\u00e9flexions, not\u00e9es en marge d\u2019une pratique professionnelle, et nourries du sel critique, n\u2019ont pas l\u2019ambition d\u2019un rapport document\u00e9 et dat\u00e9, d\u2019argumentaire imprenable, de d\u00e9monstration\u2026 plut\u00f4t des divagations, dans le secret d\u00e9sir d\u2019a\u00e9rer les esprits chagrins, car aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9cologie est triste comme Greta Thumberg, et ce dans l\u2019espoir qu\u2019elle vienne enrichir la lutte qui vaille, \u00e0 savoir la lutte contre le n\u00e9olib\u00e9ralisme, plut\u00f4t que de l\u2019\u00e9pauler comme un avatar <em>baizuo<\/em> \u767d\u5de6.<\/p>\n<p><em>Cap au seuil<\/em>, retour au bercail, rentre tes moutons. Reprenons depuis le d\u00e9but.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: xx-small;\"><b>[<em>Cap au seuil<\/em>|Sommaire rapide]<\/b> <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/avant-propos\/\">Avant propos<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-1-dans-lespace\/\">espace<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/la-vie\/\">la vie<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-2-a-la-maison\/\">monde<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/les-deux-ou-trois-ecologies\/\">les \u00e9cologies<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/pour-la-cenologie\/\">c\u00e9nologie<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/sciences-naturelles-sciences-humaines-avec-emmanuel-catteau\/\">sciences naturelles<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/interlude\/\">interlude<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/nagoya-mon-amour\/\">protection de la nature<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/l-arbre-qui-plantait-des-hommes\/\">arbres<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lanthropocene-contre-lhomme-lecocentrisme-contre-la-nature\/\">anthropoc\u00e8ne<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/lettre-a-ma-maman-sur-leffondrement\/\">catastrophe<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/mon-herbier-mon-coquillier\/\">herbier\/coquillier<\/a> | <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/ouverture-de-la-choreologie\/\">ouverture : r\u00e9gions naturelles<\/a><\/span><\/p>\n<p><strong>Avant-propos<\/strong> &gt; <a href=\"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/terraque-le-monde-1-dans-lespace\/\">Terraqu\u00e9 le monde (1)<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_206_1();\">References<\/span><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_206_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_206_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_206_1\" style=\"\"><table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"><caption class=\"accessibility\">References<\/caption> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_1');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_1\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>1<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\"><em>Bornes<\/em>\u00a0: <a href=\"http\u00a0:\/\/remue.net\/bornes\/\"><span class=\"footnote_url_wrap\">https:\/\/remue.net\/benoit-vincent-bornes<\/span><\/a><\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_2');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_2\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>2<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\"><\/p>\n<h4>Mercis<\/h4>\n<p>Et, parlant d&rsquo;humains, je dois ici faire amende honorable, jusqu&rsquo;au bout, et remercier ceux gr\u00e2ce auxquels ce texte peut exister : mes ma\u00eetres en botanique, Ren\u00e9 Roux, mon voisin, naturaliste aguerri, qui m&rsquo;a emport\u00e9 avec lui sur les sentes du Tricastin en qu\u00eate de plantes rares ; Luc Garraud, auteur de la <em>Flore de la Dr\u00f4me<\/em>, un projet \u00e9ditorial fou vidant \u00e0 synth\u00e9tiser les connaissances sur un d\u00e9partement qu&rsquo;il aime au point d&rsquo;y venir habiter, et qui a transmis au natif dudit d\u00e9partement que je suis et qui n&rsquo;y habite plus, le go\u00fbt de l&rsquo;exactitude du mot. Tous deux sont \u00e9galement auteurs de textes litt\u00e9raires de haut vol, et la proximit\u00e9 fut rendue facile par leur go\u00fbt de la langue et de la fiction.<\/p>\n<p>De grands botanistes m&rsquo;ont accompagn\u00e9 sans que je saisisse toujours l&rsquo;origine de ces amiti\u00e9s : Jean-Pierre Reduron, sp\u00e9cialiste mondial des Apiac\u00e9es (carottes et cousines), Jean-Louis Amiet, naturaliste de Nyons qui travaillait \u00ab\u00a0dans son coin\u00a0\u00bb \u00e0 une encyclop\u00e9die qui mettra du temps, h\u00e9las, \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer l&rsquo;institution, Marcel Barbero qui adouba une cartographie que j&rsquo;osai faire de son pays, les Maures, et qui repr\u00e9sentait pour moi, le meilleur de la pens\u00e9e \u00e9cologique botanique m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<p>Dominique Mansion, sp\u00e9cialiste des <i>trognes<\/i> et imp\u00e9rissable croqueur des plantes de la <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>. Robert Portal, guitariste et sp\u00e9cialiste des poac\u00e9es (gramin\u00e9es). Bernard Didier, sp\u00e9cialiste des marais de Haute-Marne et musicien lui aussi.<\/p>\n<p>Et puis mes coll\u00e8gues phytosociologues, sans qui je n&rsquo;aurais jamais rien compris \u00e0 la phytosociologie : Philippe Julve, qui lutte inlassablement pour l&rsquo;avanc\u00e9e du savoir, Emmannuel Catteau, qui sans cesse remet sur le plan de travail nos plates certitudes et produit des guides de survie phytosociologiques in\u00e9gal\u00e9s, Fr\u00e9d\u00e9ric Bouffard, dont l&rsquo;am\u00e9nit\u00e9 n&rsquo;a d&rsquo;\u00e9gal que le savoir et la capacit\u00e9 de formation sur la for\u00eat et ses multiples dimensions, des mycorhizes aux lutins. Et les coll\u00e8gues italiens de la SISV, Emilia Poli Marchese, Daniela Gigante, Silvia Assini, Roberto Venanzoni, Bruno Foogi, Romeo di Pietro.<\/p>\n<p>Enfin mes coll\u00e8gues malacologues ou zoologues, dont C\u00e9dric Audibert, \u00e9minent expert malacologue mais surtout entomologue du mus\u00e9e des Confluences, Giuseppe Manganelli de l&rsquo;Universit\u00e9 de Sienne qui avec Marco Bodon de G\u00eanes ont d\u00e9crit de nombreuses esp\u00e8ces nouvelles pour la faune.<\/p>\n<p>Et tous les professionnels passionn\u00e9s, nombreux, Jean-Jacques Blanchon, Henri Michaud, Fran\u00e7ois Pinet, Rapah\u00ebl Zumbiehl, Caroline Farvacques, Emilien Henry, Gilles Tess\u00e8dre, et mes coll\u00e8gues Matteo Barcella, Alessandro Bisi, Thierry Reynier, Olivier Lann\u00e8s, Eric Sardet, R\u00e9mi Duguet.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai eu la chance de conna\u00eetre ces grands noms, avec qui j&rsquo;ai pu \u00e9changer avis et questionnements, et c&rsquo;est d&rsquo;eux que je tire mes r\u00e9flexions, pour originales qu&rsquo;elles puissent \u00eatre.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_3');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_3\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>3<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\"> <em>Archivive<\/em> : <a href=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/rencontres\/residences-de-creation\/archivive\/\" target=\"_blank\"><span class=\"footnote_url_wrap\">https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/rencontres\/residences-de-creation\/archivive\/<\/span><\/a><\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_4');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_4\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>4<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Jacques Derrida, <em>Mal d&rsquo;archive. Une impression freudienne<\/em>, Galil\u00e9e, 1995.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_5');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_5\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>5<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\"><em>La litt\u00e9rature inqui\u00e8te<\/em>, Publie.net, 2020.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_6');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_6\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>6<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">M\u00eame si on ne d\u00e9daigne ni la fiction ni l\u2019espoir.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_7');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_7\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>7<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Guillaume Lecointre, Herv\u00e9 Le Guyader &#038; Dominique Visset, <em>Classification phylog\u00e9n\u00e9tique du vivant<\/em>, Belin, 2006. J\u2019en profite pour signaler une tr\u00e8s belle recension de cet ouvrage par\u2026 Claude Levi-Strauss, dans <em>Critique<\/em>.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_8');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_8\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>8<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Je reproduis en annexe quelques chiffres qui n\u2019ont pr\u00e9tention ni \u00e0 l\u2019exhaustivit\u00e9, ni \u00e0 l\u2019extr\u00eame actualit\u00e9.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_9');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_9\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>9<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">En cela tout \u00e0 fait en \u00e9cho aux propos de Bernard Charbonneau dans <em>Feu vert<\/em> [1980], que L\u2019Echap\u00e9e a eu la bonne id\u00e9e de republier r\u00e9cemment.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_10');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_10\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>10<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Lorsque en plus de cela on vieillit et que la vue baisse, le malaise s&rsquo;\u00e9paissit.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_11');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_11\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>11<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Je me rappellerai toujours ce responsable d&rsquo;une DREAL, la DRIEE pour ne pas la nommer, me demander \u00e0 quoi servait cet inventaire d&rsquo;escargots millim\u00e9triques, que personne ne conna\u00eet et que d&rsquo;ailleurs personne ne voit, et pourquoi cela co\u00fbtait aussi cher. C&rsquo;\u00e9tait avant l&rsquo;\u00e8re macronienne.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_12');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_12\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>12<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Souvent on s&rsquo;entend dire, devant nos conditions de travail d\u00e9grad\u00e9es : \u00ab\u00a0ah oui, mais c&rsquo;est un &lsquo;m\u00e9tier passion'\u00a0\u00bb.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_13');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_13\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>13<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Albert Camus, \u00ab\u00a0Avant-propos\u00a0\u00bb de <em>La Maison du peuple<\/em> de Louis Guilloux, Grasset, 1927.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_14');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_14\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>14<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Charles Ferdinand Ramuz, <em>Remarques<\/em> [1929], L\u2019\u00c2ge d\u2019Homme, p. 118.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_206_1('footnote_plugin_tooltip_206_1_15');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_206_1_15\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>15<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\"><em>La litt\u00e9rature inqui\u00e8te<\/em>, <em>op cit.<\/em><\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_206_1() { jQuery('#footnote_references_container_206_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_206_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_206_1() { jQuery('#footnote_references_container_206_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_206_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_206_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_206_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_206_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_206_1(); } } function footnote_moveToReference_206_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_206_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_206_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_206_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }<\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips0','Les grandes \"sph\u00e8res\" g\u00e9od\u00e9siques sont les grands constituants min\u00e9raux de la plan\u00e8te : l\\'<strong>atmosph\u00e8re<\/strong>, l\\'<strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>Hydrosph\u00e8re<\/span><\/span><\/strong>, la <strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>Lithosph\u00e8re<\/span><\/span><\/strong>. Ces trois sph\u00e8res forment la <strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>G\u00e9osph\u00e8re<\/span><\/span><\/strong>, auxquelles on ajoute parfois la <strong>biosph\u00e8re<\/strong> (l\\'enveloppe du vivant), d\\'o\u00f9 est n\u00e9e la <strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips0'>noosph\u00e8re<\/span><\/span><\/strong> (la sph\u00e8re du monde humain, racin\u00e9 \u00e0 sa facult\u00e9 symbolique et linguistique).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips0','Les grandes \"sph\u00e8res\" g\u00e9od\u00e9siques sont les grands constituants min\u00e9raux de la plan\u00e8te : l\\'<strong>atmosph\u00e8re<\/strong>, l\\'<strong>hydrosph\u00e8re<\/strong>, la <strong>lithosph\u00e8re<\/strong>. Ces trois sph\u00e8res forment la <strong>g\u00e9osph\u00e8re<\/strong>, auxquelles on ajoute parfois la <strong>biosph\u00e8re<\/strong> (l\\'enveloppe du vivant), d\\'o\u00f9 est n\u00e9e la <strong>noosph\u00e8re<\/strong> (la sph\u00e8re du monde humain, racin\u00e9 \u00e0 sa facult\u00e9 symbolique et linguistique).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips4','La <strong>c\u00e9nologie<\/strong>, synonyme partiel d\\'<strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>\u00c9cobioc\u00e9notique<\/span>*<\/strong>, est la science qui, au sein de l\\'\u00e9cologie* (au sens actuel, flou) s\\'int\u00e9resse particuli\u00e8rement aux groupements \u00e9cologiques d\\'esp\u00e8ces ; ces groupements sont \u00e9cologiques, c\\'est-\u00e0-dire qu\\'ils ne sont ni phylog\u00e9n\u00e9tiques (ou familiaux), ni simplement morphologiques, ni strictement fonctionnels. En v\u00e9rit\u00e9 ils sont \u00e9videmment <i>aussi<\/i> ceux-l\u00e0, puisque l\\'\u00e9cologie est une science holistique (Vincent 2021). La description, la d\u00e9nomination et la classification de ces groupements* sont son domaine d\\'intervention. Ceux-ci touchent tous les \u00eatres vivants, les grands \"r\u00e8gnes\" classiques : bact\u00e9ries, plantes (phytoc\u00e9noses > phytoc\u00e9nologie = phytosociologie*) et animaux (zooc\u00e9nologie). La c\u00e9nologie concerne la biosph\u00e8re* ; lorsque le sujet d\\'\u00e9tude touche \u00e9galement \u00e0 la g\u00e9osph\u00e8re*, on parlerait plus volontiers de biog\u00e9ographie* ; lorsqu\\'il touche \u00e9galement aux affaires humaines (terroir, agriculture, paysage, urbanisme), \u00e0 la noosph\u00e8re*, on entre dans un autre domaine encore, que je d\u00e9nomme prop parte ici chor\u00e9ologie* (science du territoire*).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips6','<strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>Ecobioc\u00e9notique<\/span><\/strong> est le terme pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : science dont l\u2019objet est traditionnellement la relation du monde physico-chimique (inerte) avec les \u00eatres vivants, et des \u00eatres vivants entre eux. | <strong><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips6'>Ecologie<\/span> :<\/strong> litt\u00e9ralement le discours sur l\u2019<em>oikos<\/em> = la maison\u00a0; il y aurait une \u00e9tendue ou un volume, et des fronti\u00e8res\u00a0; c\u2019est l\u2019histoire racont\u00e9e dans ces pages\u00a0: des d\u00e9ambulations dans l\u2019\u00e9tendue ou le volume, ou \u00e0 travers les fronti\u00e8res. C\u2019est le sens du <em>cap au seuil<\/em> | Selon Jean-Antoine Rioux 1958, l\\'<strong>\u00e9cologie<\/strong> poss\u00e8de deux grands domaines : l\\'<strong>\u00e9cologie m\u00e9sologique<\/strong>, la science du milieu* (ou <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'>bio\u00e8ce<\/span><\/span>*\/<span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips9'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips9'>biotope<\/span><\/span><\/span><\/span>*) et l\\'<strong>\u00e9cologie \u00e9thologique<\/strong>, qui s\\'int\u00e9resse aux organismes (<span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'>bioc\u00e8ne<\/span><\/span><\/span>*\/<span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'><span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips7'>bioc\u00e9nose<\/span><\/span>). Ces deux sous-domaines formeraient <i>toute<\/i> donc \u00e0 l\\'\u00e9cologie, mais le sens courant et actuel du terme, par le truchement du terme en vogue \"ecosyst\u00e8me*\", met essentiellement l\\'accent sur le premier domaine ; en r\u00e9alit\u00e9 l\\'\u00e9cobioc\u00e9nologie ne peut se passer de l\\'une ni de l\\'autre. Nous sommes donc aujourd\\'hui dans une impasse \u00e9pist\u00e9mologique, ou tout du moins dans un d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9pist\u00e9mologique, chose rare et \u00e9trange. | Selon Roger Molonier et Pierre Vignes 1971, \"L\\'<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> r\u00e9sulte de la confluence de deux grands courants scientifiques [...] Elle repr\u00e9sente l\\'aboutissement des sciences naturelles dites \"de terrain\" [...] elle ne saurait \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e un jour par une discinpline plus vaste. Elle constitue une limite vers laquelle tendent asymptotiquement, volontairement ou non, tous les efforts des naturalistes qui se vouent \u00e0 l\\'\u00e9tude du milieu.\" | L\\'\u00e9cologie n\\'est pas une science normale au sens de Kuhn+, mais une science complexe (sensu non-Morin+), qui s\\'adosse \u00e0 d\\'autres domaines du savoir : la g\u00e9ographie et la biologie, la syst\u00e9matique et la taxonomie, mais aussi la physique et la chimie, la climatologie, et bien entendue l\\'anthropologie et la sociologie, ainsi que la politique. | (Tout ce qui concerne le d\u00e9veloppement durable, la biodiversit\u00e9, l\\'\u00e9conomie verte, etc., bref tout ce qui int\u00e9resse de pr\u00e8s ou de loin l\\'\u00e9cologie politique rel\u00e8ve d\\'un autre domaine de l\\'\u00e9cologie comme science : histoire, politique, id\u00e9ologie, anthropomorphisme, \u00e9cocentrisme, anthropoc\u00e9nologie, catastrophologie ; elles ne nous int\u00e9ressent ici qu\\'\u00e0 la marge, ou par d\u00e9faut.)'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips6','<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> est le terme pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : science dont l\u2019objet est traditionnellement la relation du monde physico-chimique (inerte) avec les \u00eatres vivants, et des \u00eatres vivants entre eux. | <strong>Ecologie :<\/strong> litt\u00e9ralement le discours sur l\u2019<em>oikos<\/em> = la maison\u00a0; il y aurait une \u00e9tendue ou un volume, et des fronti\u00e8res\u00a0; c\u2019est l\u2019histoire racont\u00e9e dans ces pages\u00a0: des d\u00e9ambulations dans l\u2019\u00e9tendue ou le volume, ou \u00e0 travers les fronti\u00e8res. C\u2019est le sens du <em>cap au seuil<\/em> | Selon Jean-Antoine Rioux 1958, l\\'<strong>\u00e9cologie<\/strong> poss\u00e8de deux grands domaines : l\\'<strong>\u00e9cologie m\u00e9sologique<\/strong>, la science du milieu* (ou bio\u00e8ce*\/biotope*) et l\\'<strong>\u00e9cologie \u00e9thologique<\/strong>, qui s\\'int\u00e9resse aux organismes (bioc\u00e8ne*\/bioc\u00e9nose). Ces deux sous-domaines formeraient <i>toute<\/i> donc \u00e0 l\\'\u00e9cologie, mais le sens courant et actuel du terme, par le truchement du terme en vogue \"ecosyst\u00e8me*\", met essentiellement l\\'accent sur le premier domaine ; en r\u00e9alit\u00e9 l\\'\u00e9cobioc\u00e9nologie ne peut se passer de l\\'une ni de l\\'autre. Nous sommes donc aujourd\\'hui dans une impasse \u00e9pist\u00e9mologique, ou tout du moins dans un d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9pist\u00e9mologique, chose rare et \u00e9trange. | Selon Roger Molonier et Pierre Vignes 1971, \"L\\'<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> r\u00e9sulte de la confluence de deux grands courants scientifiques [...] Elle repr\u00e9sente l\\'aboutissement des sciences naturelles dites \"de terrain\" [...] elle ne saurait \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e un jour par une discinpline plus vaste. Elle constitue une limite vers laquelle tendent asymptotiquement, volontairement ou non, tous les efforts des naturalistes qui se vouent \u00e0 l\\'\u00e9tude du milieu.\" | L\\'\u00e9cologie n\\'est pas une science normale au sens de Kuhn+, mais une science complexe (sensu non-Morin+), qui s\\'adosse \u00e0 d\\'autres domaines du savoir : la g\u00e9ographie et la biologie, la syst\u00e9matique et la taxonomie, mais aussi la physique et la chimie, la climatologie, et bien entendue l\\'anthropologie et la sociologie, ainsi que la politique. | (Tout ce qui concerne le d\u00e9veloppement durable, la biodiversit\u00e9, l\\'\u00e9conomie verte, etc., bref tout ce qui int\u00e9resse de pr\u00e8s ou de loin l\\'\u00e9cologie politique rel\u00e8ve d\\'un autre domaine de l\\'\u00e9cologie comme science : histoire, politique, id\u00e9ologie, anthropomorphisme, \u00e9cocentrisme, anthropoc\u00e9nologie, catastrophologie ; elles ne nous int\u00e9ressent ici qu\\'\u00e0 la marge, ou par d\u00e9faut.)'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips6','<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> est le terme pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : science dont l\u2019objet est traditionnellement la relation du monde physico-chimique (inerte) avec les \u00eatres vivants, et des \u00eatres vivants entre eux. | <strong>Ecologie :<\/strong> litt\u00e9ralement le discours sur l\u2019<em>oikos<\/em> = la maison\u00a0; il y aurait une \u00e9tendue ou un volume, et des fronti\u00e8res\u00a0; c\u2019est l\u2019histoire racont\u00e9e dans ces pages\u00a0: des d\u00e9ambulations dans l\u2019\u00e9tendue ou le volume, ou \u00e0 travers les fronti\u00e8res. C\u2019est le sens du <em>cap au seuil<\/em> | Selon Jean-Antoine Rioux 1958, l\\'<strong>\u00e9cologie<\/strong> poss\u00e8de deux grands domaines : l\\'<strong>\u00e9cologie m\u00e9sologique<\/strong>, la science du milieu* (ou bio\u00e8ce*\/biotope*) et l\\'<strong>\u00e9cologie \u00e9thologique<\/strong>, qui s\\'int\u00e9resse aux organismes (bioc\u00e8ne*\/bioc\u00e9nose). Ces deux sous-domaines formeraient <i>toute<\/i> donc \u00e0 l\\'\u00e9cologie, mais le sens courant et actuel du terme, par le truchement du terme en vogue \"ecosyst\u00e8me*\", met essentiellement l\\'accent sur le premier domaine ; en r\u00e9alit\u00e9 l\\'\u00e9cobioc\u00e9nologie ne peut se passer de l\\'une ni de l\\'autre. Nous sommes donc aujourd\\'hui dans une impasse \u00e9pist\u00e9mologique, ou tout du moins dans un d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9pist\u00e9mologique, chose rare et \u00e9trange. | Selon Roger Molonier et Pierre Vignes 1971, \"L\\'<strong>Ecobioc\u00e9notique<\/strong> r\u00e9sulte de la confluence de deux grands courants scientifiques [...] Elle repr\u00e9sente l\\'aboutissement des sciences naturelles dites \"de terrain\" [...] elle ne saurait \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e un jour par une discinpline plus vaste. Elle constitue une limite vers laquelle tendent asymptotiquement, volontairement ou non, tous les efforts des naturalistes qui se vouent \u00e0 l\\'\u00e9tude du milieu.\" | L\\'\u00e9cologie n\\'est pas une science normale au sens de Kuhn+, mais une science complexe (sensu non-Morin+), qui s\\'adosse \u00e0 d\\'autres domaines du savoir : la g\u00e9ographie et la biologie, la syst\u00e9matique et la taxonomie, mais aussi la physique et la chimie, la climatologie, et bien entendue l\\'anthropologie et la sociologie, ainsi que la politique. | (Tout ce qui concerne le d\u00e9veloppement durable, la biodiversit\u00e9, l\\'\u00e9conomie verte, etc., bref tout ce qui int\u00e9resse de pr\u00e8s ou de loin l\\'\u00e9cologie politique rel\u00e8ve d\\'un autre domaine de l\\'\u00e9cologie comme science : histoire, politique, id\u00e9ologie, anthropomorphisme, \u00e9cocentrisme, anthropoc\u00e9nologie, catastrophologie ; elles ne nous int\u00e9ressent ici qu\\'\u00e0 la marge, ou par d\u00e9faut.)'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips10','Synonyme partiel de biochore*, biome*, bio\u00e8ce*, bioc\u00e8ne*, biotope*, grand habitat*, milieu* | Terme vernaculaire qui ne permet pas toujours la pr\u00e9cision, mais qui est extr\u00eamement pratique et parlant : l\\'habitat est le milieu de vie, la portion d\\'espace o\u00f9 se d\u00e9veloppe la vie, sous quelque forme que ce soit. Si l\\'on parle de population*, on pr\u00e9f\u00e8rera le terme de territoire ; si on parle de c\u00e9nose*, celui de biome* ou bio\u00e8ce*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips10','Synonyme partiel de biochore*, biome*, bio\u00e8ce*, bioc\u00e8ne*, biotope*, grand habitat*, milieu* | Terme vernaculaire qui ne permet pas toujours la pr\u00e9cision, mais qui est extr\u00eamement pratique et parlant : l\\'habitat est le milieu de vie, la portion d\\'espace o\u00f9 se d\u00e9veloppe la vie, sous quelque forme que ce soit. Si l\\'on parle de population*, on pr\u00e9f\u00e8rera le terme de territoire ; si on parle de c\u00e9nose*, celui de biome* ou bio\u00e8ce*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips10','Synonyme partiel de biochore*, biome*, bio\u00e8ce*, bioc\u00e8ne*, biotope*, grand habitat*, milieu* | Terme vernaculaire qui ne permet pas toujours la pr\u00e9cision, mais qui est extr\u00eamement pratique et parlant : l\\'habitat est le milieu de vie, la portion d\\'espace o\u00f9 se d\u00e9veloppe la vie, sous quelque forme que ce soit. Si l\\'on parle de population*, on pr\u00e9f\u00e8rera le terme de territoire ; si on parle de c\u00e9nose*, celui de biome* ou bio\u00e8ce*.'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips11','Terme d\u00e9licat \u00e0 d\u00e9finir | Originellement (M\u00f6bius 1877*) : \"La science n\\'a pas encore de mot pour d\u00e9signer une telle communaut\u00e9 d\\'\u00eatres vivants, une choix et un certain nombre d\\'esp\u00e8ces et d\\'individus correspondant \u00e0 des conditions ext\u00e9rieures de vie moyennes, qui sont mutuellement d\u00e9pendants et se maintiennent en permanence par reproduction dans un espace mesur\u00e9. J\\'appelle une telle communaut\u00e9 bioc\u00e9nose ou communaut\u00e9 de vie. Tout changement dans un facteur de co-conditionnement d\\'une bioc\u00e9nose entra\u00eene des changements dans d\\'autres facteurs de cette m\u00eame bioc\u00e9nose.\" | Une c\u00e9nose est une communaut\u00e9 (voir ce mot) \u00e9cologique : un groupement d\\'esp\u00e8ces partageants les m\u00eames n\u00e9cessit\u00e9s (facteurs biotiques et abiotiques) en un lieu donn\u00e9, et partageant un certain nombre de caract\u00e8res phylog\u00e9n\u00e9tiques communs (population mais aussi clade, et dans ce cas on peut  distinguer : zooc\u00e9nose\/phytoc\u00e9nose, et, par exemple, au sein de la zooc\u00e9nose : entomoc\u00e9nose\/malacoc\u00e9nose, etc.) | L\\'ensemble des c\u00e9noses d\\'un site forme le bioc\u00e8ne* -- et le site le bio\u00e8ce* | Bio\u00e8ce et bioc\u00e8ne forment le biome*'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips12','Synonyme partiel de biochore, bio\u00e8ce, bioc\u00e8ne, biotope, grand habitat, habitat | Terme polys\u00e9mique | Terme vernaculaire courant qui a deux acceptions non synonymes ; d\\'une part il est synonyme d\\'habitat*, et d\u00e9signe un milieu de vie ; d\\'autre part, \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur d\\'int\u00e9gration (par le biais d\\'un saut quantique, qui fait passer du domaine de la biosph\u00e8re \u00e0 celui de la noosph\u00e8re), et dans la perspective de la m\u00e9diologie sensu Watsuji & Berque, le milieu est un concept philosphique, ontologique, d\u00e9signant l\\'espace de relation entre l\\'homme et la nature : le lieu de leur rencontre (par les sens, la connaissance, l\\'exp\u00e9rience, etc.).'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips12','Synonyme partiel de biochore, bio\u00e8ce, bioc\u00e8ne, biotope, grand habitat, habitat | Terme polys\u00e9mique | Terme vernaculaire courant qui a deux acceptions non synonymes ; d\\'une part il est synonyme d\\'habitat*, et d\u00e9signe un milieu de vie ; d\\'autre part, \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur d\\'int\u00e9gration (par le biais d\\'un saut quantique, qui fait passer du domaine de la biosph\u00e8re \u00e0 celui de la noosph\u00e8re), et dans la perspective de la m\u00e9diologie sensu Watsuji & Berque, le milieu est un concept philosphique, ontologique, d\u00e9signant l\\'espace de relation entre l\\'homme et la nature : le lieu de leur rencontre (par les sens, la connaissance, l\\'exp\u00e9rience, etc.).'); <\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Cap au seuil|Sommaire rapide] Avant propos | espace | la vie | monde | les \u00e9cologies | c\u00e9nologie | sciences naturelles | interlude | protection de la nature | arbres | anthropoc\u00e8ne | catastrophe | herbier\/coquillier | ouverture : r\u00e9gions naturelles &nbsp; Avant-propos &gt; Terraqu\u00e9 le monde (1) &nbsp; Texte mis en ligne le 16 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,20,21,14,15],"tags":[],"class_list":["post-206","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cap-au-seuil","category-methode","category-poesie","category-textes","category-theme"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/206","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=206"}],"version-history":[{"count":66,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/206\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1826,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/206\/revisions\/1826"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=206"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=206"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/amboilati.org\/dehors\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=206"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}